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Parti Socialiste - Section JBC

Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /2009 19:11

Dans quelques jours, les militants socialistes auront à se prononcer sur les listes européennes concoctées par le Conseil National du PS réuni samedi dernier. Nous pouvons nous réjouir de voir les socialistes « unis » sur la question européenne. Unis sur un texte européen du PSE, le Manifesto (ce qui n’était pas gagné vu la condescendance de certains de nos dirigeants socialistes à l'égard des autres partis « impurs idéologiquement »), sur un texte français et sur des listes. Bravo Martine ! Bravo pour avoir également su imposer quelques nouvelles règles et en particulier la question du non cumul des mandats.

Pour autant, pouvons-nous être pleinement satisfaits d'un tel résultat ? Pour ma part, et ce n'est pas nouveau, je ne peux plus cautionner les méthodes d'appareil qui, par des dosages subtils et une alchimie que peu maîtrisent dans ce parti, finissent par des compromis boiteux. Ce qui est en cause ici, c'est d'une part la façon dont on considère au Parti Socialiste que chaque scrutin à la proportionnelle doit être la chasse gardée des courants et des écuries, et d’autre part la façon dont ces mêmes courants sélectionnent leur propre élite. Jamais notre parti n'avait à ce point sombré dans la logique clanique, qui veut que guère plus d'une quinzaine de responsables politiques ont droit de vie ou de mort électorale sur l'ensemble des talents que comptent notre parti. Ce fut le cas pour la composition des instances nationales. C'est le cas aujourd'hui pour les listes européennes.

Et ce n'est d'ailleurs pas nouveau. En 1994, j'ai quitté le « courant rocardien », dont j’étais membre, le jour où 4 personnes avaient décidé que Gérard Fuchs et Jean-Pierre Cot devaient quitter le Parlement Européen. Soit les 2 meilleurs députés que comptait la délégation socialiste à Strasbourg. En 2004, il y eut l’épisode Olivier Duhamel. Au Parti Socialiste, un député européen n'est jamais reconnu pour son travail mais uniquement en raison de ses « bons » choix au dernier Congrès. Gare aux erreurs d'aiguillages ! Il faut être très proche de l'apparatchik en chef de son courant si l’on veut avoir une chance d'être reconduit.

C'est ainsi que dans les listes qui nous sont proposées, Gilles Savary, Bernard Soulage, ou encore Marie-Noëlle Lieneman sont passés par pertes et profits. Et ils ne sont pas les seuls. Je suis pour une fois d'accord avec Gérard Collomb, ce scrutin semble réservé aux bétonneurs d'appareil qui sont incapables de se faire élire au suffrage universel uninominal direct. Cette division des tâches n'est plus compréhensible.

Au-delà de cette méthode, je ne comprends pas pourquoi les élections européennes sont les seules où les militants ne désignent pas leurs candidats en deux temps dans leur circonscription électorale. Il y a des circonscriptions pour rapprocher les députés européens des électeurs et ce n’est donc plus un vote totalement national. Les militants sont jugés aptes à désigner la tête de liste puis la liste aux élections municipales. Ils sont tout aussi aptes à désigner la tête de liste puis la liste aux élections régionales. Je ne parle même pas de leur capacité élémentaire à désigner leurs candidats aux élections législatives, cantonales, ainsi qu’à la présidence de la République. Dans le scrutin européen, la presse a fait ses choux gras du duel Hamon/Désir en Ile de France alors même que les militants n'ont pas pu  choisir. Je ne peux que me réjouir du choix d’Harlem Désir mais j’aurais encore préféré choisir démocratiquement. Chut, laisser les courants faire, les élections européennes c'est leur truc ! Les militants peuvent décider du sort de la France pour 5 ans mais pas du sort d'un député européen. Les fédérations ont à peine été mises à contribution. C’est bien connu seuls les hauts responsables de courants savent repérer les vrais talents…

Les petits progrès obtenus en matière de non cumul des mandats me paraissent bien faibles au regard de cette logique. C’est pourquoi le 12 mars je ne voterai pas pour cette mascarade de démocratie interne. Cela ne m'empêchera pas de défendre les couleurs de notre parti face aux électeurs lors de la campagne. Parce que je continue à penser que la famille sociale-démocrate au Parlement européen est la plus à même d'orienter la construction européenne et que le PSE reste l’une des plus belles idées politiques de ces 20 dernières années.

De ce gloubi-boulga sort toutefois un motif de satisfaction : les courants, en particulier la Motion A et la Motion E, auraient explosé en vol. Tant mieux ! Je ne me reconnais pas dans les clivages faussés du dernier Congrès. L’entrée de la Motion E dans la direction du PS met d’ailleurs un peu plus en valeur la vacuité et l'inanité des discours entendus pendant le Congrès de Reims sur le supposé fossé idéologique qui séparait les 4 grandes motions et particulièrement l’une contre les trois autres. L’éclatement de ces courants ouvrira un nouvel espace à tous ceux qui veulent réellement moderniser notre pensée et nos pratiques. Comme je pense qu'ils sont un peu plus nombreux dans les Motions A, B et E, qu'ils en profitent vite pour refaire de la politique avec fraîcheur et sens de l'innovation !

 

D’ici là, puisque tout le monde est maintenant « rassemblé » dans une direction « resserrée », les militants attendent de voir notre parti se remettre réellement au travail. Alors au boulot !!

 

 

 

Par Didier Guillot - Publié dans : Parti Socialiste - Section JBC
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Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /2008 15:32
Lundi 24 novembre, Didier Guillot était l'invité de Patrice Carmouze sur CAP24, dans l'émission  "Actu & Co".

Au moment où la commission de recollement était en plein travail, il a eu l'occasion de donner son point de vue sur la situation critique dans laquelle se trouve le Parti Socialiste.



CAP24, une chaîne francilienne de la TNT


 
Par Didier Guillot - Publié dans : Parti Socialiste - Section JBC
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Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /2008 17:25

Mail adressé aux militants de la section JBC (Paris 18), le 18 novembre 2008


Depuis quelques semaines, je sentais se dérouler sous nos yeux un nouveau congrès de Rennes. J’avais hélas raison. Ce fut Rennes en pire ! A Rennes nous avons assisté à quelques discours de haute tenue (Rocard, Jospin, Chevenement, Poperen, Gallo…). A Reims, en dehors des interventions de Bertrand Delanoë samedi matin et de Vincent Peillon samedi après midi, nous avons été dans le congrès le plus lunaire de notre histoire. Jamais les socialistes n’avaient été aussi proches sur le fond. Jamais ils ne se sont autant déchirés sur les hommes et les femmes, en s’appuyant sur des prétextes d’une futilité invraisemblable au regard de ce qui se passe dans le monde. L’alliance avec le Modem ou le prix des cotisations constituaient-il un fossé aussi insurmontable entre les motions ? Au regard des pratiques des uns et des autres non… Quant au fameux parti des supporters il était là à Reims comme il n’a jamais été ailleurs : chez les délégués qui n’applaudissaient que leur champion et s’autorisaient à siffler ceux qu’il fallait éliminer !  Il y avait 4 camps de supporters et c’était aussi insupportable qu’au parc des princes…


Je veux commencer par saluer la choix très digne et responsable de Bertrand Delanoë de ne pas se porter candidat pour sortir de la guerre des ego et ne pas ajouter de la confusion à la confusion. J’ai désormais fait mes choix pour le vote de jeudi. Je tiens ici à m’en expliquer.


Pour le secrétariat de section, je soutiens naturellement Jean-Philippe Daviaud. Il a été un excellent secrétaire de section dans une période extrêmement difficile. Quand on sait conduire sur de la glace, on sait conduire partout. Il donnera le meilleur de lui-même dans l’animation de cette section pour que chaque militant s’y sente à sa place et puisse s’investir à tous les niveaux. Il a su préserver, et c’était une gageure, un mode de fonctionnement libre et ouvert propre à cette section. Il a également su unir les différentes motions derrière sa candidature, préservant ainsi un travail d’équipe qui a largement fait ses preuves. Cette section est régulièrement dénigrée dans la fédération de Paris. Je remarque que ce doit être la seule où depuis plus 20 ans, il n’y a qu’un seul candidat à chaque congrès pour marquer le rassemblement. Cette fois-ci, ce rassemblement relève de l’exploit dans un tel contexte. En dépit du retrait de ses challengers, je vous appelle donc à voter massivement pour Jean-Philippe jeudi soir. Il est le symbole positif de ce qu’il faut faire et cela fait du bien après avoir vu tout ce qu’il ne fallait plus faire.


Concernant la fédération de Paris, je soutiendrai Rémi Féraud. Il est tout d’abord le plus jeune des candidats. Ni sectaire, ni fermé comme j’ai pu le lire à JBC, il sera surtout le garant de ce que Patrick Bloche a su instaurer et préserver dans la Fédération de Paris : une ouverture, une liberté et un respect des pratiques démocratiques dont trop peu de Fédérations peuvent aujourd’hui se targuer. Nous avons été secrétaire de section les mêmes années et ce fut un excellent secrétaire de section et dirigeant fédéral. Son profil consensuel et rassembleur tranche avec le sectarisme des deux autres candidats. D’ailleurs, j’ai le courage de prendre position en militant libre que je suis et que j’ai toujours été. Je trouve que nombre de militants de la Motion E à JBC s’honoreraient à ne pas soutenir David Assouline parce que sa culture et ses pratiques politiques sont fort éloignées de ce que nous avons pu construire ensemble à JBC. Soutenir automatiquement par pavlovisme de courant n’a rien de très intelligent. Osez la liberté et choisissez tout simplement le meilleur candidat et non pas vote motion ! Personne n’appartient à personne dans cette fédération et dans cette section. Mais cela vaut dans tous les sens.


Au plan national, je ferai un choix différent des consignes émises lundi. Je préfère qu’elles aient été données car je n’aurais pas compris que Bertrand Delanoë affiche une abstention ou un vote blanc. Mais cette consigne n’a pour moi plus de sens par rapport au cauchemar de Reims. Trois points me conduisent à faire un autre choix.



1° Le refus du « Tout sauf »

Je n’ai jamais partagé la ligne du « Tout sauf Ségolène ». Je suis entré dans le congrès il y a 6 mois en écrivant dans le TDC qu’il ne fallait pas sombrer dans le Ni Ségolène, Ni Bertrand, mais que le PS avait besoin Et de Bertrand Et de Ségolène. Dans ce congrès, la véritable rénovation résidait dans une entente entre les motions A, B et E. Personne n’a défendu ce scénario qui aurait fait un tabac chez les militants. Mais une lecture sereine des textes confirmait que les vraies proximités sur les sujets importants (les 5 E : Economie, Ecologie, Europe, Education, Emploi) étaient là et pas ailleurs. J’ai trouvé tout aussi stérile le « Tout sauf Bertrand » orchestré à Reims et dont les motions C et D sont comptables. Le scénario de la tragédie de Reims est simple :


Acte 1 : Tout sauf Ségolène et front commun entre les A, C, D.


Acte 2 : une fois éliminé les méchants E, on continue d’éliminer en déniant à la Motion A et à son leader la capacité de rassembler cette « petite synthèse ».


Après le cordon sanitaire imposé aux pestiférés de la motion E, les Motion C et D ont ensuite provoqué le retrait de celui qui était le meilleur candidat pour diriger la rue de Solférino. Immense gâchis et manœuvres minables. J’ai entendu un responsable parisien faire l’éloge ce soir de la proportionnelle. Le spectacle lamentable auquel nous avons assisté est plutôt une incitation à écarter ce mode de scrutin déresponsabilisant. Heureusement que nous avons le scrutin majoritaire pour terminer cette semaine avec une majorité derrière un ou une leader quoi qu’il arrive. Elle sera là la majorité !


 

2° Le respect du vote des militants


Ce respect m’est chevillé au corps.


Autant je considère qu’il faut savoir passer l’éponge sur le choix du Oui et du Non sur le référendum européen, autant je ne passerai jamais l’éponge sur ceux qui ont fait campagne contre leur parti, piétinant le vote des militants. Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont su donner l’exemple à ce moment là. En revanche, 100% de ceux qui ont fait une entorse à cette règle se retrouvent dans les Motions C et D, et seront aux commandes de notre parti si Martine Aubry ou Benoît Hamon l’emportaient vendredi prochain.


Par ailleurs, je suis très choqué de la façon dont s’est déroulé notre congrès. Alors que la motion arrivée en tête devait organiser le rassemblement des socialistes, les autres motions lui ont opposé une fin de non recevoir. Mieux encore, elles ont été incapables d’assumer un rassemblement alternatif à partir de la motion arrivée en 2e position. L’accord contre la motion E allait déjà à l’encontre du respect des suffrages, il est devenu ubuesque lorsque les motions C et D ont rejeté une candidature issue de la Motion A. Dès lors, la candidature de Martine Aubry relevait du cynisme le plus pur.


Dans les 2 cas, il s’agit d’un déni démocratique du vote des militants, alors même que le socle d’une rénovation du parti passe par son irrémédiable respect. Je crois bien l’avoir lu dans la Motion A…


 

3° Le renouvellement


L’échec de la Motion A est en grande partie lié à l’incapacité à percevoir cette soif de renouvellement qui montait chez les adhérents. Aujourd’hui, seules les motions E et C ont perçu ce désir de renouvellement.


Le courant de Benoît Hamon est désormais l’un des rares, sinon le seul, à faire « émerger » des jeunes responsables de 25-40 ans. Le renouvellement, sur le plan générationnel comme de la diversité, constitue la partie la plus intéressante de son discours et de sa pratique. S’il n’avait pas choisi de faire route commune avec ce que le PS compte de plus archaïque (Emmanuelli, Quilès, Filoche…), il aurait eu ma voix enthousiaste jeudi prochain. Mais ce qu’il avance sur l’Europe, le rôle de l’Etat, ou encore certaines pratiques militantes qui m’ont toujours heurté, y compris à JBC, me poussent à ne pas lui accorder mon vote. Dommage. En dépit de tout ce qui nous a séparé depuis 2003 (je participai à son réseau avant !), j’ai sincèrement failli faire le choix de Benoit Hamon et j’espère en tout cas qu’il accèdera au 2e tour s’il y en a un. Ce serait un signal fort pour notre parti et pour la gauche. Un 2e tour Ségolène Royal / Benoit Hamon aurait de la gueule.


L’équipe de Ségolène Royal est quant à elle assurément la plus intéressante de toutes, si nous mettons de côté les scories des pires fédérations du sud de la France. Vincent Peillon est de loin celui qui a fait le meilleur discours à Reims et il est sans aucun doute le plus brillant des responsables socialistes qui ont émergé après le 21 avril 2002. J’ai par ailleurs beaucoup apprécié le travail politique que nous avions fait au sein de « Innover » puis de « Nouvelle Voix » de 2003 à 2006 avec Jean-Louis Bianco, Dominique Bertinotti, Gaëtan Gorce, Aurélie Philipeti, ou Manuel Valls. A l’époque Bertrand Delanoë n’avait pas de difficultés à travailler avec ces éminences socialistes. J’ai aimé cette aventure là et je dois dire que je la trouvais nettement plus stimulante que l’attelage qui a porté la Motion A et qui a sectarisé à son insu le seul vrai rassembleur du PS : Bertrand Delanoë.


L’équipage de Martine Aubry, enfin, va à l’encontre de ce dont notre parti a besoin. Voir revenir au manettes de Solférino le tandem Bartolone-Cambadélis avec le trio Fabius-Mauroy, Lang en toile de fond serait un non sens historique. Nous devons passer à autre chose. Il faut assurément ne pas avoir honte de notre histoire commune et elle est riche. Nous ne sommes que les maillons d’une longue chaine dans l’histoire de la gauche et du socialisme. Pour autant, je ne crois pas qu’aujourd’hui les Français attendent de nous que l’on superpose l’affiche du gouvernement Mauroy, celle du gouvernement Fabius, celle du gouvernement Rocard et celle du gouvernement Jospin. Nous sommes fiers de ce qu’ils ont fait, mais pour gagner en 2012, il faut penser l’affiche qui composera la future dream team, et non reconstituer une ligue glorieuse mais dissoute. Quand on conduit une voiture, il vaut mieux regarder dans le rétroviseur si l’on veut doubler. Mais si l’on conduit sans regarder droit devant dans le pare brise et que nos yeux ne quittent plus le rétroviseur, c’est la sortie de route au premier virage.


 

C’est pourquoi j’ai décidé en conscience de voter pour Ségolène Royal.


Vous le savez, je suis convaincu que nous avons besoin d’un leadership fort et identifié. Le retrait de Bertrand Delanoë m’oblige à penser que seule Ségolène Royal peut relever ce défi.



Aucune majorité ne s’est réellement dégagée ce week-end autour de Ségolène Royal ou contre elle. Ce donc les urnes qui en décideront jeudi ou vendredi.


Si Ségolène Royal l’emporte, les responsables des motions A, C, et D, devront travailler avec la Motion E sauf à provoquer une scission mortelle. Si Ségolène Royal échoue, la motion C ou la motion D devra organiser la future majorité qui se sera exprimée dans les urnes. Dans tous les cas, un résultat de plus de 50% des voix donnera jeudi prochain plus de force et de légitimité au vainqueur que les 19%, 25% ou 29% sortis des urnes le 6 novembre.


La synthèse, ce sont les militants qui la feront. A vous de choisir librement et en conscience. Vivement vendredi 21 novembre que l’on puisse tourner cette page du plus mauvais congrès de notre histoire.

Par Didier Guillot - Publié dans : Parti Socialiste - Section JBC
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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /2008 00:00
J'ai adhéré au PS à 20 ans en 1988. Le premier congrès auquel j'ai assisté fut le fameux congrès de Rennes. 20 ans après, je je vais rejoindre la ville au mille sourires pour une nouvelle tragi-comédie dont le PS garde le secret. Que de similitudes entre les 2 congrès. En 1990, il fallait gérer la captation de l'héritage de François Mitterrand entre ses 2 fils politiques, Laurent Fabius et Lionel Jospin. Là il n'y a plus d'héritage mais toujours une question lancinante de leadership. Cette question, Bertrand Delanoë l'a posé dans ce congrès sans être compris par les militants. Nul ne peut prédire comment nous sortirons de ce congrès et qui sera le ou la "leader" adoubé par les militants lors du 2e round du 20 novembre. La même incertitude que la veille du congrès de Rennes. Il ne manque que la passion, la haine, les sifflets mais pour le reste, ce congrès va se jouer dans les AG de motions qui promettent d'être riches en rebondissements les plus divers.

J'avoue une perplexité à peu près totale quant à la règle du jeu. Je ne vois aucune bonne solution. Une chose est sûre pour moi, le PS ne peut pas s'autoriser une sortie de ce congrès par un front anti. Ni anti Ségolène, ni anti Delanoë, ni anti Hamon. Le tout sauf Fabius né à Rennes a perduré pendant 20 ans. Nous ne construirons rien sur un nouveau et durable Tout sauf Ségolène. J'ai voté pour Bertrand Delanoë car je crois sincèrement qu'il était le mieux positionné pour entrer dans ce congrès en pivot et en sortir en leader. A ce stade, il est peu probable de voir Bertrand Delanoë poser sa candidature pour le 20 novembre. Je ne vois donc pas comment les motions A, C et D pourraient se lancer dans un nouveau jeu de rubiks cube pour barrer la route à celle qui a encore la confiance d'une majorité, relative certes, des adhérents.

La vérité, telle que la perçoive tous les adhérents qui ont pris la peine de lire les motions en étant détachés des enjeux de pouvoir, c'est que les Motions A, B, D et E sont sur le même registre réformiste. S'il doit y avoir "synthèse" politique c'est bien la seule qui aurait un sens au delà des amitiés. D'ailleurs Jean-Luc Mélenchon est parti en expliquant que la gauche du parti était en échec puisque la Motion Hamon réunissait toutes les gauches du PS et obtient donc 25% de moins que le total des Motions NPS et Fabius/Mélenchon du congrès du Mans.

Je partage son point de vue mais je le retourne : la Motion Hollande du congrès du Mans est passée de 53% des voix à 81% des voix. C'est à peu près la plus belle nouvelle du vote des militants, le 6 novembre dernier.

A 48h de mon départ à Reims, j'espère que lundi matin je pourrais discuter avec mes collègues, mes amis, mes collaborateurs, mes camarades de JBC sans avoir le même sentiment de honte et de dégout qu'il y a 20 ans un certain lundi de mars 1990. Puissent les acteurs être à la hauteur de la pièce.
Par Didier Guillot - Publié dans : Parti Socialiste - Section JBC
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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /2008 18:27

Message adressé aux militants de la section JBC (Paris 18), le 7 novembre 2008


Je commence ce message par remercier d'une part les 316 militants qui se sont déplacés et ont fait preuve de leur confiance dans notre parti dans son ensemble. Mais il est naturel que je remercie surtout les 129 adhérents de JBC qui ont choisi de placer la Motion A nettement en tête à JBC avec près de 42,7%. Ce score est décevant en soi et finalement "normal" au regard du score national (24,9%) et du score fédéral (37,9%). Le débat n'a pas toujours été facile et je remercie ceux qui ont eu le courage de porter ces convictions. Je salue d'ailleurs chaleureusement l'engagement de Jean-Philippe Daviaud qui a pu assumer malgré son lien de subordination à l'égard de Christophe Caresche. Ce n'est pas la première fois que cela arrive. Je l'ai déjà vécu. Mais c'est tout à l'honneur de notre section de pouvoir vivre son engagement en toute liberté par rapport à ses "employeurs" politiques. C'est aussi cela la culture démocratique que partagent nos 2 ex leaders de motions, Bertrand Delanoë et Christophe Caresche. Je connais peu de sections ou fédérations où cela est possible. Je veux féliciter les 20 élus Motion A à la CA et note avec bonheur que sur ces 20 élus, 7 ne l'étaient pas auparavant. La motion A a porté le renouvellement à JBC. Je ne doute pas qu'ils travailleront d'ailleurs en très bonne intelligence avec les 23 autres élus des 3 autres motions.


Après le choc des résultats, voici quelques éléments d'analyse de ce scrutin au niveau local, fédéral et national.

1° L'effet Rennes à Reims.
Je n'ai eu de cesse depuis de nombreuses semaines de craindre ce qui est arrivé. Je ne parle pas du score de "ma" motion mais bien du score des motions. Je pense depuis le début de ce mauvais film que le pire qui puisse arrive à notre parti est une dislocation entre 4 grandes motions faisant entre 20 et 30% des voix. Nous y sommes. Les scores de Reims ressemblent fort à ceux de Rennes. On avait 29 - 28 et 24 et ou à 29 - 25 et 24. Cela change tout mais surtout le premier événement de ce congrès c'est que c'est la première fois depuis le congrès de Rennes que la Motion en tête ne franchit pas les 50%. De 1992 à 2008, la motion qui arrive en tête a toujours obtenu entre 54% et 100%. Nous revoilà donc à la case départ à Rennes et cela n'a rien de banal. C'est arrivé 2 autres fois. Une fois à Metz où la motion arrivant en tête avait fait 46% et une fois à Epinay qui s'est soldé par un marchandage de tapis qui relève plus du bonneteau que des alliances  
naturelles. Reims ne pourra pas être Rennes parce que la passion et la haine ne sont pas au rendez-vous. Les "supporters" de Ségolène Royal, de Bertrand Delanoë et de Martine Aubry ne sont pas ceux de Fabius et Jospin en 1990 et c'est tant mieux.

2° La motion qui arrive en tête distribue les cartes.
C'est la règle non écrite dans notre parti et c'est une règle juste. C'est donc la Motion E qui a "la main" et qui sera maître du jeu dans ce congrès. Personne ne peut prédire ni qui sera le leader qui se dégagera pour le poste de premier secrétaire, ni les contours de cette alliance. Cette synthèse sera de toute façon difficile et je crains fort que la stratégie finisse par être l'emploi d'une méthode vue ailleurs qui consisterait à opérer des "débauchages" individuels au sein de chaque motion pour faire le meilleur "gouvernement du parti". Cette méthode peut être séduisante. J'ai quelques doutes sur son efficacité dans la durée. Il y a pour moi une proximité plus nette sur le fond entre les motions E, A, B et D et les motions C et F de l'autre. Comme je tiens à la clarté, j'ose encore espérer que les convergences seront "objectives" et non pas sur des billards à trois bandes qui rendraient un peu plus illisible la situation pour nos électeurs. En tout cas, je regrette la situation qui a été créé par le casting de ce congrès. J'en aurais préféré un autre et de beaucoup de point de vue. Si certains ne voulaient pas de la Motion E en tête, il fallait réfléchir avant à l'offre !!! Mais il n'est pas question pour moi de cautionner une quelconque alliance à revers des 3 grands perdants. J'ai toujours été contre le Tout sauf Ségolène comme je trouverai tout aussi stupide la tentation d'achever le mouvement de Tout sauf Delanoë que nous avons constaté dans ce congrès. Une telle alliance ne pourrait avoir de sens que si la Motion E s'avère incapable d'élargir sa base. Ce sera sans doute difficile pour elle mais à ce stade elle n'a pas le choix.

3° La guerre des ego mène à l'échec partout.
Je suis assez stupéfait des commentaires journalistiques de ce vote. C'est un succès pour Royal et Hamon et un échec énorme pour Delanoë et patent pour Aubry.
Je ne vais pas faire un numéro de langue de bois : le principal perdant de ce vote est la Motion A assurément. C'est d'ailleurs le principal perdant aussi parce qu'une bonne part de ceux qui en étaient les animateurs et qui sont coupés depuis longtemps de ce qu'est le parti réel n'ont eu de cesse de faire croire que c'était plié d'avance et qu'il suffisait d'avoir François Hollande dans la besace pour assurer un 35%, 40% ou 50%. En ayant affiché des ambitions et des pronostics aussi ambitieux qu'irréalisables, plus dure est la chute en tout cas pour qui prenaient ces assurances pour argent comptant.

La Motion A a payé 3 facteurs.
- Le mot libéral a été le scotch du capitaine Delanoë comme "Mon programme n'est pas socialiste" le fut de Lionel Jospin, ou la bravitude de Ségolène Royal.
- L'équipe d'animation de cette motion a cru que les assemblages et les ralliements individuels de grands élus valait vote avant l'heure. Mais ce qui marche encore dans les Bouches du Rhône avec les scores soviétiques (la rénovation est en marche, c'est Menucci qui l'a dit ce matin...) ne marche plus nulle part ailleurs et c'est tant mieux. Elle a été incapable de percevoir le profond désir de renouvellement de ce parti et pire a été incapable de mettre en valeur la façon dont Bertrand Delanoë lui même pouvait l'incarner, comme il l'a fait dans sa pratique du PS parisien. Bertrand Delanoë a donné sa chance à un très grand nombre de jeunes élus dans son exécutif ou dans les mairies d'arrondissement. Quand on compare les réunions de Motion A à Paris et les réunions de Motion A au niveau national, on comprend le fossé qui sépare ces 2 mondes. Qui n'ont pas communiqué.
- Le poids du passif. Betrand a eu le courage d'assumer la part d'héritage et du bilan de l'ère Hollande. On comprends mieux le mot Courage dans les 3 C !  Ce courage il l'a payé très cher. C'était lui le moins impliqué dans la direction sortante. Il a par un tour de passe passe aussi injuste qu'incroyable, porté à lui tout seul tout le passif d'une gestion du PS qui s'est soldée par des défaites aux élections nationales. Les militants n'ont retenu que les échecs et lui ont fait porter seul le chapeau. Pour ma part, j'ai encore confiance en la capacité de Bertrand Delanoë d'incarner une part de la rénovation de nos idées et de nos pratiques, justement parce que les pratiques sont là. J'espère qu'il ne repartira pas au combat avec cette équipe qui lui a scié les pattes. De ce point de vue je trouve que l'absence de Lionel Jospin lors du vote d'hier soir est tellement révélatrice de cette soirée d'hier soir !

J'ai parlé de la Motion A et ayant eu à la conduire à JBC j'en assume également ma part dans cet échec. Vous remarquerez d'ailleurs que je ne commence pas par dire que c'est la faute des autres. Il y aurait pourtant de quoi dire sur le sens et la démarche de la Motion Aubry. Mais Cette motion n'avait qu'un objectif : être une base d'empêchement  pour une future candidature de Bertrand Delanoë. C'est réussi.

Mais pour ce qui est des 2 autres motions, je ne comprends pas très bien ce qui justifie un tel engouement quand au niveau de succès.

La Motion E a gagné. C'est indéniable. J'ai même parié depuis quelques semaines avec un éminent camarade de la section qu'il en serait ainsi et qu'il ne pouvait qu'en être ainsi ! Mais je ne vois pas vraiment en quoi une candidate qui avait la confiance de 60% des adhérents et qui a rassemblé 17 millions d'électeurs obtient un exploit avec 29%. La Motion E avait vocation a rassemblé au moins 50% des socialistes et non pas un petit tiers. Que 71% des militants socialistes ne fassent  
pas le même choix que celle qu'ils ont choisi deux ans auparavant est quand même un signe inquiétant. La question des cotisations ne résume pas tout. C'est trop simple.

Enfin, le score de Benoit Hamon n'a rien d'extraordinaire. La Motion C rassemblait toutes les factions de l'aile gauche. En 2000, les courants "Gauche socialiste" et Emmanuelli rassemblaient 27% des voix. En 2003, les motions NPS et Emmanuelli rassemblaient 33% des voix. En 2005, les motions NPS (24%) et Fabius-Melenchon (21%) obtenaient 45% des voix. Alors quand j'entends une journaliste de France Inter parler de belle progression de Hamon, j'aimerait que l'on m'explique par rapport à quoi il y a progression. Jamais "l'aile gauche" n'avait été en dessous des 20% depuis 1997. Alors où est l'événement ?? Jean-Luc Mélenchon quitte d'ailleurs le PS avec quelles troupes issues de la Motion C ? Maintenant l'aile gauche a un nouveau visage c'est indéniable et le PS y gagne sans aucun doute. Hamon est nettement plus fin et intéressant qu'Emmanuelli. On a gagné au change.

Pour terminer, je souhaite bon courage à tous ceux qui auront la charge de trouver une solution après un tel vote. Je leur souhaite succès dans leur démarche parce que c'est notre avenir qui est en jeu. Si la Motion E tiens ses promesses de renouvellement lors du congrès, je serai le premier à saluer l'exploit. Je souhaite sincèrement que nous sortions du congrès de Reims avec une équipe de direction mais quelques soient les bonnes volontés des gagnants comme des perdants, une chose est sûre : les militants par leur vote n'ont pas rendu les trois prochaines années faciles et je ne doute pas qu'ils repenseront au sens du mot vote en interne au cours des mois qui viennent.

Amitiés socialistes.

PS : je veux saluer les camarades de la CA sortante qui ont été battus hier soir. Frank Burbage, Sophie Wahnich, Jean-Pierre Troche, Christelle Barclay, Christian Feuillet, Jeanine Barès, Odile Kouteynikoff, Sylvie Denobili ne sont plus membres à ce starde Je mesure ce qu'ils ont apporté à la vie de notre section et je les en remercie pour ces années de travail en commun. Je ne doute pas qu'ils seront toutes et tous utiles à la vie de notre section autrement.
Par Didier Guillot - Publié dans : Parti Socialiste - Section JBC
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