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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Pourquoi je m’abstiendrai sur le texte de la convention sur l’international

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Première remarque réitérée : je trouve que la méthode des conventions nationales relève d’une culture complètement dépassée de notre parti. C’est la culture hiérarchique qui mèle la vision militaire de ceux qui se prennent encore pour l’avant garde éclairée du mouvement ouvrier et celle technocratique de gens qui sont formés à la culture technocratique de la hiérarchie administrative verticale. Donc une fois de plus, les gens qui savent ce qu’il faut savoir, ce qu’il faut penser, ce qu’il faut écrire se sont mis autour d’une table et vous balancent le texte que de toute façon tout le monde adoptera. Et on viendra ensuite s’étonner de l’abstention des adhérents. Mais voter tous les 2 mois sur des textes vérouillés sur lesquels il n’y a pas l’once d’un débat, n’a qu’un intérêt limité. Les amendements sont là pour amuser toute le monde et faire croire que les militants servent encore un peu. Mais jamais notre parti n’avait à ce point connu de mouvement à ce point descendant. Rien dans le processus des conventions n’a été prévu, anticipé, inventé pour permettre à la richesse des sections et des fédérations de s’organiser, de s’émanciper et de s’exprimer. La richesses des sections et des fédérations n’ont que peu d’intérêt. Seul compte le fait que nos chers dirigeants du PS se soient enfin « mis-au-travail-rue-de-solférino». Rompez. Ils se sont donc mis au travail et les militants sont là pour applaudir l’exploit de s’être remis au travail. En votant Pour ou Pour les textes. Exaltant pour les militants. Je remarque d’ailleurs que l’on nous explique que l’on est officiellement sorti de l’affreuse période hollandaise de la synthèse molle. On a du passer à la synthèse dure parce que pour ce qui est du pluralisme, c’est circulez il n’y a plus rien à voir. Nous n’avons plus le choix qu’entre blanc et blanc ou noir et noir et amusons nous a écrire nos petits amendements qui pourront mettre une micro touche de gris.

Venons en au fond du texte.

La vision de la diplomatie ou de la défense nationale ne me pose guère de questions et je ne vois d’ailleurs pas bien à qui cela pourrait en poser tant nous sommes là dans un exercice convenu de langue de bois quasi diplomatique. Je ne vois rien de nouveau sous le soleil de la litterature socialiste habituelle. Le même ronron et les mêmes généralités et banalités d’usage que d’habitude. En même temps, les dirigeants actuels, à commencer par Laurent Fabius et Jean-Christophe Cambadélis auteurs du texte, ne sont pas tout à fait des « poulets de l’année » et il n’y a guère de raison d’avoir une pensée révolutionnaire en la matière. Sur ces questions, cela pourrait presque être avalisé par Bernard Kouchner.

Là où j’ai assurément en vrai problème c’est sur le rapport à la mondialisation à l’Europe.

L’expression choisie « L’Europe ouverte Oui, l’Europe offerte Non » me fait horreur. Outre le mauvais gout et le caractère sexiste qu’elle nous suggère, elle résume une vision de l’Europe qui doit faire retourner François Mitterrand dans sa tombe. En tout cas , je ne doute pas que l’Europe continuera à offrir un modèle et un espace unique au monde. Un espace où l’on combine démocratie, respect des droits de l’homme, économie performante et droits sociaux tout particulièrement en matière de santé.

Mais une fois encore, nombre d’expressions viennent ici déconsidérer ce qu’est et ce qu’a été la construction européenne. Et après on vient expliquer l’Europe que l’on voudrait si les socialistes français arrivaient au pouvoir non pas en France mais dans toute l’Europe. Une fois de plus nous mettons sur la table une vision de l’Europe qui n’est partagée par personne d’autre en Europe et par aucun autre parti du PSE et donc nous mettons en route la machine a désillusion parce que nous faisons croire qu’avec nous l’Europe sera comme décrit dans le texte alors qu’elle ne le sera tout simplement jamais parce que l’Europe ne sera que ce que les gouvernements, les partis et les peuples de chacun des pays accepteront de lui conférer ou de lui transférer. On commence le texte en expliquant que le protectionnisme c’est beurk et que cela conduit à l’extrême droite. Assez juste d’ailleurs. Mais derrière nous proposons plein de préconisations qui sont ni plus ni moins du protectionnisme, des normes aux écluses et j’en passe. Et cette question du protectionnisme n’est pas anodine. Parce que tous les reproches que l’on fait à la « mondialisation libérale » qui justifierait des mesures de « protection à l’échelle européenne », ces reproches peuvent être retourné un a un au sein du fameux marché intérieur européen. Les délocalisations ne sont pas qu’en Chine ou en Inde, elles sont d’abord au sein de l’espace des 27 membres de l’UE. Notre économie subit l’agression du modèle chinois certes mais enfin l’essentiel de notre commerce économique et de nos échanges le sont au sein du marché intérieur européen. Alors si on pense que les normes et les écluses sont la solution de protection, il faut aller au bout du raisonnement et l’appliquer au niveau national comme le proposait d’ailleurs Chevènement en 1983. Par ailleurs ces normes et écluses peuvent avoir un sens avec une balance commerciale déficitaire comme c’est le cas en France depuis que l’UMP a pris les commandes (elle était excédentaire jusqu’en 2002…), mais à ma connaissance tous les pays européens ne sont pas dans cette situation. L’Allemagne qui a subit la crise encore plus brutalement et qui du coup remonte plus vite est un pays structurellement excédentaire commercialement. Qui peut croire que l’Allemagne ait intérêt au protectionnisme, qu’il s’appelle norme ou écluse. Et si l’Allemagne n’en veut pas comment le faire au niveau européen ? Enfin au chapitre de l’Europe, je terminerai juste en signalant que l’on reparle une fois encore de l’Europe politique. On en rêve tous depuis longtemps mais il y a un petit détail qui fâche. C’est la France et singulièrement une partie du PS qui a mis un terme à toute perspective « d’Europe politique » en rejetant le TCE le 29 mai 2005. Et personne ne reviendra en arrière.

Pour ce qui est de la mondialisation, là aussi ce terme est systématiquement utilisé sous un angle négatif. Cela me gêne car la mondialisation ce ne sont pas que des emplois détruits ici ou là, ce sont aussi des millions d’habitants de notre planète qui participent au mouvement d’émancipation et de croissance que nous avons connu pendant 2 siècles. Et s’il y a des délocalisations et des poches de désindustrialisation, la mondialisation n’est pas juste un jeu de vase communicants où ces salauds de pauvres serait entrain de nous piquer des pans entiers de notre économie. La mondialisation ce sont aussi des marchés considérables que des entreprises (un gros mot peut être ??) françaises ou européennes conquièrent jour après jour. Nous venons de vivre une période de crise particulière et avec son moment de récession. Mettons de côté cette parenthèse pour prendre un peu de recul. Depuis 20 ans, des grands pays ont émergé et vu leur croissance connaître un boom phénoménal avec des taux de croissance parfois à deux chiffres. Est ce que cela nous a empêché de participer à une période de croissance forte (de 1997 à 2001) ? Et est ce que nous avons connu moins de richesses. Non, notre PIB a toujours progressé de manière médiocre bien souvent, mais il a progressé. Bref la mondialisation n’est pas un jeu à somme nulle dans lequel nous sommes des affreuses victimes qu’il faut protéger à tout prix parce qu’on se ferait dépecer tout cru par le péril jaune. Le discours "anti-mondialisation" relève parfois d'une vision presque néo-colonialiste. 

Par ailleurs, il faudra bien que l’on se projette un peu plus loin. Plus loin que notre vision de l’Europe et plus loin que la crise actuelle (finalement assez peu détaillée d’ailleurs). Or il y a 2 questions qui auront un impact phénoménal dans le 30 ans qui viennent, c’est la question de la fin du pétrole et donc des énergies et la question de l’eau et plus largement de l’agriculture. Et le corrolaire de ces 2 questions ce sera comment la population mondiale s’organise et se regroupe dans les villes et aglomérations. De Paris à Berlin, de Shanghai à Wenzhu, de Nouachkott à Mexico, en passant par Rio et Le Cap. Or sur cette question du modèle urbain, des énergies, de l’agriculture et des mobilités, nous disposons de toutes les cartes en main pour être au cœur d’un moteur d’une mondialisation « heureuse ». A condition que notre pays et l’Europe jouent la carte à fond de l’innovation et de la recherche et cela me paraît autrement plus important que de jouer celle de la protection.  Cette vision à long terme de la mondialisation manque cruellement dans ce texte.

Dernière chose qui me gène singulièrement, comme cela me gênait sur la convention « modèle économique », c’est que j’ai l’intime conviction que le ou la candidate qui sortira de nos primaires sera incapable de porter ce genre d’analyse devant les Français et que nous sommes là dans un exercice visant à faire plaisir au cœur de l’appareil pour le rassurer ou le réassurer sur « on est bien suffisamment à gauche hein, hein… »  mais qu’ensuite viendront les choses sérieuses. Je n’ai guère envie de perdre mon temps et je pense que nos électeurs attendent vraiment de savoir ce qu’on leur proposera et plus encore ce qu’on fera effectivement de 2012 à 2017 et de ce point de vue, ce texte est plutôt inutile ou au moins inopérant.

Enfin, tout m’invitait à voter contre, mais comme je souhaite voter des amendements dont certains expriment bien ce que je ressens (cf celui sur les Ville ou sur la Turquie de la fédération de Paris ou de la Motion A de JBC), je ne peux pas amender un texte que je rejeterai. C’est une question d’honneteté intellectuelle. Même si tout est autorisé !

Désolé, je ne voudrais pas casser le moral des militants qui pensent vraiment que quand le PS « vraiment à gauche » gagnera les élections de 2012 il réussira très vite à sortir notre pays : 1° du libéralisme – 2° de la mondialisation. Le monde des bisounours c’est bien pour quand on est tous ensemble à la Rochelle mais celui ou celle qui prendra les manettes de notre beau navire en mai 2012 sera juste dans le monde Réel. 

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Commenter cet article

charly 01/10/2010 20:54


enterement d'accord avec toi texte insipide sans réflexion ni projet pure fruit du centralisme démocratique.
continuons à se foutre de la réalité nous prendrons une raclée de plus.POUR FAIRE COURT ON ASSISTE AU BINÔME UM-PS


Colette Friedlander 29/09/2010 09:05


Bonjour Didier,

Je suis globalement d'accord avec ton analyse. Il y manque malheureusement un point important : tu ne soulignes pas la vacuité de la section 2.3.4 consacrée à l'immigration. Voir à ce sujet les
amendements proposés par le groupe IID (Immigration, Intégration, Discriminations) de la section CGO, qui devraient être envoyés aux militants aujourd'hui mercredi 29/9.

Colette


Rite 29/09/2010 08:27


Bonjour Didier

Je partage ton point de vue sur la méthode qui est loin d'être participative. Malheureusement c'est l'Arlésienne dans ce parti et à chaque congrès on nous fait la promesse de prendre en compte le
point de vue des militants, ceux-ci apprécieront.
Mes amitiés

Mes amitiés


monniotte 29/09/2010 08:21


oui Didier, pour moi comment on peut amender un texte ou l'on me demande d'adopter, pourquoi ce n'est pas inverser
les amendements et ensuite on vote le texte amendé
jean cla


Vincent Carlotti 29/09/2010 08:00


Tout à fait d'accord avec toi pour constater a quel point le seul vrai défi auquel nous sommes confrontés, la fin du pétrole, est complètement ignoré dans notre parti, alors qu'il est de
probablement seul à nature à mobiliser les énergies pour inventer le monde de demain. Je ne parle même pas de la question de l'eau,à à mon avis au coeur de la crise du moyen orient... Il est vrai
que pour nos dirigeants, à une ou deux exceptions près, demain c'est 2012,et après demain comme dirait Louis XV, c'est le déluge...Se rendent ils compte seulement que battre Sarkozy en 2012 - ce
qui n'est pas encore fait- uniquement parceque les français le rejettent - ce qui reste tout de même à prouver- c'est se préparer des lendemains particulièrement délicats ?