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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Nicolas Sarkozy aura mis 5 ans pour achever la 5ème République en faisant la guerre aux 5 piliers de la démocratie.

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Nicolas Sarkozy joue un rôle qu’il s’est donné en croyant enfiler le costume des « grands  hommes » de la mythologie de la droite française. De Napoléon à De Gaulle, il y a une mythologie du « grand homme » qui débat directement avec le peuple par dessus tous les corps intermédiaires. Le Gaullisme est la version présentable et « populaire » de cette vision, mais au fond la culture d’une frange de l’extrême droite qu’a tenté d’incarner pendant 40 ans Jean-Marie Le Pen n’est pas étrangère à cette vision de l’homme providentiel qui décide tout seul contre tous les pouvoirs et contre-pouvoirs. Nicolas Sarkozy n’est pas un dictateur, mais il a poussé plus loin que personnes les feux d’une vision pas éloignée que cela des régimes populistes Et/Ou autoritaires. Depuis son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy s’est appliqué à affaiblir méthodiquement tous les pouvoirs et contre-pouvoirs qui fondent les piliers de notre vie démocratique.

1° L’affaiblissement de la République parlementaire.

Le mandat de Nicolas Sarkozy a démarré sur une promesse d’ouverture (désignation d’un membre de l’opposition à la tête de la commission des finances) en échange d’une petite faveur à la fois symbolique et très identifiante de sa culture : la réforme de la constitution pour permettre au Président de la République de s’exprimer devant le parlement (sans en être responsable devant…). Mais depuis, jamais le rôle des députés d’une majorité n’a été à ce point réduit à celui que De Gaulle leur avait fixé : les godillots. Aucune proposition de Loi forte n’a été votée et pas une seule réforme imposée au pas de charge par le gouvernement n’a pu être modifiée sensiblement par les députés ou les sénateurs. L’épisode récent du débat sur les retraites, après celui de la réforme territoriale montre bien en quelle estime le Président de la République porte le parlement. Mais il y a une autre dérive qui nous ramène au pire gène du gaullisme des années 60, c’est le rapport à une certaine technocratie. D’abord en donnant un rôle politique presque plus important au secrétaire général de l’Elysée qu’au Premier ministre qui est le garant du parlementarisme. Ensuite en redonannt des pouvoirs totalement exorbitants à une certaine haute technocratie comme tout le monde a pu le constater avec le débat sur le Grand Paris et sa vision tellement années 60 de l’aménagement du territoire et la méconnaissance  et le mépris de la République des territoires.

2° L’affaiblissement de la Démocratie locale.

Là c’est une vraie rupture avec le 2e quinquennat Chirac et la République pateline et provinciale de Raffarin. Jean-Pierre Raffarin a opéré une décentralisation qui était bien souvent un piège par les transferts de compétences non compensés. Mais il y avait une vraie culture de respect et de renforcement de la démocratie locale. Depuis 2007, le gouvernement mène une guerre aux élus locaux comme personne ne l’avait jamais fait depuis justement les lois sur la décentralisation. Le gouvernement n’a eu de cesse de charger la barque des collectivités locales en coupant les vivres tout en hurlant aux hausses d’impôts, prenant vraiment les gens pour des cons en imaginant qu’ils seraient dupes d’une si grosse ficelle. Mais au delà de cette guerre stupide, ce qui frappe est l’incapacité totale de ce gouvernement à construire des partenariats et des contrats qui pouvaient le sortir de la nasse. Jamais la contractualisation avec les collectivités locales n’avait été à ce point bafouée et c’est une erreur historique tant ces collectivités pouvaient jouer un rôle majeur dans le moment de crise où l’Etat se retrouvait asphixié pour engager les investissements d’avenir nécessaires. Au lieu de faire mijoter le tandem Juppé et Rocard sur les investissements envisageables dans le cadre du grand emprunt, le gouvernement aurait mieux fait de lancer des contrats de plan généralisés avec les régions, avec les départements et avec les communes en intercommunalité pour mettre en valeur et en avant les grands investissements nécessaires pour se projeter dans les 30 prochaines années et d’abord en matière d’innovation, de recherche et d’enseignement supérieur.

3° L’affaiblement de la Vie associative.

Autre pilier de la vie démocratique et citoyenne, les associations ont été les premières à subir les affres des coupes budgétaires mais aussi de leurs moyens, notamment avec la suppression des emplois jeunes dans le mandat UMP précédent. Le caractère poussif de l’engagement solidaire au travers des services civiques et volontaires est à des années lumières de ce dont aurait besoin ce pan de la vie sociale et civique que sont les associations. Les associations attendent d’ailleurs depuis 3 ans les grandes assises de la vie associative promises par Nicolas Sarkozy en 2007 et elles se retrouvent asphyxiées à petit feu. Dernière annonce en date, la piste évoquée dans la pré-discussion budgétaire de la réduction de l’avantage fiscal pour les dons aux associations. Après le robinet des emplois, celui des subventions, c’est celui des dons qui sera peut-être touché.

4° L’affaiblissement de la liberté de la presse.

Un chiffre résume tout : la France arrive 44ème au classement de la liberté de la presse selon RSF. Et nous n’avons cessé de reculer depuis 2002. Lentement mais très sûrement. Au sein de l’Union européenne, il n’y a plus que l’Italie berlusconnienne, la Bulgarie, la Grèce et la Roumanie pour faire plus mal que nous. Les intimidations permanentes du pouvoir politique et en particulier du président de la République vis-à vis des journalistes, surtout de télévision, fait horreur à tous les pays qui sont d’authentiques démocraties. Mais au moins les choses sont maintenant assumées directement. Le Président nomme directement ceux qui seront chargés de « contrôler les grands médias ».

5° L’annéantissement de la démocratie sociale.

Sur ce terrain la présidence Sarkozy avait plutôt bien démarré avec la reconnaissance de la primauté donnée aux accords sur la Loi. Le rapprochement entre les 2 grandes centrales syndicales, la CFDT et la CGT était une promesse d’enrichissement très important de la démocratie sociale et de la culture de négociation collective. Depuis nous n’avons plus que provocations sur provocations pour mettre à terre des syndicats et un mouvement social qui pourtant n’avaient jamais été aussi responsables. Quelle occasion ratée ! La culture sociale de Sarkozy se résume à cette phrase minable digne de la cour de récréation : les Français ne se rendent plus compte quand il y a une grève ! Depuis le livre blanc de Michel Rocard en 1991, tous les gouvernements savent que la question des retraites est explosive. Nicolas Sarkozy a préféré écouté les conseillers sociaux du MEDEF pour imposer une réforme aux forceps là où même Fillon avait réussi en 2003 à faire passer se réforme en passant des compromis avec une partie des syndicats. Là il n’y a eu aucune négociation et si Eric Woerth n’avait pas été sous les projecteurs de l’affaire Bettencourt, personne ne se serait rendu compte qu’il était en charge de ce dossier. Dans toutes les autres démocraties européennes les réformes des retraites, toutes difficiles, ont été faites par des compromis sociaux avec les syndicats et/ou des consensus politiques au parlement. Et au fond, l’attitude du gouvernement dans cette réforme résume à elle seule toutes ces faillites démocratiques réunies. Un gouvernement faible avec un conseiller social de l’Elysée ayant plus de poids que le ministre du travail. Un parlement qui ne jouera aucun rôle et qui sera bafoué. Une absence enfin totale de négociation sociale et de « grain à moudre » comme disait Monsieur Bergeron dans les années 80. La boucle est bouclée et les français sont dans la rue, dernier lieu pour faire vivre l’ultime contrepouvoir « citoyen » ?

Vivement la 6ème République ? 

Le tableau est terminé. J’aurais d’ailleurs pu ajouter le rapport à l’Europe, au monde, ou encore à la justice ou à l’éducation pour parfaire cette esquisse. Mais une chose est sûre, si Nicolas Sarkozy a réussi à acheter au pire sens du terme quelques personnalités pour faire office « d’ouverture », jamais aucune présidence n’avait à ce point choisi de mener la guerre à tous les pouvoirs et contre-pouvoirs qui ne sont pas dans l’allégeance. En dehors du cas Hirsch qui reste particulier, quel homme de gauche acheté par Sarkozy au nom de l’ouverture a pu imprimer sa marque « de gauche » sur quelque politique que ce soit ? La république de l’allégeance, de la réforme imposée, de l’injustice généralisée est une République totalement déséquilibrée. J’avoue ne jamais avoir été un fan inconditionnel du mot d’ordre de la 6ème République car j’ai toujours cru que les institutions de la 5ème République étaient suffisamment souples et ambivalentes pour permettre à n’importe quel Président de la République de faire vivre le parlement et le jeu de « checks and balances » comme disent les anglais entre les pouvoirs et contre-pouvoirs. Mais là force est de constater que Nicolas Sarkozy aura épuisé tous les piliers de la vie démocratique en les asséchant un à un et qu’il faudra donc bien effectivement régénérer tous les pans de notre vie sociale, citoyenne, civique et démocratique. C’est donc bien effectivement la définition d’une 6ème République qui devra être le pendant exact de cette 5ème République que Nicolas Sarkozy aura achevé. Ce président de la République aura rageusement cherché à affaiblir tous les contre-pouvoirs et pourtant jamais un Président de la République n’avait eu aussi peu de pouvoir parce que d’autorité au sens politique du termen. En coupant le courant de tous les corps intermédiaires, il se retrouve seul comme aucun monarque ne l’avait été et seul pour ne plus rien pouvoir faire qui puisse retrouver l’assentiment des citoyens. Les 2 années qui viennent vont être très longues. Très très longues. 

 

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Didier OMNES 25/10/2010 13:06


Bonjour,

Celane t'étonneras pas je pense, que je partage un grand nombre de tes analyses et que comme toi je m'étonnes de ta censure sur la coopol.
Didier OMNES


Madeleine Moisan 23/10/2010 08:15


Très bon article cependant si cet "individu" a pu arriver si facilement au pouvoir, il ne faut jamais oublier la part active de cette "gauche caviar" qui pour garder ses prérogatives et ses amitiés
avec "le Siècle" a favorisé son élection.
Aujourd'hui, les manoeuvres sont toujours d'actualité mais les Français ne sont pas dupes, il n' y a que les sondages qui peuvent donner illusion, la réalité est tout autre...


Pom 22/10/2010 19:58


Merci beaucoup Didier pour cet article dans lequel tu arrives si bien à synthétiser le mandat de Sarko. J'en profite pour te dire que j'aime beaucoup ta plume et ta mise en forme de tes réflexions.
C'est toujours un plaisir de te lire.
A bientôt j'espère.


Salima KEROUANI 22/10/2010 18:31


Bravo pour l'article mais il n'a jamais été et ne sera jamais un grand homme, et une société asphyxiée est une société qui finit par exploser.


Daniel Andriuzzi 21/10/2010 07:09


Oui on attend vraiment de passer à la VIéme REPUBLIQUE !!!