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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Les primaires pour désigner le futur président de la République et restaurer l’identité démocratique du PS.

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Réussir les primaires est un enjeu primordial pour le PS et la gauche dans son ensemble. D’abord parce qu’il s’agit de désigner celle ou celui qui sera capable de battre Nicolas Sarkozy et de mettre un terme à 10 ans de politique UMP qui sont un échec et un gâchis sur toute la ligne. Gâchis démarrant un certain 21 avril 2002…

 

La carte d’identité du PS : Etre adhérent au PS, c’est pouvoir choisir !

 

Il est aussi un autre enjeu de taille pour le Parti Socialiste. Le PS a su attirer des dizaines de milliers d’adhérents au fil des ans avec un « argument de vente » qui l’emportait sur tout : son caractère profondément démocratique. Etre adhérent au PS, c’est pouvoir choisir. Choisir son candidat à tous les niveaux, choisir ses textes d’orientations et même choisir directement l’orientation comme lors du référendum interne sur le TCE. De 1993 à 2008, notre parti a connu une arrivée massive et régulière de nouveaux adhérents (dont beaucoup par intermittence il est vrai) et ce tout particulièrement à Paris. La primaire pour choisir entre Henri Emmanuelli et Lionel Jospin en 1995, celle pour choisir entre Jack Lang et Bertrand Delanoë à Paris en 2000, l’émergence de nouveaux courants comme le NPS en 2003, mais aussi le référendum sur le TCE en 2004, et la primaire en 2006 pour désigner notre candidate à la présidentielle de 2007, auront été autant de rendez-vous lors desquels les adhérents ont participé, et pas seulement à un « casting » de nouvelle star socialiste, mais bien à des choix politiques primordiaux. Ce qui attire avant toute chose les sympathisants socialistes quand ils font le choix d’adhérer c’est la nature et la carte d’identité démocratique de notre parti.

 

Le choc de Reims et la révélation d’une culture démocratique ambiguë…

 

Or si tant d’adhérents se sont retirés très brutalement de la vie « citoyenne interne » de notre parti depuis fin 2008, ce n’est pas tant à cause du résultat du Congrès de Reims en lui-même, qu’en raison de son déroulement (les premiers seront les derniers…) et des graves soupçons sur la sincérité du scrutin qui ont entaché son issue. La révélation de pratiques dignes des républiques bananières ou des grandes heures du communisme municipal, quand celui-ci confondait fraude et élection, a déstabilisé nombre d’adhérents dans leur relation à l’idéal démocratique qui est le leur. Il y a d’ailleurs dans cette histoire sinistre la trace lointaine d’un rapport douteux entre une culture « révolutionnaire » qui irrigue une part importante de la gauche française et une vision pour le moins ambiguë de ce qu’est la notion de démocratie par le vote. De la démocratie considérée comme « bourgeoise » aux slogans de mai 68 (« Elections piège à cons »), une part non négligeable de la gauche française a longtemps entretenu des rapports malsains avec la notion même de démocratie. La croyance dans le fait que la fin justifie les moyens, qu’il y aurait une « avant garde » révolutionnaire, ou bien que l’appareil a toujours raison, fait hélas partie du patrimoine génétique de la gauche française.

 

Le rapport à la démocratie n’a pas toujours été le fort du Parti Communiste comme des principaux syndicats ouvriers ou étudiants dont les votes internes restent bien souvent « border line » dans leur conception. Il n’est donc pas totalement surprenant que les quelques fédérations du PS fâchées avec la sincérité du scrutin (moins d’une dizaine sur les 100 fédérations que compte notre parti), soient justement celles où la tradition de gauche ouvrière, syndicale et radicale est la plus forte et la plus ancrée. Elles se trouvent d’ailleurs sur d’anciens bastions du PC du siècle dernier. Le Nord, le Pas de Calais, la Seine Maritime, les Bouches du Rhône ou l’Hérault furent toutes des terres rouges, politiquement et syndicalement. Le reflux des adhérents, très fort à Paris ou dans les grandes villes, touche beaucoup moins ces fédérations qui vivent depuis longtemps avec ce rapport à la démocratie. Il en va du bourrage d’urne comme du dopage : ceux qui le pratiquent minimisent sa gravité, expliquant que d’autres le font et que ne pas suivre conduit à l’élimination.

 

Et un petit zeste, un petit reste de centralisme démocratique…

 

Avant d’ailleurs d’évoquer les primaires, je remarque que la méthode choisie pour élaborer le programme et faire voter sur les conventions nationales reste bien plus proche du centralisme démocratique qui fit la colonne vertébrale du fonctionnement communiste que du pluralisme démocratique si identifiant de notre parti. Le centralisme démocratique, c’est quand une direction d’appareil organise un congrès à partir d’un texte unique, et où les fédérations et sections ne sont plus consultées que pour l’amender à la marge. C’était la méthode du PC pendant des décennies (le PC a d’ailleurs désormais pris goût au pluralisme, avec modération, mais sans doute de manière irréversible). Or c’est la méthode qui est également retenue pour le vote des conventions nationales. Les militants ne sont là que pour avaliser un choix et un seul, et éventuellement proposer quelques amendements que la direction retiendra ou non, et ce quelque soit leur niveau d’adhésion. Chacun pourra d’ailleurs remarquer que le seul vote qui ait suscité un léger intérêt depuis le dernier congrès fut celui du 1er octobre 2009 sur la rénovation du parti. En raison du sujet, mais aussi de la méthode, puisque les questions étaient ouvertes et donc le choix réel.

 

Restaurer l’identité démocratique et passer de la verticalité à l’horizontalité.

 

Pour revenir à nos moutons qui sont partis, le PS ne pourra donc recréer l’envie de débattre, de participer et de voter que s’il est capable de réinventer une culture démocratique qui ne relève pas d’une archaïque culture verticale et hiérarchique. Il doit impérativement réussir le processus des primaires et avoir une vigilance absolue sur la sincérité et la solennité de ce scrutin. Parce que tout résultat « serré » serait entaché du moindre soupçon, il faudra bannir le folklore d’une votation citoyenne où les urnes se promènent dans la rue. La campagne de nos adversaires en cas de contestations serait alors désastreuse. Le défi de l’organisation de ces primaires est donc énorme et chaque militant et sympathisant doit très rapidement s’en emparer et se l’approprier. La victoire de la gauche en 2012 sera à ce prix. Une fois les primaires réussies, il restera alors au PS à se pencher sur ce qu’est un militant, un adhérent, un sympathisant et comment on ne peut redonner envie de faire vivre un parti qu’en redonnant goût aux vrais débats et aux vrais choix. Le PS a presque réussi son entrée dans l’ère de l’horizontalité avec la création de La Coopol ou encore sa présence sur la toile. Cette culture de l’horizontalité, de l’égalité et de la décentralisation doit être le défi pour construire un nouveau parti qui soit celui du 21ème siècle.

 

En réussissant les primaires, le PS préparera 2 victoires : celle de son ou sa candidate en 2012 évidemment, mais également la restauration de son identité profondément démocratique. Le socialisme du 21ème siècle doit se débarrasser définitivement de ses oripeaux « avant-gardistes et pseudo révolutionnaires ». Il doit devenir le cœur même de toutes les nouvelles conquêtes démocratiques et elles sont encore nombreuses devant nous.

 

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Maya 14/09/2010 21:10


Tout à fait d'accord. 1 : la démocratie c'est notre culture à gauche ; 2 : pour mobiliser les citoyens il faut qu'il y ait un enjeux. D'où l'importance que les prochaines primaires ne soient pas
une comédia del arte ! Il faut une vraie "dispute" politique, au sens noble du terme pour que les citoyens se sentent concernés, réellement consultés et se mobilisent.