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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Les primaires ne sont pas secondaires. Pourquoi cette peur de la démocratie ?

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L’onde de choc de l’affaire DSK commençant à peine à s’attenuer, revoilà les postures et les impostures visant à imposer une candidature sans passer par la case « vote », sans passer par la case « démocratie ».


Après le choc

 

Le choc, tout le monde l’a pris dans la gueule, que l’on fasse partie des soutiens ou non de DSK. Je suis consterné par ce crash en plein vol de celui qui pouvait faire avancer la France et la gauche de 3 cases et faire entrer l’une et l’autre dans le 21ème siècle. Et nous en avions sérieusement besoin quand on lis la tonalité très 20ème siècle du texte adopté par 95% des militants avec un taux d’abstention passé sous silence. Immense gâchis. Mais sans faire le lien entre ces faits qui se sont enchainés, je dois dire qu’entre le film de Canal + à la communication très années 80, l’affaire de la Porsche, la provocation de Terra Nova et les messages antipathiques de ses plus proches, la fusée DSK était déjà sur une très mauvaise trajectoire avant d’exploser en vol. On ne dira jamais assez combien une part très particulière de son entourage lui aura été très nuisible et depuis trop longtemps. Il n’y a rien de plus pénible que la tonalité de la défense de certains de ses amis après coup, avec ces dérapages sexistes, racistes qui puent tous le plus profond mépris de classe et tout cela de la part de gens sois-disant « philosophes, penseurs ou intellectuels ». Ce qui frappe d’ailleurs dans cette séquence c’est la totale déconnexion de ce petit monde. Avec de pareils amis, DSK n’avait plus besoin d’ennemis.  En tout cas le débat est désormais derrière nous, mais je veux tout de même saluer l’action de DSK au FMI tant celle-ci a été décriée sans être jamais analysée. Pour clore le chapitre émotion, je fais partie des perplexes face à cette affaire. Je n’ai pas d’avis et je crois effectivement à la présomption d’innocence. La seule chose qui m’intéresse, comme le monde entier c’est la vérité et uniquement la vérité. Aussi dure qu’elle puisse être. Mais je n’ai jamais vu la vérité sortir d’un procès ou d’une confrontation judiciaire avant même le processus sauf quand il y a « aveu » ou preuves irréfutables. Personne n’est qualifié pour exprimer la ou les vérités à la place des acteurs. Mais avoir des paroles affligeantes vis-à-vis d’une potentielle victime est juste insupportable dans un tel contexte. Quant aux théories conspirationnistes, elles sont aussi ridicules dans cette affaire que dans toutes les autres affaires. Surtout dans la bouche de « responsables politiques ». 


Vie publique, vie privée

 

Si il y a violence avérée, une telle violence est juste à des années lumières de l’idée que l’on peut se faire du mot « libertin », alors cessons les confusions en tout genre et je dois dire que le meilleur texte sur le sujet est bien celui de Caroline Fourest sur l’éloge du consentement. Mais cette affaire peut aussi servir de déclic. J’espère que les responsables politiques français réfléchiront à 2 fois quand tel ou tel collègue aura des comportements border line en matière de « harcèlement » et pas seulement sexuel. Je le dis d’autant plus tranquillement que j’ai très souvent été choqué par la banalisation des propos et comportements sexistes dans un univers ou on peut causer de droits de femmes tout en pratiquant le droit de cuissage ou les gestes et paroles déplacées dans une impunité totale. Mais le meilleur rempart à cela est l’application réelle et complète de la parité. D’ailleurs j’ai lu récemment le livre très intéressant de Daniel Vaillant sur ses 40 ans d’engagement au PS. Ce qui m’a le plus frappé de ce récit riche et détaillé, c’est de voir à quel point une génération politique a vécu ses années militantes dans un univers quasi exclusivement masculin. C’est d’ailleurs le même Daniel Vaillant qui aux côtés de Lionel Jospin a ouvert les voies de cette révolution de la parité en 1997.

Mais si cette affaire a révélé une banalisation incroyable du sexisme ordinaire, la France ne doit pas non plus devenir les Etats-Unis sur le rapport à la « morale privée ». J’espère que notre pays ne sombrera jamais dans le puritanisme à caractère religieux tel qu’il est vécu aux Etat-Unis. Les hommes publics n’ont pas de compte à rendre sur leur vie privée à partir du moment où il s’agit d’adultes consentants. Pour ma part, je me contrefiche de savoir si x trompe ou est trompée par son ou sa conjointe. Je me moque de savoir si x couche ou ne couche plus avec y et j’espère que nous ne verrons jamais les relations des hommes et femmes politiques faire le contenu des revues Public, Voici ou Closer. Je dois être complètement décalé, mais je me contrefiche tout autant de savoir avec qui couche tel acteur ou telle chanteuse.


Vers une primaire ordinaire

 

DSK était un candidat très sérieux. Etait-il le seul ? Non assurément. Rappelons que le calendrier des primaires a été reculé pour lui permettre d’atterir en douceur. Personne ne pouvait prévoir le crash vécu la semaine dernière. Mais les déclarations des uns et des autres pour exprimer que les primaires doivent être annulées ou bien reportées sont tout simplement ahurissantes. Elles le sont à plus d’un titre. D’abord parce que les primaires étaient déjà régulièrement flinguées d’avance par certains des soutiens de DSK avant son crash. Au prétexte que tout le monde devait se rallier au panache du sauveur. Le sauveur ne pouvant plus sauver, il n’y a plus de sauveur mais que des candidatEs potentiels. Les mêmes tentent de nous expliquer que tout le monde doit se rassembler d’office autour de la première secrétaire. Au nom de quoi au juste ? De quelle réalité politique ? Si un le PS était rassemblé autour d’un leader incontestable cela se saurait et c’est bien parce que notre parti est sorti fractionné en 4 puis en 2 à parts égales du dernier congrès que les primaires se sont imposées comme solution pour sortir de la crise de leadership. La méthode coué ne suffit pas et le leadership de Martine Aubry n’a rien de naturel, d’automatique et de fonctionnel quelques soient ses qualités politiques que nul ne saurait nier. Tous les sondages ont montré que les électeurs de gauche s’appretent à plébisciter les primaires et souhaitent y participer. Alors les apprentis sorciers peuvent-ils nous expliquer quel discours pourrions nous tenir pour expliquer aux français que leur choix devrait être désormais confisqué ? Si certains pensent qu’une Martine Aubry imposée bureaucratiquement en supprimant le processus démocratique serait ainsi en mesure de lancer une dynamique politique alors vraiment il faut juste qu’ils fassent autre chose que de la politique. Si les apparatchiks irresponsables devaient obtenir gain de cause et mettre un terme aux primaires en imposant par la force une candidature qui n’a de légitime que d’appareil alors je peux assurer que je mettrais immédiatement un terme à 20 ans d’engagement dans ce parti. Et il est fort probable que des candidats seront alors tentés de jouer la primaire lors du 1er tour des élections présidentielles enterrant ainsi les chances de la gauche. Mais cette lutte stérile contre un processus démocratique moderne n’est que la révélation et le symptôme à nouveau de la culture démocratique totalement bancale du cœur de notre appareil. C’était déjà flagrant avec la banalisation du verrouillage et du bidouillage des urnes. Mais ce rapport remonte à loin. Au plus profond de l’histoire de la gauche française avec son prurit révolutionnaire. Au plus profond de la gauche, il y a toujours eu une méfiance pour la démocratie. Rappelons l’histoire des « démocraties populaires » où la conquête du pouvoir se faisait par la démocratie « bourgeoise » et où les droits et libertés politiques démocratiques étaient immédiatement abolis au nom de l’avant garde éclairée. Le Parti Communiste et la plupart des grandes centrales syndicales ont très longtemps eu un rapport assez distant ou lointain avec la démocratie interne. La pratique du bourrage d’urne et des arrangements de congrès traversent toute notre histoire et chacun pourra remarquer que les fédérations socialistes où la pratique du bourrage d’urnes a perduré jusqu’à trop récemment, sont souvent des terres que l’on appelait « rouges » aux débuts du 20ème siècle. La notion d’avant garde n’est d’ailleurs que la version « révolutionnaire » du suffrage censitaire de la droite post royaliste. La peur du peuple toujours la peur du peuple "non éduqué". Et cette notion reste très ancrée chez ceux qui pensent encore que l’appareil est la première des causes à défendre, à sauver. Nous venons de vivre 3 années de retour au centralisme démocratique avec des textes balancés les uns après les autres du sommet sans que le moindre débat ne fasse l’objet de votes démocratiques puisque les militants n’avaient le choix qu’à voter Oui. Ils se sont surtout abstenus, y compris sur le vote du projet. Or, cette culture d’appareil qui a repris le dessus depuis 3 ans est parfaitement logique avec ces appels indignes à supprimer les primaires. Ceux qui ont verrouillés tous les votes et ridiculisés la notion de vote et l’intérêt même des votes internes en les vidant de tout enjeu ou clivage sont dans la suite logique en voulant éviter de donner le choix, d’oser le choix. Mais une chose est de faire gober aux militants des textes uniques les uns après les autres. Autre chose serait de faire croire qu’une candidature unique s’impose d’office, par enchantement après avoir promis le choix aux électeurs de gauche. Tout le monde doit arrêter d’avoir peur des électeurs et des militants ! Ceux qui sont convaincus que Martine Aubry est la meilleure des candidates doivent bien avoir quelques arguments, quelques billes, quelques raisonnements pour défendre cette candidature par ailleurs totalement légitime. D’ailleurs je ne soutiendrais pas cette candidature mais s’ils veulent des arguments pour la défendre, je peux les aider parce qu’elle a effectivement des atouts à mettre en avant. Alors si ils ont des arguments, ils doivent avoir confiance en eux et en elle et si elle est la meilleure, elle sera alors désignée. Tout simplement. Pourquoi les primaires affaibliraient notre candidat au juste ? Elle le ou la mettra en valeur et en avant bien plus qu’au travers des comptes-rendus de bureaux nationaux. Lionel Jospin a été boosté par la primaire de 1995, face à un candidat qui incarnait tout l’appareil recroquevillé derrière son « premier secrétaire ». Il a ainsi redonné confiance à une gauche dans le trou depuis 1993. Bertrand Delanoë a gagné Paris en éliminant d’abord Jack Lang. Enfin Ségolène Royal a été boosté en battant 2 excellents candidats qui étaient alors Laurent Fabius et DSK. Au sortir de la primaire elle n’était absolument pas affaiblie, c’est la vraie campagne qui l’a carbonisé. Et je me permets de redire que la primaire que j’ai pu vivre face au maire du 18ème n’a en rien affaibli notre dispositif politique (ce dont je fus alors accusé stupidement !) puisque notre liste a obtenu près de 50% au premier tour et 72% au second. Alors les constipés de la démocratie, arrêtez d’avoir peur ! Cette primaire sera une belle primaire. Je pense même qu’elle permettra à un Arnaud Montebourg de mettre en avant sa vraie valeur et un profond travail de renouvellement de notre pensée, à une Ségolène Royal de sortir de la marginalité dans laquelle elle s’est enfermée toute seule et à un François Hollande de montrer qu’il est désormais le vrai centre de gravité du rassemblement des socialistes et de la gauche. Depuis 6 mois que cette primaire a connu ses « préliminaires », je constate que tous les leaders et tous les candidats potentiels ont été tirés vers le haut, aussi bien en niveau de notoriété, qu’en niveau de popularité, qu’en niveau d’intentions de vote. C’est un processus gagnant-gagnant. Par ailleurs je constate que ceux qui passent leur temps à vouloir flinguer les primaires au prétexte qu’elles seraient « destructrices » pour la gauche, sont bien souvent les premiers à participer du flingage gratuit et néfaste de x ou y. Alors que les tontons flingueurs et les empêcheurs professionnels des « tout sauf » qui ont tant nui à notre parti commencent par se taire et les primaires se dérouleront très sereinement. Je constate à ce stade que François Hollande comme Ségolène Royal, comme Arnaud Montebourg se sont montrés très responsables en exprimant leurs points de vue et positionnements sans jamais dire du mal des autres candidats. Et c’est la même chose pour leurs proches et leurs premiers cercles. Puisque Martine Aubry s’apprête à prendre ses « responsabilités », ce qui paraît naturel, il lui suffira elle et ses soutiens d’être aussi responsable et de garder ses sorties anti x ou y pour les fins de repas privés. Et la primaire sera alors une très belle primaire dont le ou la vainqueur aura tout les atouts en mains pour conduire la gauche à la victoire le 22 avril et 6 mai 2012.

Pour ma part, je soutiendrai la candidature de François Hollande, sauf bouleversement majeur de « casting » bien peu problable, dans un esprit totalement positif. La dynamique politique qu’il a su d’ores et déjà créer sera en tout cas très utile pour les 12 mois qui nous séparent de la victoire potentielle et ce quel que soit celui ou celle qui gagnera les primaires. Et je ne doute pas non plus que François Hollande saura s’appuyer sur le travail effectué autour du projet pour mettre en relief ce qui doit l’être.

Après les primaires…

Les primaires sont notre horizon immédiat. Mais ce que nous vivons en matière d’hésitations démocratiques doit nous conduire non seulement à être vigilants, mais aussi à réfléchir concrètement au rôle d’un parti moderne digne de notre siècle, digne de la culture politique des électeurs, sympathisants et militants. Si on met de côté la question des primaires et celle du cumul des mandats (à vérifier dans les faits à partir de l’année prochaine…) qui sont de belles avancées, on ne peut pas dire que la démocratie ait fait des bonds en avant dans le fonctionnement de notre parti depuis 3 ans. Même si ce n’est pas le moment, nous devons impérativement relancer le débat sur ce que doit être un débat démocratique dans un grand parti moderne. On a longtemps parlé de « rénovation » dans le parti. Ce combat n’est pas terminé et il peut se désigner autrement. S’il doit être mis en parenthèse pendant la campagne des primaires puis la campagne présidentielle, je suis convaincu que notre parti mérite bien des avancées et des innovations démocratiques. Nous devons inventer un autre mode d’élaboration politique que ce circuit vertical de haut en bas digne d’un parti du 19ème siècle ou de la première partie du 20ème.  Cela fait plus de 20 ans que je milite et près de 18 dans la fédération de Paris. J’ai toujours été bluffé par la richesse humaine, intellectuelle et culturelle des adhérents du PS. Cette richesse est ignorée et confisquée par une petite élite auto-proclamée qui se considère comme détentrice du pouvoir dans cet appareil qui reste très fermé et qui ne dialogue elle même qu’avec un réseau intellectuel étroit et peu renouvelé lui-même. Notre parti a connu plusieurs phases de belles ouvertures (Etats Généraux de 1993, débats du lendemain de 21 avril, référendum interne de 2005, débats participatifs de 2006), il doit très vite sortir de sa phase de réassurance et de repli sur un appareil fermé. Alors oui le pouvoir de sélection des élites politiques (responsables, élus…) doit à nouveau revenir aux adhérents et totalement aux adhérents. Les adhérents ont le pouvoir de désigner leur secrétaire de section, leur premier secrétaire fédéral, leur premier secrétaire national et désormais ce sont tous les électeurs de gauche qui peuvent désigner le candidat à la présidentielle. Alors le combat démocratique qui nous attend dans ce parti devra toucher aussi bien de la question du mode d’organisation de nos débats, du mode d’écriture collective de nos textes, du rapport à la démocratie participative et aux réseaux sociaux et enfin à la mise à mal des processus de cooptation verticale quand une bonne part de l’appareil continue à s’auto-sélectionner dans un mécanisme infernal ou les chefs à plumes désignent les sous-chefs qui désignent les sous-sous chefs dans un clanisme totalement archaïque ou chacun croit toujours détenir un pouvoir d’agir et de penser sur les autres.

Les primaires sont une superbe avancée démocratique. Réussissons-les ensemble et qu’elles soient le prélude à une nouvelle période de réflexion et d’innovations démocratiques profondes pour faire du PS, le parti contemporain dont la gauche et la France ont plus que jamais besoin.

 

 

 

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HAMEAU 23/05/2011 11:20


Moi aussi - à priori - je soutiendrai François HOLLANDE !
Merci Didier de tes analyses et de tes commentaires ...
JLouis


André Guidi 23/05/2011 11:01


M. l'Adjoint au Maire de Paris,

je souhaite que votre voix au sein du PS soit plus entendue, tant il est vrai qu'il y a un PS à deux niveaux :

- celui du peuple militant qui a un idéal et des idées issues du terrain et de la confrontation avec l'injustice sexiste et de classe,

- celui d'une élite quelque peu cynique à de rares exceptions près, recrutée par les grands lycées Parisiens puis Sciences-Po et l'ENA, qui truste les postes au bureau national et se présente aux
élection.

Votre combat est courageux. Vous êtes inventif.

Puisse l'avenir vous réserver une place à la hauteur de votre talent.

Quel que soit l'avenir et la place de l'appareil au sein du PS, ne quittez pas svp le navire. Soyez patient. Soyez persévérant. Un jour l'histoire vous donnera raison.

Salutations respectueuses.

André Guidi


Hernando HERRERA 23/05/2011 08:26


Excellent Didier, je partage pleinement ton avis sur les primaires. Je soutien aussi à François.
Bonne journée à toi