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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

La méthode du contrat comme fil rouge de notre futur projet.

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Le mode de gouvernance de la Présidence Sarkozy inauguré en 2007 est inédit sous la 5ème République. Savant dosage incohérent de centralisation absolue du pouvoir, de confiance dans une technocratie à la solde de l’Elysée, d’ouverture politique avec les nominations contrastées au sommet de l’Etat, de mise de côté du rôle des ministres et surtout de l’incapacité à fonder des négociations, des compromis, des contrats avec tous les partenaires institutionnels et politiques de l’Etat. Nicolas Sarkzoy se voulait un réformateur volontaire. Il a choisi la méthode Tatcher pour des réformes de fer, impopulaires et dures pour le plus grand nombre de salariés et de catégories, complices et  indécentes pour la petite clientèle qui peuple l’univers de sa ville d’élection. Mais ce qui est frappant dans la méthode Sarko, c’est qu’elle ne laisse place à aucun débat public et qu’elle n’associe jamais quelque partenaire que ce soit. Tout le monde doit se plier aux vues du Président. Alors même qu’une bonne loi a été votée pour affirmer que la négociation sociale avec les syndicats doit précéder toute disposition législative normative socialement, c’est exactement l’esprit inverse qui a présidé à la négociation sur les retraites. La réforme territoriale aurait pu être une belle réforme si elle ne s’était pas faite contre les élus mais avec eux. Le grand emprunt aurait pu être une belle idée si justement les collectivités locales qui fournissent 75% de l’investissement public avaient été associées. La vision du grand chantier universitaire aurait pu être partagée si elle n’avait servi de prétexte à des petites provocations dans le cadre d’une campagne régionale vouée à l’échec. Le grand Paris aurait pu être un beau chantier – la consultation des architectes était par exemple un beau sujet - s’il avait autre chose qu’une médiocre machine de guerre contre Jean-Paul Huchon, Bertrand Delanoë et la majorité des départements franciliens, le tout avec une méthode technocratique que plus aucun gouvernement n’avait osé pratiquer depuis les années De Gaulle. Et in fine, la seule fois où le gouvernement Fillon-Sarkozy tentera une consultation large et publique ce sera pour débattre de façon nauséabonde de l’identité nationale. Débat public qui fera flop, alors qu’en son temps Jacques Chirac, par exemple, avait su mener un vrai débat public sur les questions de laïcité.

Cette méthode de la tension, de l’affrontement, de la gesticulation et de la réforme par le passage en force doit poser aux socialistes la question de la méthode et pas seulement du contenu de notre projet ou programme futur.

Nous devons impérativement réhabiliter la notion de contrat et de compromis en 2012. L’Etat doit réapprendre à contractualiser avec les collectivités locales. Annuler la réforme territoriale ne suffira pas, il faudra avec les collectivités locales envisager une nouvelle étape franche de la décentralisation. Au delà des compétences et des simplifications à opérer, l’Etat doit passer un contrat et pas seulement avec les régions, mais avec chaque niveau de collectivité locale en particulier sur tout ce qui touche à l’investissement public et le calendrier de ces contrats doivent également coïncider avec les calendriers électoraux parce que les citoyens doivent justement s’approprier par le débat public ce que peuvent et doivent faire ensemble l’Etat avec les collectivités locales, ainsi d’ailleurs qu’avec les institutions européennes dont les financements ne sont jamais mis en valeur dans notre pays alors qu’ils le sont systématiquement chez tous nos voisins. Par ailleurs, il y a une manœuvre pénible dans la décentralisation mode Raffarin sur les transferts de compétences puisque les dépenses à caractère obligatoire ont été transférées mais non compensées d’où l’étranglement de beaucoup de départements. Pourquoi ne pas imaginer par exemple définir une part de l’imposition qui soit à la fois nationale et locale et qui serait alors affecté à ces fameuses dépenses à caractère obligatoire sur le même mode que l’Etat social d’ailleurs. Quand le nombre de chômeurs explose, les cotisations augmentent. Quand le nombre de RMIstes augmente pourquoi les départements devraient en assurer seuls la charge, y compris au regard du niveau d’imposition ?

Un débat national sur la question du niveau de service public sera autrement plus utile que celui sur l’identité nationale. Là aussi, les citoyens doivent pouvoir maîtriser qui doit assurer quel service public. Il ne suffira pas de dire en 2012 qu’il faut plus de policiers, d’enseignants, d’infirmières ou de transport public pour régler la question. La notion de service public ne se résume pas au périmètre de l’Etat et des partenaires privés sont parfois très efficaces comme opérateurs et prestataires de services publics. Nous ne devons pas être de simples Monsieur Plus, mais d’abord des Monsieur Mieux. Et si de nouveaux services publics pourraient être créés (un service public de la petite enfance par exemple) ou bien des services privés mieux contrôlés par la puissance publique (fonctionnement des auto-écoles par exemple), c’est bien l’ensemble des services publics qui doivent faire l’objet d’un débat national mais aussi lié au débat sur la décentralisation car on finit trop souvent par oublier qu’un grand nombre de services publics sont désormais des services publics locaux.

Le débat et le contrat doit aussi être le fil rouge de la politique de sécurité. Mettre tous les partenaires « producteurs » de sécurité c’était bien la méthode mise en place par Chevènement et Vaillant sous Jospin et qui avait été déjà initiée par Rocard et Quilès. Après une avalanche de lois dont la plupart n’ont d’ailleurs jamais vu le moindre décret d’application, force est de constater qu’au lieu d’insulter les élus locaux qui sont les premiers à percevoir et comprendre la demande de sécurité des citoyens, qu’ils soient de droite ou de gauche, la bonne réponse consiste au contraire à les impliquer et c’est bien en renforçant la méthode des CLS que l’efficacité sera au rendez-vous. Les contrats locaux de sécurité là-aussi doivent impliquer chaque niveau de collectivité locale. Si les policiers municipaux ou agents de surveillances sont d’abord des questions municipales, les acteurs de la prévention sont bien souvent sous l’égide du département et non pas du maire comme une loi a tenté maladroitement de le définir. Il faudra bien un jour qu’un gouvernement arrive à faire entrer la sécurité dans le champ du consensus républicain comme l’est la Défense nationale. Pour n’importe quel observateur étranger notre pays est un bien étrange pays qui est capable d’avoir un total consensus sur la sécurité extérieure et de faire semblant de s’empailler sur la sécurité intérieure. La réalité est pourtant simple : existe t’il un seul élu de la République qui souhaite voir l’insécurité des citoyens augmenter ? François Mitterrand a réussi a inscrire définitivement le consensus Républicain sur les questions de sécurité extérieure et de défense nationale, le prochain Président de la République de gauche aura pour tâche de faire en sorte que le traitement des questions de sécurité ne puisse plus faire l’objet de polémiques stériles et absurdes qui ne visent, comme l’a dit Daniel Cohn Bendit qu’à prendre les français pour des cons. Faites lire 10 contrats locaux de sécurité (5 signés par des maires de droite et 5 par des maires de gauche) à un étudiant de Science Politique et demandez-lui ensuite de donner la couleur politique ensuite du maire et vous verrez qu’il sera bien emmerdé. Ce consensus Républicain est déjà intégré par les maires, il doit le devenir au niveau national. L’échec lamentable de 8 ans de gouvernement UMP sur ces questions rend le moment très favorable.

La méthode du contrat doit aussi être appliquée dans le rapport entre l’Etat et les politiques européennes. Le principe de subsidiarité n’a jamais été complètement explicité, il doit pourtant permettre une vraie clarification et si nous voulons à nouveau être acteur de la construction européennes comme l’ont été François Mitterrand et Jacques Delors, il faudra bien définir le qui fait quoi en mettant aussi au crédit de l’Europe ce qui doit l’être et sortir de cette posture stérile qui consiste à toujours mettre les failles sur le dos de Bruxelles pour ensuite s’étonner que la France vote Non…

La méthode du contrat doit également être réhabilitée pour les politiques sociales. Le rapprochement historique entre la CGT et la CFDT est sans doute une très bonne nouvelle pour la démocratie sociale et doit permettre à un futur gouvernement de gauche de mener de belles avancées sociales justement en passant par la méthode contractuelle. 35h, salaires, conditions de travail, retraites, le contrat avant la Loi doit aussi être la gouvernance future même si cette promesse a déjà été faite en 2008 mais est restée pour l’instant lettre morte.

Enfin, last but not least, la méthode du contrat doit aussi être celle qui régit les relations entre les partis d’une future « gauche plurielle 2012 ». La victoire de 1997 s’est construite sur un rejet mais elle n’était pas assise sur un contrat partagé entre les 5 membres de l’ex gauche plurielle. Il faut impérativement qu’entre l’élection présidentielle d’un ou d’une président(e) de gauche et l’élection législative qui suit ce soit bien un contrat de mandature qui soit soumis au vote et l’idéal serait d’ailleurs que les circonscriptions fasse l’objet d’une vraie négociation pour permettre en tout cas aux trois grands partis de la gauche de disposer d’un groupe parlementaire en échange de quoi tous les députés élus se sentent engagés par le socle commun qui servira de contrat de mandature, à l’image de la façon dont les choses se déroulent dans une élection municipale ou régionale.

Le Sarkozysme a démarré par une mobilisation citoyenne exceptionnelle (84% de participation électorale). Il sombre dans un rejet exceptionnel de sa politique mais plus largement du politique. C’est la raison pour laquelle le mode de gouvernance et le rapport aux citoyens sera tout aussi important que de savoir le nombre de promesses électorales que nous ferons pour gagner cette future élection. Nous aurons assurément un devoir de vérité et de rigueur, comme un devoir de créativité et d’invention. Un devoir de justice mais aussi un devoir de gestion. C’est la raison pour laquelle au delà de toutes les propositions que nous serons en situation de faire, il me paraît aussi important de définir la façon dont un gouvernement de gauche pourra redonner confiance dans les acteurs publics. Le contrat est une méthode qui permet de renouer un lien de confiance et ce sera plus que nécessaire après 5 années d’une gouvernance Sarkozy dont il ne restera peut-être qu’un seul mot pour la définir : la défiance.

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marc -ps44 05/10/2010 22:26


c'est que thatcher, en anglais, c'est chaumeur... celui qui couvre les toits de chaume.


André Guidi 08/09/2010 17:14


Monsieur l'adjoint au maire de Paris,

je trouve que ce billet pose les prémices d'une
excellente feuille de route de la gauche française
pour les échéances à venir.

Salutations respectueuses.

André Guidi