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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

La majorité introuvable

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La réflexion que je veux ici conduire m’est venue à la suite des dernières élections italiennes. Le peuple italien s’est mis pour la énième fois dans la situation de rendre son pays ingouvernable en votant pour un gros tiers pour la gauche, un moyen tiers pour la droite et un petit tiers pour un amuseur public qui ne peut faire alliance ni pour l’un ni pour l’autre. Cette situation est en fait assez récurrente dans un pays où le parti qui gouverne n’obtient en général qu’à peine un peu plus d’un tiers des voix. Passons de notre côté des alpes pour réaliser à quel point notre démocratie ressemble comme deux gouttes d’eau à l’Italie. La seule chose qui sauvait notre système c’est le scrutin majoritaire uninominal à deux tours pour les élections présidentielles ET pour les élections législatives. Ce mode de scrutin a un avantage indéniable : obliger au tour décisif à voter entre la droite ou la gauche ou en tout cas avoir un choix restreint de sorte que l’élu obtienne forcément la majorité des voix sur son nom. Mais ce mode de scrutin d’une efficacité redoutable pour la stabilité de nos institutions a un immense défaut : il masque le vrai rapport de force et créé des majorités qui sont totalement artificielles et d’une fragilité immense. D’ailleurs si on met de côté l’exception de 2007, le peuple français a envoyé de larges majorités nettes (ce ne fut ric rac qu’en 1988) et pourtant depuis 1978 chaque élection législative s’est traduite par une alternance politique, 2007 n’échappant à la règle qu’à la faveur d’une élection en trompe l’œil où l’heureux élu a réussi l’exploit de se faire élire sur un slogan de « rupture » et a pu presque paraître comme incarnant une forme d’alternance ! Toute assemblée reposant sur une faible assise de départ est soumis à l'incapacité à être réélue. Ce régime d'alternance parlementaire est une particularité de la France alors que chez nos voisins allemands, espagnols ou anglais, l'alternance se produit en général après 2 ou 3 législatures. 

 

Un tour peut en cacher un autre !

 

L'explication de l’immense fragilité de la confiance dans nos gouvernants réside bien dans ce décalage total entre une nette majorité due à un mode de scrutin laminoir et une assise électorale en réalité bien plus étroite que le tour décisif. Nos gouvernants gouvernent la France en croyant s’appuyer sur la majorité du second tour alors que leur assise électorale ne repose que sur la faiblesse d’un score de premier tour.

 

Le cas le plus ahurissant restera celui de Jacques Chirac en 2002. Il réussit l’exploit de faire le pire premier tour d’un Président de la République avec le soutien d’un peu moins de 20% des électeurs qui se sont déplacés. Et fait le meilleur score jamais obtenu dans notre démocratie au second tour avec 82%. Ce cas est extrême. Mais prenons le cas suivant. Nicolas Sarkozy est élu avec 53% des voix en 2007. En réalité son électorat et sa base ce sont les 31% qui ont voté pour lui au premier tour et le poids de l’UMP restera à peu de chose près le même à toutes les élections intermédiaires qui suivront, pourtant toutes marquées par des défaites générales. Très vite le Sarkozysme s’aliénera les 20% qui ont voté pour lui au second tour mais pas au premier et ses gouvernements seront tous impopulaires et perdront d’ailleurs toutes les élections intermédiaires alors même que l’UMP conserve à peu près le même socle. Il y a bien une nette majorité au parlement pour un seul parti, l’UMP mais qui repose sur une fiction puisque seul un petit tiers de l’électorat se retrouve dans ce parti.

 

 

Le seul gouvernement de coalition parlementaire s'est crasché en abordant l'élection présidentielle comme une élection à la proportionnelle.

 

Le paradoxe, c’est que la seule fois depuis 1981 que nous ayons connu une majorité législative qui s’appuyait sur une coalition large de partis ce fut l’expérience de la gauche plurielle autour de Lionel Jospin qui dura bien 5 ans. D'ailleurs c'est la seule période gouvernementale où une majorité n'a perdu aucune élection intermédiaire sous la 5eme République.  Cette réussite s'est terminée par cette absurdité totale où chaque composante présentait son candidat à la Présidentielle. La seule belle coalition parlementaire de notre 5ème République s’est écrasée sur la logique présidentielle qui est tout sauf une élection à la proportionnelle.

 

Tout gouvernement a structurellement une vocation minoritaire.  

 

Cette totale distorsion entre une majorité politique réelle et sa réalité potentielle est le facteur n°1 de l’incapacité de tous les gouvernements depuis 40 ans à rester « populaire » dans la durée et à crée un rapport de confiance durable à l’opinion. C’est bien parce que la vérité du scrutin majoritaire repose sur un mensonge (50,01% qui parle pour 30%) que nous vivons crise de confiance sur crise de confiance et malaise démocratique sur malaise démocratique. Et cela s’inscrit structurellement dans la durée. Pendant longtemps la droite parlementaire a connu un socle électoral qui ne descendait jamais en deçà de 40% des voix (obtenues notamment lors des vagues roses de 1981 et 1988 et même 1997 !). Depuis le choix de l’UMP ce n’est même plus le cas et ce parti n’a jamais retrouvé ces 40%.

Or notre démocratie semble durablement s’inscrire avec une situation qui ressemble finalement assez à l’Italie : une droite qui veut bien gouverner qui s’appuie sur un socle de 30% des voix, une gauche qui veut bien gouverner qui s’appuie sur un socle de 30% des voix (PS+Verts) et de l’autre un ensemble protestataire et radical qui se nourrit de plus en plus du rejet, du tous pourris et de l’anti-système et qui a longtemps été l’apanage de l’extrême droite autour de Jean-Marie Le Pen, de l’extrême gauche avec Arlette Laguiller et depuis peu un Jean-Luc Melenchon qui se met à sauter à pied joint dans les flaques du populisme.


Cela signifie concrètement que si des électeurs de Le Pen ou de l’extrême gauche ou de la gauche radicale se retrouve le temps d’un dimanche sur un vote d’élimination, ils se retrouvent très vite dans la logique du rejet et de l’opposition et donc tout gouvernement « socialiste » ou tout gouvernement « UMP » est donc structurellement condamné à vivre un soutien minoritaire de l’opinion.

 

La tentation hégémonique, l'erreur originelle de la législature 2012 .

 


Aujourd’hui, nous vivons une situation assez similaire. François Hollande a été élu avec près de 52% des voix mais sa majorité gouvernementale, si elle dispose d’une confortable majorité parlementaire, ne repose que sur ceux qui ont voté François Hollande et Eva Joly au premier tour des présidentielles, soit le même score que celui de Nicolas Sarkozy en 2007.

Au fond dans cette législature très difficile pour la gauche, l’erreur originelle aura été double et s’est jouée lors de la campagne législative de 2012. Pour franchir la barre des 50% des voix, ce sont les électeurs de François Bayrou et de Jean-Luc Mélenchon qui ont permis à François Hollande de l’emporter auxquels s’ajoutent une poignée d’électeurs de Marine Le Pen. Or, le PS trop impatient d’atteindre à nouveau la majorité absolue au parlement a sombré dans son pire travers à savoir l’arrogance ou l'hégémonisme en présentant un candidat face à Jean-Luc Melenchon et une candidate face à François Bayrou.Ces 2 candidats ont obtenu près de 20% des voix à eux deux. Près de 8 millions de voix. 8 millions de voix qui ont pesé lourd dans les 18 millions de voix obtenues par François Hollande le 6 mai 2012. Or en barrant la route du parlement à ces 2 leaders de la « majorité présidentielle de fait » le PS a commis une faute irréparable pour le quinquennat qui s’ouvrait. Il marquait bien plus que nécessaire qu’il ne comptait gouverner qu’en s’appuyant sur les 11 millions de voix de François Hollande et Eva Joly. Ce pêché originel pèse lourd symboliquement dans l’incapacité du PS à construire une majorité "politique". Le PS aurait du prendre la responsabilité de retirer ses candidats dans ces 2 circonscriptions. Je ne crois pas que Mélenchon était disposé à entrer au gouvernement. Mais son radicalisme avait vocation à être canalisé dans l’enceinte du Parlement où il avait toute sa place. Et d’ailleurs au risque de choquer, je trouve normal qu’il y ait des députés du FN quand plus de 6 millions de français ont fait ce choix en avril 2012.

Par ailleurs, je crois sincèrement que la vraie majorité politique était celle qu’avait imaginé Vincent Peillon lors d’une rencontre d’Espoir à Gauche à Marseille, à savoir le PS + les Verts + les radicaux + le Modem + des personnalités issues de l’aventure communiste mais qui refusent l’aventurisme du néo-chavisme. Il fallait oser et nous avons fait le choix de l’étriqué.

 

Vive la 7ème République


Il faudra sans doute attendre l’introduction d’une dose de proportionnelle pour voir enfin se créer des majorités politiques qui reposent sur des majorités plus larges que des partis qui pensent pouvoir parler au nom de 50% des français quand ils n’ont la confiance au départ que de 30%. Je ne suis pas pour une proportionnelle intégrale pour l'élection de l'Assemblée nationale qui aurait pour effet de plonger la France dans les affres de l’impasse italienne. En revanche, je trouverai finalement assez juste que le sénat soit lui élu à la proportionnelle intégrale car nous aurions bien là une vraie majorité introuvable mais cela forcerait tout gouvernement à dialoguer de façon plus large pour trouver de vrais et larges consensus, à condition qu’au final l’Assemblée Nationale ait toujours le dernier mot. 

La plupart des démocraties parlementaires ont une vie politique beaucoup plus stable car les coalitions politiques sont justement des coalitions forcément larges qui reposent sur une assise électorale bien plus forte.

Alors si la 6ème République est préemptée par le révolutionnaire Jean-Luc Mélenchon, mettons nous vite au boulot pour préparer déjà la 7ème République, celle qui obligera nos gouvernements à trouver de larges majorités pour faire avancer et réformer avec le soutien et l’assise populaire indispensable à toute réforme. Indispensable pour toute période de crise. 

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DRUT GORJU ELIANE 23/04/2013 13:10

Je ne pense pas que nous sommes comme les italiens ;pas de femmes connues en politique italienne (en Europe, il y a des italiennes illustres )! nous n'avons pas de Pepe Grillo et surtout pas de
Dario FO ..
mais on a d'autres inconvenients .. cumul ,surtout !