Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

La fin de la cooptation pour faire entrer le PS dans le 21ème siècle

com

Notre parti a fait d’énormes progrès en matière de rénovation démocratique depuis 25 ans. Combien d’adhérents peuvent imaginer ce qu’était un vote de congrès au début des années 1990 quand il fallait voter pour telle ou telle motion à main levée avec toutes les pressions directes ? A cette époque il y avait également un système de « mandats » qui rendait les votes fort peu sincères puisque c’étaient les cartes « achetées » qui faisaient foi et non pas les votants réels. Un tel système est encore fréquent dans la démocratie syndicale ! 

J’ai été 4 ans permanent du parti au siège du PS de 1990 à 1994. J’ai connu 4 premiers secrétaires car chacun d’entre eux se retrouvait en minorité au conseil national et nous passions alors de putsch en putsch dans des jeux d’alliances invraisemblables où tout se terminait à 2h du matin. C’était la même chose dans les fédérations et sections. C’est Lionel Jospin s’appuyant sur les réflexions des Etats Généraux de 1993 qui a fait le plus grand pas en avant dans la rénovation démocratique du PS. En 3 ans, le vote est devenu secret avec passage obligatoire par l’isoloir. Et à partir de 1995, le premier secrétaire de section, de fédération et national devait son élection au vote direct des adhérents et non plus à aux petites alliances d’apparatchiks qui se cooptaient entre eux. Lionel Jospin ne me semble ni être un dangereux révolutionnaire, ni un utopiste farfelu. Il avait parfaitement compris l’importance et la force du vote. D’ailleurs c’est lui qui a inauguré en 1995, la première primaire présidentielle qui était alors militante mais qui a déjà contribué à redorer le blason du PS.

 

Depuis nous vivons toujours avec ce système de double légitimité. Un tiers des dirigeants élus directement par les adhérents et puis deux autres tiers des représentations dans les instances nationales, fédérales et de section liées à la représentation proportionnelle des motions avec un mécanisme qui reste le même. Les grands chefs désignent les sous-chefs qui désignent les petits chefs. La fidélité et l’allégeance aux grands et petits parrains de tout poil restant la principale porte d’entrée dans les instances. L’important étant d’ailleurs d’être reconnu par les parrains au moment du congrès parce qu’après la motivation pour remplir le mandat retombe très vite mais tout le monde s’en moque car les instances ne sont pas là pour délibérer, pour discuter, pour débattre, pour trancher, pour décider. Elles ne sont là que pour refléter la guerre d’influence de chacun des grands et petits parrains. Quand on doit son « mandat » dans les instances, à sa seule proximité avec tel ou telle, le sens des responsabilités n’est pas exactement le même que quand on le doit à la confiance des adhérents directement.

 

D’ailleurs je veux ici témoigner d’un rapport très étonnant à ce mode de scrutin. Patrick Bloche qui a été premier secrétaire fédéral de Paris les mêmes années où je fus secrétaire de section avait choisi de réunir très régulièrement une instance qui n’existe pas dans nos statuts. Le comité de section. Il s’agissait de réunir les secrétaires de section. Cette instance était une vraie instance de délibération et les paroles échangées étaient bien plus vraies, plus riches, plus percutantes, plus en relation avec la situation politique que tout ce que j’ai pu entendre dans le conseil fédéral où la parole était totalement formatée par les courants mais du coup d’une pauvreté totale car on pouvait quasiment deviner à l’avance ce que chacun allait dire en allant chercher les argumentaires pré-machés sur les sites de motions et sous motions.

 

Cette double légitimité produit 2 façon de se comporter. Quand on est élu directement par les adhérents on devient leur porte parole. Quand on est élu par ses pairs et parrains au dessus, on devient leur porte-flingue. Et bien je préfère le parti des portes paroles au parti des portes flingues. C’est tellement plus intéressant  

Alors peut-on changer ce rapport étrange à la cooptation verticale ?

La première chose que l’on peut faire c’est de rééquilibrer les instances en faveur de ceux qui sont élus directement. Ainsi nous proposons que le CN soit composé de 102 premiers secrétaires fédéraux, de 102 secrétaires de sections et de 102 membres élus à la proportionnelle des motions avec un vote préférentiel par fédération.

Qu’est ce que le vote préférentiel ?

Le vote préférentiel, ou mode de scrutin « Condorcet » est le mode de scrutin qui est sans doute le plus juste car il fait peser la préférence aussi bien au plan positif que négatif. Ainsi un chercheur avait pu démontrer que si le premier tour des élections présidentielles avait lieu avec le mode de scrutin dit « condorcet », le FN ne pourrait en aucun cas être qualifié pour le second tour. Car être qualifié avec 17% des voix quand 80% des français vous rejettent est un non sens démocratique.

 

Comment peut-on voter pour ses responsables avec la proportionnelle des motions : l’exemple du vote préférentiel à la section JBC.

 

En 1997, j’ai été élu secrétaire de section de la section 18ème JBC. Le jour du vote sur les motions, la motion Hollande avait obtenu le même score qu’au niveau national soit 84%. Et nous nous sommes retrouvés à 5 en AG de motion pour désigner les 20 personnes qui devaient constituer la CA. Et tous les camarades motivés et intéressants oubliant de siéger à cette AG de Motion. J’ai alors trouvé hallucinant cette règle de la désignation en AG de motion. La première AG qui a suivi j’ai fait voté par la section un règlement intérieur instituant l’élection directe des membres de la CA ainsi que des membres des instances fédérales avec le vote par classement préférentiel. Cela a marché aux congrès de Grenoble (2000), Dijon (2003), Le Mans (2005), Reims (2008).

Cela signifie qu’avant le vote, chaque candidat aux instances de section et fédérales se présente avec un texte expliquant son parcours, ses savoir-faire et ses motivations avec photo. Le jour du vote il y a un bulletin de vote par motion et sur le bulletin de vote de sa motion figurent les candidats de sa motion et uniquement de sa motion en 2 colonnes hommes et femmes et par ordre alphabétique. Ainsi il suffit alors de classer les candidats hommes puis les candidates femmes de 1 au nombre de candidats, 1 étant le chiffre de plus grande préférence. Par exemple, si une Motion atteint un chiffre qui lui donne droit à 18 sièges, on retient les 9 hommes qui obtiennent le plus faible score et les 9 femmes qui obtiennent le plus faible score.

J’ai souvent entendu dire que c’était une usine à gaz. Des camarades habitués à placer leurs pions à tous les échelons ont même osé m’expliquer que je pratiquais le tir aux pigeons ! Parce que quand 2 ou 3 personnes s’arrangent dans un bureau loin de tout, c’est quoi au juste ? C’est vrai que le dépouillement ne peut se faire qu’avec plusieurs ordinateurs et de bons classeurs excel. Il va durer une ou deux heures de plus. Mais à la sortie chaque membre des instances doit son élection à la confiance qu’il a obtenu des adhérents et non pas à son appartenance, son allégeance ou son affiliation à tel ou tel grand élu ou chef à plume.

Je peux témoigner que chacun de ces votes a toujours donné des résultats très justes. Ceux qui bossent, rassemblent, travaillent et savent être dans l’esprit d’équipe ou l’intelligence collective sont reconnus très facilement par les adhérents. Ceux que l’on ne voit jamais mais qui viennent tous les 3 ans en expliquant qu’ils sont très importants parce qu’ils ont telle ou telle étiquette s’en sortent eux nettement moins bien. 

Ce mode de scrutin confère à la fois sens aigu des responsabilités d'une part et grande liberté d’appréciation et d’expression d'autre part à ceux qu’il fait émerger. 

Ainsi un tel mode de scrutin pourrait parfaitement s’appliquer pour les 3 niveaux de responsabilité sans abandonner le vote pour les motions. Nous ne voulons pas abandonner les motions, mais bien les remettre à leur place. La majorité des membres du Conseil national doivent être élus directement par les adhérents et pour les autres, je suggère que chaque adhérent se prononce pour les candidatures aux instances locales et fédérales de sa section et pour les candidatures aux instances nationales dans sa fédération. Les motions devant alors composer leur représentation non pas en s’arrangeant au sommet comme viennent de le faire bien loin des adhérents les responsables de la Motion 1, mais bien en fonction des candidats qui auront retenu l’attention et la confiance locale des adhérents. Un tel mode de scrutin permettra d’ailleurs de décentraliser notre parti et non plus d’avoir un parti pourtant riche en élus mais qui ne fait émerger des responsables que dans des sphères qui restent très parisiennes. C’est d’ailleurs tellement vrai que les Bureaux Nationaux et les Conseils Nationaux n’ont plus lieu qu’à des horaires et des jours totalement incompatibles avec tout responsable qui a une vie et un travail loin de Paris.

 

Les primaires doivent devenir la règle.

 

Les primaires citoyennes ont été une grande réussite. Mais avant ces primaires citoyennes, je constate que les militants ont toujours été friands des primaires militantes et qu’à chacune d’entre elles, le PS est sorti grandi et rassemblé de ces moments de vérité. La primaire de 1995 entre Lionel Jospin et Henri Emmanuelli a boosté la campagne de Lionel Jospin. La primaire de 2000 entre Bertrand Delanoë et Jack Lang a boosté la campagne de Bertrand Delanoë en 2001. La primaire de 2006 a boosté la campagne de Ségolène Royal. Et j’ai pu testé moi même le processus en me présentant face à Daniel Vaillant en 2007 pour la tête de liste du 18ème et le rassemblement a été au rendez-vous après. Le seul bug connu à ce jour est effectivement la primaire Royal/Aubry pour l’élection du premier secrétaire à l’issue de Reims. La direction du PS a choisi de changer le mode de scrutin du premier secrétaire pour officiellement ne pas reproduire le scénario de Reims. Or, on a choisi de redonner le pouvoir aux motions pour ne pas refaire Reims alors que le bug de Reims n’était pas dans la dépossession des motions, mais uniquement dans le fait que le vote n’était pas sincère.  La question de la fraude n’a pas été totalement évacuée même si les primaires citoyennes de 2011 ont été elles exemplaires. Permettez moi d’ailleurs d’avoir quelques doutes sur le bon déroulement du scrutin dans ce congrès dans quelques grosses fédérations habituées aux petits arrangements. 

Il faut donc revenir à la règle de 1995 et faire en sorte que les militants puissent trancher entre 2 candidats, y compris s’ils sont de la même motion. D’ailleurs dans ce congrès qui se déroule, il y a quantité de fédérations de sections ou de fédérations où des primaires auront lieu au sein de la Motion 1 pour choisir le secrétaire de section ou de fédération et cela ne choque personne !

Dans ce congrès, on va nous jouer la fable de la démocratie puisque le candidat « désigné de la Motion 1 » Harlem Désir pourra être confronté officiellement au premier signataire de la seconde motion qui sortira des urnes le 11 octobre. J’espère d’ailleurs que ce sera la Motion 5… Dans les faits il y aura donc bien un vote des militants le 18 octobre.

Sauf que pendant 2 mois tous les français auront été pris à témoin d’une bien curieuse campagne entre 2 candidats auto-proclamés, Harlem Désir ET Jean-Christophe Cambadélis. Et que le vote a été confisqué au profit d’une « régulation » au sommet de la Motion 1. Je ne doute pas que si les militants avaient eu ce choix, ils auraient sans aucun doute et moi avec choisi Harlem Désir. Pourtant nous n’aurions pas assisté à ce grand déballage qui a alimenté 3 semaines de page 2 du canard et débouché sur une sortie pour le moins pas très classe de notre première secrétaire Martine Aubry. Ce qui vient de se passer ne doit plus jamais se passer.

Le PS a eu l’audace de faire confiance à 3 millions de Français pour désigner notre Président de la République. Il vient d’avoir l’audace de faire confiance à 3 personnes pour désigner celui qui dirigera le parti pendant 3 ans. On est passé des primaires au tertiaire.

Nous devons clairement affirmer que les militants doivent systématiquement trancher tout choix de personnes et que si toute ambition est légitime, seul le vote des adhérents doit en être le régulateur. 

C’est pourquoi nous proposons que le vote du premier secrétaire se fasse sur le même mode que de 1995 à 2008, mais non plus après le congrès mais au contraire avant le congrès et que le choix du vote des motions intervienne après ce choix qui permet une stabilisation du congrès avec l’élection d’un responsable menant les débats élu à plus de 50% du vote des adhérents. 

Le PS doit donc définitivement achever la réforme engagée par Lionel Jospin en 1995 et faire en sorte désormais que chacun de ses dirigeants soit désormais élu directement par les adhérents et que cela peut aussi se faire avec le mode de scrutin proportionnel, même si nous préférons le vote direct.

 

Dans ce congrès, tout le monde se met à parler d’innover ou d’innovations démocratiques, alors méfiez vous des contrefaçons et si vous voulez faire entrer de plain pied notre parti dans le 21ème siècle, le choix le plus clair est de voter pour la Motion 5, la seule qui propose non seulement d’abandonner définitivement la cooptation verticale mais qui explique comment le faire. 

 

Le 11 octobre, je vote Motion 5 - www.toulousemoncongres.fr

 

 

 

Print
Repost
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Gilles 24/09/2012 19:52

Vu.