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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Il faudra bien un jour casser le périphérique.

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Nous fêtons en ce moment le 150e anniversaire de la création des arrondissements parisiens et c’est effectivement en 1860 que les frontières actuelles de Paris seront presque définitivement créées. Dans les années 20, il y aura encore quelques parcelles à basculer de part et d’autre de ce tracé qui sera couronné de cette horreur qu’est le périphérique 100 ans plus tard. Quand Thiers décide d’absorber un certain nombre de villages et faubourgs il le fait en s’arrêtant à l’enceinte militaire dite des fortifications et coupe en 2 plusieurs de ces villages. 2 exemples pour illustrer : le faubourg de Montmartre allait beaucoup plus au nord en occupant un tiers de ce qui est aujourd’hui la commune de Saint Ouen. De l’autre côté Montrouge est amputé de 40% de son territoire qui compose un gros quart de l’actuel 14ème arrondissement.

De Paris à la métropole…

Aujourd’hui, la métropole s’est développée bien au delà de ces faubourgs et de la première ceinture puisque les 2,1 millions de parisiens vivent dans cet anneau de 105km2 (86km2 si on lui retire les bois non habités), et plus de 10 millions de franciliens vivent dans la continuité urbaine que l’on peut considérer comme la métropole. La métropole n’est ni la zone dense (Paris et les 3 départements de la 1ère couronne, l’ex département de la Seine dépecé à la fin des années 60), ni la région, encore très majoritairement territoire à dominante rurale (rappelons que le seul département de la Seine et Marne est plus vaste à lui tout seul que les 7 autres départements franciliens réunis). La métropole c’est la continuité urbaine de Paris,  cette continuité qui va loin du côté de Marne-la-Vallée, Roissy, Evry ou encore de Cergy-Pontoine. Elle s’arrête au contraire assez vite si on descend au sud-ouest encore largement truffé de belles forêts (Meudon, Versailles, Bièvre…). Ce qui est d’ailleurs intéressant avec Paris Métropole dans l’expérience réussie de préfiguration d’agglomération c’est justement qu’ont adhéré à ce syndicat les villes qui font cette continuité urbaine de Paris.

Paris enfermé, immobilier explosé.

Aujourd’hui aucune grande métropole ni européenne, ni mondiale, ne connaît pareille coupure entre le centre (Paris) et le reste de la métropole. Cet enfermement de Paris est la source d’un marché immobilier tendu défensivement puisque la demande y sera éternellement supérieure à l’offre. Vouloir vivre à Paris à tout prix est un luxe, un must, une marque, un snobisme, un défi qui coûte très cher à ceux qui obtiennent leur ticket d’entrée. Je vais donner un exemple concret qui illustre le caractère hallucinant de cette barrière qui enferme Paris. Un très bel ensemble immobilier mêlant logements à caractère social et accession à la propriété est en cours de réalisation entre le Bd Macdonald et le périphérique entre la Porte d’Aubervilliers et la Porte de la Villette. Il s’agit d’un ensemble pour le moins « enclavé » dans un quartier en devenir. Les logements privés mis en vente sont déjà tous commercialisés à un prix de 5900€ le m2. Il suffit de traverser le périphérique voisin par en dessous ou en dessus pour se retrouver dans le quartier de la Villette à Aubervilliers où là le prix du m2 oscille entre 2700€ le m2 et 3500€ le m2. Soit quasiment du simple au double. Je sais que la marque « Paris » n’est pas la marque « Aubervilliers », mais il faudra bien sortir de cette absurdité ? D’autant plus absurde que ces nouveaux habitants parisiens trouveront sans doute plus de services utiles dans leur vie quotidienne dans le futur centre du Millénaire (centre commercial, restos, cinémas…) qui ouvrira à 2 pas de cet ensemble du côté Aubervilliers, que du côté Paris, même si le programme de Paris Nord Est va bouleverser magistralement ce secteur.

2020 : Paris terminé

Les dernières grandes ZAC et friches urbaines à Paris (Paris Rive Gauche, Paris Bercy, Batignolles, Paris Nord Est) seront achevées d’ici moins de 10 ans et même en créant quelques tours ce qui est souhaitable, le seuil maximum de création de logements neufs sera sans doute atteint avant le début des années 2020. Dans son livre programme publié en 1999, Bertrand Delanoë faisait parler une Bérénice qui décrit Paris en 2020. Et bien Bérénice vivra sans doute dans un Paris qui ne pourra plus se développer davantage et sera donc définitivement asphyxié dans ses 2,1 à 2,2 millions d’habitants avec toujours autant de Franciliens contraints de quitter la ville centre, la ville lumière pour vivre plus au large, en particulier pour les familles, premières victimes de la tension du marché immobilier parisien.

Refaire vivre les villages et faubourgs

Il faudra donc bien réfléchir à d’autres pistes et je vais là en proposer qui sont parfaitement irréalistes. La première proposition très symbolique c’est de recréer les villages d’avant 1860 en leur donnant le double ou triple patronyme. Ainsi les habitants de Montrouge s’appelleraient les habitants de Paris-Montrouge mais des 2 côtés du Périphérique de sorte que ce qui peut paraître comme une nouvelle « annexion » soit en fait une double annexion dans les 2 sens. Les habitants du 14ème retrouveraient ce rapport à Montrouge et inversement. Au nord, les habitants de Saint-Ouen sud pourraient se retrouver à habiter au choix à Paris-Saint Ouen, ou bien à Paris-Montmartre-Saint Ouen ou bien à Montmartre-Saint-Ouen. Les habitants du Pré-St Gervais deviendraient des habitants de Paris-Pré-Saint Gervais là encore de part et d’autre du Périphérique et ainsi de suite. Cela paraît osé ? Mais c’est exactement ce qu’ont fait sans le moindre acte législatif les entreprises qui ont installé leurs sièges sociaux à la Défense ou à Plaine Commune. Ecrivez leur et vous verrez que le code postal est bien dans le 92 ou le 93 mais que vous écrirez à Paris-Saint Denis ou bien à Paris-La-Défense (sachant que La Défense n’est même pas une commune !). Alors pourquoi ce qui est intégré par le monde économique, à savoir que Paris vit aussi en dehors et par dessus le périphérique, ne pourrait pas l’être pour les franciliens. Les parisiens ne vivent pas dans le paradis et les banlieusards dans l’enfer. Il faut faire tomber ce qui est d’abord un effet de marque. Et c’est d’ailleurs justement dans la zone centrale et la première couronne que la zone dense peut encore et doit encore être densifiée. Densifiée parce que c’est là où sont les services publics de qualité et d’abord le service public des transports. Il faut impérativement renforcer le maillage de la première couronne pour faire de cette zone dense le vrai Paris des franciliens, le vrai cœur de Paris Métropole.

Recréer le service public du logement de la Seine.

Recréer le département de la Seine (proposition faite par la commission Balladur en son temps) n’a pas de sens justement parce qu’il ne correspond plus à la continuité urbaine de Paris mais il y a une conquête de l’ex département de la Seine qu’il ne serait pas inutile de refaire vivre, c’est le service du logement social. De cet ensemble, il ne reste qu’une petite SEM, la SEMIDEP commune aux 4 départements centraux, mais c’est bien plus qu’une SEM dont nous avons besoin. Il serait intelligent de recréer un grand service métropolitain du logement social comme avait pu le créer le socialiste Henri Scellier dans les années 30. Il serait intéressant de commencer par le numéro unique de demandeur de logement parce que la fluidité des listes actuelles est quasi inexistante. Chaque ville gère sa pénurie de logement en ayant plus ou moins de règles « limites » de préférence locale. Résultat le demandeur de logement inscrit à Levallois-Perret et qui aimerait bien obtenir un logement à Clichy ou Saint Ouen a bien peu de chances de pouvoir y arriver. Idem entre Paris et ses voisins-voisines. Or si on veut très justement donner de la fluidité pour faire abattre cette frontière artificielle, il est impératif de permettre à un demandeur de logement parisien de pouvoir obtenir un logement très rapidement et facilement de l’autre côté du périphérique et réciproquement bien évidemment. De sorte que le rapport entre offre et la demande serait sans doute moins tendu que le chiffre ahurissant des demandeurs de logement parisien.

Inventer l’annuaire soleil des services publics.

Il y a quelques années, nous pouvions avoir dans nos boites aux lettre un mini annuaire des pages jaunes « privé » qui s’appelait l’annuaire Soleil. Le concept de cet annuaire était intéressant. Très intéressant même car il s’agissait de fournir les pages jaunes d’un rayon de 3 km autour de votre lieu d’habitation. Ainsi pour les habitants du 18ème, les données intégraient le 9ème, le 10ème et le 17ème mais aussi Clichy-la-Garenne, Saint Ouen, Saint Denis et Aubervilliers. Pourquoi 3 km ? Parce que c’est la distance moyenne la plus fréquente des mobilités quotidiennes.  Si là encore le secteur privé a compris que la mobilité pouvait aussi passer dessous le périphérique et pas seulement dessus, il faudra bien que l’on invente un annuaire soleil des services publics locaux. Cela veut dire quoi ? Que les parisiens pourraient bénéficier des mêmes tarifs que les audoniens dans la très belle piscine ou encore la patinoire de Saint Ouen. Et que les audoniens auraient le même tarif dans la piscine Bertrand Dauvin ou de la Jonquière à Paris. Que les bibliothèques municipales d’Asnières, Clichy et Saint Ouen puissent être connectées entre elles comme elles peuvent l’être dans le réseau des bibliothèques parisiennes. Inventer l’annuaire soleil des services publics, cela signifie aussi que les arrondissements périphériques comme les communes de la première couronne fassent la promotion de la vie civique, culturelle et des services publics de leurs voisins. Un exemple parmi d’autre : le parc départemental de la Courneuve qui est une superbe réussite est sans aucun doute le plus grand et le plus beau des parcs situé dans un rayon de 5km autour du 18ème. Combien d’habitants de cet arrondissement en ont tout simplement conscience ? Il faut donc que tout le monde sorte de ses petites citadelles d’arrondissement ou de villes pour que chaque habitant puisse mesurer la chance qu’il a de vivre à côté de Paris ET la chance de vivre à côté de villes dotées de services publics sociaux, civiques et culturels qui sont une vraie richesse bien trop méconnue. Des progrès ont été déjà fait notamment grâce au travail acharné de mon collègue Pierre Mansat. Je pense par exemple à Vélib en première couronne. Mais Paris Métropole doit exister justement par des actes de fluidité et de mobilité concrets et pas seulement sur des questions de définition institutionnelle. Je n’ai pas évoqué la carte scolaire mais là aussi il faudra réfléchir à l’une des données importantes dans le choix préféré pour l’installation parisienne pour les familles.

Voilà autant de pistes qui n’ont que peu de chance de voir le jour à court terme. Leur intérêt est de faire vivre le débat qui sera le débat essentiel des prochaines échéances municipales et territoriales en Ile-de-France dans les 10 ou 20 ans à venir, alors n’ayons pas peur d’être prospectifs et créatifs. Je ne sais pas si Bérénice verra la fin du périphérique, mais j’espère au moins que mes enfants verront de leur vivant la destruction de la pire erreur d’urbanisme du 20ème siècle : le boulevard Périphérique. En attendant, j’ai hâte de voir sortir de terre le premier quartier intercommunal entre Paris, Plaine Commune et Aubervilliers à cheval sur le périphérique au niveau de la Porte d’Aubervilliers. Reste à savoir si ce sera le prix au m2 d’Aubervilliers ou celui de Paris qui l’emportera. Mystère.

 

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Frederic Heliere 23/10/2011 00:45


Très cher Didier,
Ayant habité à Paris dans le 18ème arrondissement et vivant maintenant à Londres, je me suis toujours dis que le périphérique était un frein à l’extension de Paris et de sa croissance économique.
Comme vous le savez sûrement, Londres n’a pas de périphérique (juste le North et le South Circular qui sont des routes qui entourent Londres mais qui ne l’enclavent pas). Cela a permis à des
proches banlieues comme Hendon et autres de devenir à quartier de Londres à part entière. Je pense qu’il est nécessaire de faire tomber les murs de cette forteresse afin de faire naitre le grand
Paris. Je trouve aberrant d’amputer le peu de parcs que Paris (Sainte Perrine par exemple) alors qu’en en ouvrant les portes nous pouvons gagner de l’espace pour respirer et accueillir une
population plus grande.


bayou 06/03/2011 11:46


on peut tourner la chose dans tous les sens on reviendra a cette évidence qui devient de plus en plus criante : Il faut casser les limites actuelles de paris, si toutes les capitales du monde se
sont organisés en communauté d agglomération c est pas pour rien, tant de freins archaiques qui bloquent les projets sociaux, de transports ou d urbanisme !


guido@nousautres.net 08/10/2010 14:07


D'autant plus, Didier, que compte tenu des prix de l'immobilier sur la capitale, de plus en plus de jeunes couples parisien avec enfants, comme le soulignait récemment un article du Monde,
s'installent dans la banlieue est , tout en conservant des habitudes et des centres d'intérêt qui les relient plus que les autres à la capitale. Il faudra, bien un jour, travailler autour de ces
multiples aspects, des modes de déplacements, formes de travail, accès à la culture, au soin parfois et j'en passe… qui vont nous obliger à multiplier les modes de collaboration des différents
acteurs institutionnels ou privés, pour une vraie cohérence métropolitaine.


Gilles 08/10/2010 08:37


Didier,
Article intéressant. Quelques réflexions en vrac :
* pour les prix immobiliers, je suis persuadé qu'Aubervilliers, dans son évolution actuelle, connaitra des prix immobiliers bcp plus proches de Paris d'ici qq années ... malheureusement. Voir
l'exemple des communes de Clichy et St Ouen qui ont monté énormément ces dernières années. Ceci à mon avis en raison de la spéculation acceptée par les jeunes ménages pour un achat limitrophe de
Paris, et à bas prix.
* tjs sur les prix immo, voir la mise en vente au début de la crise (2008) de logements à 7000€ le m² pour l'emplacement de la Poste Clignancourt (prix certainement fixé avant la crise, et donc au
dessus du marché). Eh bien, la crise immo à Paris finie, c'est déjà le prix moyen de ce quartier du 18ème ... que faire ???
* sur Paris-Montrouge : je doute que les habitants du 14ème soient heureux d'appeler leur quartier Paris-Montrouge.. Mais si on y arrive, c'est très bien.
* sur les transports : je pense qu'il faudrait que le prolongement hors de Paris des lignes de métro qui ne sortent pas de Paris soient prioritaires ! En cours pour L04sud, L12nord, L11 en projet.
Quid de la ligne 4 nord ???
* très bien pour le service du logement social
* sans refaire la même chose, réinventer un département de la Seine (avec la petite couronne, voire plus ... serait intéressant !
A +
Gilles