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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Après 10 ans de Sarkozysme, la France a besoin d’un candidat qui incarne le respect

com

 

Tout d’abord convenons que le Sarko-show a démarré dès 2002 et que 2007 aura été l’aboutissement de la saturation médiatique qui a fonctionné alors. Au fond, outre les politiques menées par l’UMP depuis 10 ans comment peut-on résumer ce qu’est le sarkozysme ? De tout ce qui ressort de ces 10 et surtout des 5 années, je crois que le mot qui résume le mieux est celui d’irrespect.


Irrespect des français d’abord.


D’une part en leur faisant des promesses intenables sur l’air du « tout devient possible ». Tout ne devient jamais possible mais quand on promet de manière excessive, le retour de bâton se traduit d’abord par l’abstention et le rejet dans les élections intermédiaires et les sondages. En 10 ans d’Etat UMP, toutes les élections intermédiaires ont été largement perdues par le parti au pouvoir. Il est vrai que c’est assez classique mais pas automatique. Et dans le positionnement de François Hollande depuis de nombreux mois, il y a justement ce choix de respecter les français en arrêtant de les prendre pour des imbéciles qui goberaient n’importe quelle promesse. En expliquant de manière pédagogique dans quel état économique et social la France se retrouve, il permet aussi de ne pas susciter des illusions qui se retournent toujours contre ceux qui les utilisent. D’ailleurs à propos des élections intermédiaires, il est intéressant de regarder comment ce sont comportés les électeurs lors des trois législatures où le PS a gouverné. Après 1981 toutes les élections intermédiaires ont été perdues et tout particulièrement les élections municipales qui ont été une bérézina pour la gauche (cf le grand chelem à Paris…), seulement 2 ans après les espoirs immenses nourris par le retour de la gauche au pouvoir. La déception était au rendez-vous parce que les promesses inconsidérées se sont retournées en plan de rigueur et en cure d’austérité. Or, à l’inverse, un an après le retour de la gauche en 1988, les élections municipales ont été un excellent cru à un moment où le gouvernement Rocard était au zénith de sa popularité. Et les élections furent mauvaises à la fin du quinquennat qui avait bien démarré et fort mal terminé. Mais de 1997 à 2002, là encore la gauche qui respectait une feuille de route réformiste, volontariste mais sans démagogie et avec rigueur, a réussi à gagner toutes les élections intermédiaires, même si l’analyse du scrutin de 2001 peut porter à diverses interprétations. Alors oui je pense qu’au delà de savoir qui peut gagner les élections, se pose aussi la question de comment ensuite gouverner dans la durée et pour cela nos trois expériences gouvernementales nous montrent le chemin : le réformisme de gauche assumé. Il est facile de mener une politique radicalement différente de celle de l’UMP sans raconter des sornettes à des citoyens bien plus éclairés qu’on ne les considère bien souvent. De ce point de vue, la candidature de François Hollande me paraît effectivement dans la droite ligne de cette ethique du respect qui fut celle qu’incarnait Mendes-France, François Mitterrand après avoir été élu, Michel Rocard ou encore Lionel Jospin : dire ce que l’on fait, faire ce que l’on dit.

L’autre dimension de l’irrespect des français  est dans le rapport direct avec les électeurs. Nicolas Sarkozy a affaiblit considèrablement la fonction présidentielle avec ses nombreuses sorties border line dont la plus célèbre restera le fameux « casse-toi pauvre con », lancé à un citoyen qui n’avait rien demandé. Quelqu’un imagine François Mitterrand se comporter ainsi hier ? Quelqu’un imagine François Hollande se comporter ainsi demain ?


Irrespect des corps intermédiaires et en particulier des syndicats.

 

Pas besoin de faire un dessin : si Nicolas Sarkozy était parti avec de bonnes intentions en matière de primauté au dialogue social, les 5 années auront été un échec total et la réforme des retraites au forceps en restera le meilleur exemple. Pas besoin d’en dire beaucoup plus, je vous renvoie à la tribune de François Hollande : http://www.francoishollande.fr/2011/06/14/il-faut-avoir-confiance-en-la-democratie-sociale

Et sa proposition phare : ainsi, la Constitution devrait garantir à l'avenir une véritable autonomie normative aux partenaires sociaux. Je suggère d'élargir l'article 8 du préambule de la Constitution de 1946 qui dispose que "tout travailleur participe par l'intermédiaire de ses délégués à la détermination collective de ses conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises".


Irrespect des institutions, de la presse,

de la démocratie parlementaire et de la démocratie locale.


Sans entrer dans le détail là encore, je renvoie à mon précédent articule consacré à ce sujet : http://www.didier-guillot.info/article-nicolas-sarkozy-aura-mis-5-ans-pour-achever-la-5eme-republique-en-faisant-la-guerre-aux-5-piliers-de-la-democratie-59321170.html

Mais là-encore la France a besoin d’un Président de la République qui soit le véritable garant des institutions. Qui respecte la justice, qui respecte le parlement, qui respecte le gouvernement, qui respecte les journalistes, qui respecte les élus locaux. Derrière chacun de ces mots, il y a la république du mépris de Nicolas Sarkozy. Derrière ces mots, il y a une façon de présider à réinventer. Lionel Jospin avait comme slogan « Présider autrement » en 2002. Cela n’a pas été compris. Il avait juste un temps d’avance parce qu’aujourd’hui cela aurait bien plus de sens encore. Et la présidence à inventer doit justement être une présidence du respect. Du respect des citoyens, des institutions, des syndiats, de la justice, du parlement, des associations,  de la presse et des collectivités locales. Et de ce point de vue là encore je trouve que le positionnement de François Hollande est le plus juste. Il est celui qui saura le mieux faire naitre une nouvelle synergie entre un Etat très affaibli et des collectivités locales qui portent aujourd’hui la part la plus importante de l’investissement public et de l’innovation. Jean-Pierre Raffarin avait parlé de République des territoires mais sa décentralisation était injuste et déséquilibrée. Il faudra donc bien rouvrir une nouvelle étape importante de la décentralisation, une décentralisation qui doit justement s’appuyer d’abord sur l’innovation et à ce stade du débat, je trouve que François Hollande est celui qui incarne le mieux cette République du respect des élus du suffrage universel, parlementaires d’abord et élus locaux ensuite. Par ailleurs son choix de présenter ses propositions et priorités sous forme de pacte est une forme qui est celle du contrat et le contrat c’est justement une idée qui se base sur la notion de respect.


Irrespect de la jeunesse

 

Nicolas Sarkozy est le premier président a avoir été élu avec au préalable le défi de la jeunesse qui ne se reconnaissait pas en ce candidat. 5 ans après la situation est encore pire et jamais aucun gouvernement n’avait à ce point méprisé la jeunesse. On aurait pu penser que la crise du CPE aurait fait réfléchir. Mais si quelques réformes ont été conduites en matière d’université avec beaucoup d’esbrouffe et d’effets d’annonces, la situation dans l’éducation nationale est une véritable catastrophe. Et ce sont dans les collèges que les choses ont empirées alors que c’est déjà le maillon le plus mal traité en France de la chaine éducative. Mais surtout tout aura été fait et imaginé pour renforcer la relégation dans les quartiers où la part de la jeunesse est la plus importante. Et rien n’a réellement été inventé pour briser le chômage de masse qui touche d’abord et avant tout les jeunes. En centrant toute sa campagne sur la question de la jeunesse, François Hollande a compris combien serait dangereux de renforcer cette fracture générationnelle. Et là aussi son approche qui mise sur le respect et la confiance sans pour autant se contenter d’allocations universelles irréalisables et injustes me paraît très importante pour réussir 2012 et après 2012. Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy incarnent cette société de la fracture générationnelle. François Hollande a eu la bonne intuition en mettant ce sujet au centre du jeu car aujourd’hui les jeunes se contentent de bouder les urnes. Demain ils pourraient être davantage tentés par cette radicalité qui n’a jamais mené nulle part. Je me permets une petite digression : respecter la jeunesse ne signifie en rien entrer dans un conflit de génération bien au contraire. D'ailleurs je remarque que dans nombre d'enquêtes plus fines que les sondages brut, on constate que François Hollande a une très bonne image chez les personnes âgées et c'est là un électorat particulièrement important puisque c'est précisément là que nous avons perdu en 2007.


Tout ne devient pas possible mais tout reste à réinventer.

 

Cinq ans après le choc de la présidence Sarkozy, tout ne devient pas possible mais tout reste à inventer pour que les citoyens retrouvent confiance. Confiance dans leurs élus, confiance dans leurs corps intermédiaires, confiance dans les syndicats. Parce que le climat d’irrespect et de défiance véhiculé par Nicolas Sarkozy et ses ministres irresponsables ont débouché sur la pire crise des institutions que nous n’ayons jamais connu. Jamais les citoyens n’avaient autant boudé les urnes après les avoir plébiscitées. Et jamais autant ne semblent avoir été tentés ou séduit par les thèses populistes de Marine Le Pen. La vraie rupture avec le Sarkozysme ne consiste pas à le singer en faisant croire par exemple que la seule volonté politique pourrait tout renverser, mais au contraire à prendre son exact contre-pied en mettant en avant des qualités de sérieux, de rigueur, d’écoute et en incarnant au mieux cette notion de respect parce qu’au delà de la victoire, de la reconquête, c’est bien d’une réhabilitation de toute la politique qui est le véritable défi de 2012. Et mon intuition c’est que nous avons davantage besoin d’une campagne d’apaisement qui rende confiance aux Français, un peu sur le modèle de François Mitterrand en 1988, avec une clarté de nos propositions comme lors de la campagne de 1997 autour de Lionel Jospin que d’une campagne qui fasse croire que l’on va à nouveau abattre le capitalisme en 100 jours, comme en 1981. Alors oui, le candidat qui aujourd’hui incarne le mieux ce rapport de confiance et ce rapport au respect me paraît être aujourd’hui François Hollande et c’est une chance pour la gauche et pour la France. Ne la gâchons pas.

 

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Colette Friedlander 25/06/2011 15:12


Tout à fait d'accord sur l'analyse. Mais François Hollande n'est pas la seule figure du PS à incarner cette attitude et le programme qui en découle. C'est le contraire qui serait désolant.


Jean-Paul Guidoni 20/06/2011 08:21


Cher Didier,
même si je n'ai pas encore fait définitivement mon choix, je partage en grande partie tes arguments, et tenais à saluer, la rigueur et le courage dont tu as encore une nouvelle fois fait preuve, en
assumant clairement et très tôt ton choix, indépendamment du contexte parisien.