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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Accords, à cris et cumuls de mandales

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Notre fédération vient de se payer un de ses petits psychodrames qui lui ont d’ailleurs valu le plus long bureau fédéral depuis bien longtemps.

Petit rappel des faits : l’accord national prévoit ceci à Paris :

 

  •  la 5ème circonscription détenue par Tony Dreyfus (10e et 3e arrondissements) est réservée PS mais « diversité »,

 

 

  •  la 6ème circonscription (11e et 20e arrondissements) détenue par Danièle Hoffman-Rispal est réservée EELV et clairement fléchée Cécile Duflot,

 

  •  la 10ème circonscription (13e et 14e arrondissements) détenue aujourd’hui par Serge Blisko est réservée EELV et il s’agit d’un switch avec la 11ème aujourd’hui détenue par le sortant EELV Yves Cochet et revendiquée désormais par le maire du 14e.

 

 

  •  la 13e circonscription qui comprend les quartiers les plus à gauche du 15e est réservée PRG. C’est d’ailleurs celle où s’est présentée Anne Hidalgo en 2007. La gauche a atteint 49% aux dernières régionales. C’est l’une des très rares qui peuvent encore basculer à Paris en cas de poussée de la gauche ou de vague rose.

 

 

A l’occasion de la discussion autour de ce débat en bureau fédéral, j’ai eu l’occasion de prendre la parole pour exprimer un certain nombre d’éléments. Je vais ici le faire par écrit en complétant.

 

Au sujet de l’accord global

 

Je fais partie de ceux qui se réjouissent qu’un accord soit intervenu. Il est une bonne nouvelle pour la gauche de demain et même s’il est limité, il est en tout cas une première dans la relation entre les 2 principaux partis de la gauche, dans la suite de celui qui a permis à EELV d’obtenir une vraie représentation au sénat. Nos 2 partis aux relations tumultueuses sont le creuset de la gauche de demain et le PS doit apprendre à ne plus penser hégémonique, seul et sans compléments. La gauche plurielle de Lionel Jospin fut une très belle expérience mais par trop déséquilibrée et quand la gauche ne marche que sur un pied, il lui arrive de trébucher. C’est ce qui est arrivé en 1986, 1993 et 2002 au sortir de nos trois législatures qui reposaient toutes sur un groupe PS hégémonique et des partenaires un peu trop isolés voire individuels. J’ai toujours été favorable à l’idée d’un tel accord mais cela ne veut pas dire qu’il fallait vendre à la découpe Solférino non plus. Nous sommes nombreux à percevoir combien Martine Aubry avait misé sur le soutien des Verts dans la primaire mais combien elle était aussi prête à céder sur le fond comme sur le nombre de circonscriptions. François Hollande a su montrer qu’il avait fait un chemin très important sur la question nucléaire, mais que le PS et son candidat ne pouvait pas non plus céder à ces ultimatums en reniant ce qui a toujours été sa vision des questions énergétiques pour le moins complexes. Il fallait avancer sans pour autant céder et nous renier. Ce difficile chemin a été accompli, avec de légers couacs qui seront vite oubliés, par François Hollande et les négociateurs écologistes comme PS. Dans ce cadre que la fédération de Paris doive céder 2 circonscriptions aux écologistes alors que l’accord cadre prévoit un grand nombre de circonscriptions dans toute la France est plutôt une bonne nouvelle. En 2002 et 2007, il y avait également 2 circonscriptions vertes à Paris cédées avec un temps d’avance par la fédération de Paris alors qu’il n’y avait pas d’accord du tout dans le reste de la France. D’où on partait on pouvait craindre d’avoir à payer davantage en nombre. D’ailleurs bien des écologistes s’attendaient au départ à un chiffre bien plus élevé de circonscriptions réservées à Paris. Nous ne saurons jamais ce qu’une telle négociation aurait d’ailleurs donné en cas de victoire de Martine Aubry lors des primaires, mais il est assez probable que la balance eut été bien plus chargée encore tant des gages avaient été donnés.

 

Duflot or not Duflot

 

J’avoue avoir une nouvelle petite incompréhension avec le maire de Paris et Anne Hidalgo à ce sujet. Je ne vois pas comment notre parti pouvait céder des circonscriptions à Europe Ecologie-Les Verts et poser un véto sur tel ou telle candidate. Il y a eu des candidatures sulfureuses par le passé qui pouvait poser problème. Mais là il est tout de même compliqué de mettre un véto sur le ou la n°1 du parti partenaire. On a bien mis le n°1 du Parti Communistre sur nos listes sénatoriales à Paris sans que cela pose de problème à quiconque. Par ailleurs, je ne crois pas qu’il faille se mettre en situation de faiblesse en faisant croire que l’on a peur. En mars 2008 les listes conduites par le maire de Paris ont ramené les listes Vertes de 12% à 7% alors même que ce parti faisait une percée très importante dans toutes les grandes villes de France. Aux élections régionales Cécile Duflot conduisait les listes EELV quelques mois après le match des européennes où ce parti avait mis KO le PS dans toute l’Ile de France. Et pourtant Jean-Paul Huchon et Anne Hidalgo ont redressé la barre et rétabli les choses, même si la poussée EELV restait alors forte. Je le pense tranquillement : le bilan de Bertrand Delanoë et les projets d’Anne Hidalgo autour de cette belle équipe à laquelle je suis fier d’appartenir produiront la même chose en 2014. Le livre préféré de mes enfants quand ils étaient petits c’était l’histoire de la souris et de l’éléphant. L’éléphant avait toujours peur de la souris. Arrêtons de nous faire peur inutilement et ayons confiance dans notre équipe tout simplement. De toute façon si Cécile Duflot décide de partir à la conquête de Paris, elle le fera, députée ou pas députée.

En revanche ce que je trouve désolant ce n’est pas que Duflot se voit donner une circonscription, mais qu’on lui offre sur un plateau celle qu’elle voulait et de sucroit la plus favorable à la gauche. Une des meilleures pour la gauche en France et la meilleure à Paris. C’est vraiment ce qui s’appelle donner de la confiture aux cochons ! Quel est son mérite ? Par ailleurs nos petits jeux y compris internes font que nous donnons ainsi 2 circonscriptions à cheval sur 4 des arrondissements de gauche qui fournissent un très grand nombre de conseillers de Paris (11e, 13e, 14e, 20e).

 

Parachute woman bis

 

Beaucoup d’élus parisiens ont hurlé à propos du parachutage. J’ai d’ailleurs trouvé le témoignage de Danièle Hoffman très poignant aussi bien au BF que sur France Inter ce matin. Mais là encore cette question regarde d’abord les Verts et je ne doute pas qu’il s’en trouve à Paris pour eux aussi trouver un peu fort de café qu’une élue d’ailleurs vienne récolter les fruits de leur implantation militante. D'ailleurs le député sortant EELV Yves Cochet était lui même un parachuté ! En 2000, nous avons été nombreux à utiliser cet argument juste pour faire gagner David Delanoë contre Goliath Lang dans une très belle primaire déjà. Et les élus socialistes parisiens qui ont incarné cette belle et longue conquête de Paris sont tous des élus qui ont choisi de mener un travail militant et de terrain, souvent de manière très ingrate aux grandes heures de la Chiraquie. Dans les années 80 et 90, nombre d’élus parisiens et responsables sentant leur avenir bouché se sont exilés en banlieue et en province pour trouver d’autres soleils électoraux (Manuel Valls, Paul Quilès, Gérard Fuchs, Henri Weber et tant d'autres. Même Arnaud Montebourg a été militant de base parisien un peu plus tard). Heureusement que certains y croyaient pour rester et Danièle Hoffmann comme Bertrand Delanoë en faisaient partie. Je trouve que la technique du parachutage est effectivement désolante parce qu’elle révèle un profond mépris de l’électeur. Mais je pense aussi que dans cette affaire, nous aurions eu plus de force collective si nous avions eu le courage de dire non il y a quelques mois quand une motion décidait seule dans son coin d’organiser le parachutage de Marie-Noëlle Lienemann à Paris pour les sénatoriales. Enfin, ce parachutage sera aussi un argument à utiliser à bon escient contre Cécile Duflot dans ses ambitions parisiennes !

Et ultime détour :  ayant encore un peu de liens avec la fédération voisine du 93, j'avoue ne pas trouver très exemplaire le jeu de chaises musicales auxquelles se sont livrés Claude Bartolone et Elisabeth Guigou sacrifiant là aussi un excellent député de terrain, Daniel Goldberg qui lui aussi avait choisi de s'appliquer la règle du non cumul. 

 

D’un temps d’avance aux petits arrangements sur le dos du cumul !

 

Au sujet des 3 députés socialistes sacrifiés, je ferai plusieurs remarques :

  • ces 3 députés ont eu un parcours professionnel, social et politique assez atypique qui nous sortait du binôme « professionnel de la politique (dont je fais partie) et fonctionnaire ».
  • ces 3 députés n’étaient pas les plus en vue dans les coteries, les courants, les clans et les écuries, tous ces lieux où quelques personnes qui se reniflent entre elles depuis des lustres considèrent qu’elles ont un droit légitime de vie et de mort électorale sur 80% de la planète socialiste. Ces petits jeux sont en général redoutables dans tous les moments où nous avons le bonheur de constituer des listes à la proportionnelle. Je fais le constat que les parrains du PS ont de plus en plus capacité à jouer aussi dans le jeu du scrutin majoritaire qui laisse pourtant se chance à ceux qui ont choisi de se battre avec les armes simples du travail militant et de terrain. Tout ceci doit amener chacun à réfléchir à nos modes de recrutement, de reconnaissance où l’allégeance prime toujours sur l’intelligence.
  • Ces 3 députés avaient une très belle histoire en commun. En 2007 et 2008, ils étaient tous les 3 députés, conseillers de Paris et 2 étaient maires d’arrondissement et l’une adjointe au maire de Paris. Ils ont tous les 3 choisis de s’appliquer la règle du non cumul permettant ainsi notamment à 2 nouvelles têtes de devenir maire d’arrondissement du 10e et du 13e. Ces 3 députés sont des exemples de cette éthique rare qui consiste à s’appliquer la règle du non cumul. Ils ont d’ailleurs été alors accompagnés par Christophe Caresche, George Pau Langevin et Sandrine Mazetier. Ces députés qui ont abandonnés leurs mandats locaux dans la suite de Bertrand Delanoë en 2001 qui faisait le chemin inverse, ont ainsi pu donner un sens profond à notre slogan de 2008 : avoir un temps d’avance. En prenant la décision de les mettre tous les trois au tapis, notre parti prend un sacré temps de retard car il met en lumière pour tous les élus que faire le courageux choix du mandat unique c’est se mettre en danger. L'inversion de la 10e et de la 11e est une caricature absolue en la matière. Priver un député sortant qui était maire d'arrondissement et a laissé sa place de maire d'arrondissement à un jeune élu, pour le faire remplacer par un futur cumulard, nouveau maire d'arrondissement qui veut déjà empiler les mandats, il fallait l'inventer et notre fédération qui fut si souvent exemplaire nous fait reculer de 3 cases avec ce préalable. 

 

Il se trouve que lors de la convention sur la rénovation, les militants socialistes parisiens avaient adopté à 67% l’amendement issu de la section JBC qui demandait que la règle du non cumul pour 2012 s’applique aussi aux maires d’arrondissement. Notre premier secrétaire fédéral avait fait en sorte que ce vote soit respecté lors de la constitution des listes sénatoriales puisque tous les candidats aux sénatoriales s’étaient engagés par écrit à abandonner leurs mandats exécutifs locaux en 2012. Le bureau national, sous la pression de quelques élus bien intentionnés, a donc exprimé récemment clairement que la règle du non cumul ne concernait pas les maires d’arrondissement. Le bilan des courses c’est qu’au final nous aurons sans doute trois députés non cumulards de moins, mais probablement un maire d’arrondissement cumulard de plus. Et tout ce petit cirque quelques semaines après une campagne des primaires où dans les sections socialistes ceux qui soutenaient Martine Aubry en faisaient des tonnes et des tonnes sur la question du cumul. C’était la énième chronique du bal des faux culs sur cette question. Et vous reverrez les mêmes nous sortir des beaux textes lors des prochains congrès sur cette question pour continuer à faire ce qu’ils font de mieux : prendre les militants du PS pour des cons.

 

Au delà de nos péripéties pichrocholines, ce petit épisode supplémentaire montre avec retardement combien un parti géré par le régime des motions est parfaitement ingouvernable surtout quand aucune n’a le dessus sur les autres. Mercredi soir beaucoup de responsables se sont fait les dents bien facilement sur notre premier secrétaire fédéral, s’exonérant d’ailleurs très vite de leurs propres responsabilités dans ces petits jeux.  Mais quelque soit le premier secrétaire fédéral, cet assemblage de petites boutiques et de petits intérêts contradictoires ne peut en aucun cas fonctionner parce que quand on en arrive à vouloir le consensus indispensable, on finit par ne plus prendre aucune décision, par ne plus avancer, et par se laisser imposer toutes les décisions par l’extérieur ce qui nous est arrivés avant et hier soir même. Notre fédération aurait pu se donner les moyens d'avancer sur la parité et la diversité, mais là le recul est programmé. Nous devons donc réfléchir très vite et très profondément sur ce que sont nos modes de décision, nos modes d’élaborations collectives, nos modes de recrutement, nos modes de scrutins, notre vie collective et démocratique. La primaire a ouvert un immense chantier. Ne ratons pas ce rendez-vous. Le chemin de la rénovation et des innovations est pourtant assez simple, il porte le nom d'exemplarité. Quand on se fixe des principes et il en est de très beaux (parité, diversité, non cumul des mandats, refus des parachutages...), on arrête de jongler avec les exceptions sinon on ne s'en sort jamais et l'on finit même par régresser. C'est ce qui est en train de nous arriver à Paris sur le cumul, comme peut-être sur la parité. Quand nous nous rendrons compte dans quelque mois que ce régime des clans et des motions aura sans doute produit un net recul sur la question de la diversité, de la parité et du cumul qui étaient au cœur des promesses de la belle convention sur la rénovation, alors nous pourrons reprendre le chemin de véritables nouvelles innovations démocratiques pour notre parti et pour la gauche. 

 

 

 

 

 

 

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tamine 06/01/2012 12:33

que c'est loin des préoccupations des citoyens. ce qui est surprenant dans ces déchirements et luttes féroces personnelles c'est le mépris.quel dommage et quel gachis!

Mark 09/12/2011 22:45

Excellent article, je l'avais lu un peu vite à sa publication, mais relu dans le détail je réalise qu'il condense avec beaucoup de justesse les problèmes qui minent le PS de l'intérieur, et le
danger que fait peser ce système clanique des motions. Ce qui est dangereux aussi c'est la place que prennent certains dans l'appareil, qui s'érigent en véritables hiérarchies parallèles.
Il y avait autrefois les kremlinologues, il va peut-être falloir des solférinologues et des fédérologues pour comprendre quelque chose à ce bazar...

jean faurous (écologiste militant) 22/11/2011 10:49

Belles intentions clarificatrices mais je ne crois pas en la capacité du PS de se maintenir longtemps autrement que par la non-représentativité future d'autres systèmes partidaires tels que
lui...dont l'échec continu de ses "adversaires" + "petits"...mais dans quelles conditions ? Crise ou pas, les couches populaires se sont éloignées durablement (une pause avec l'épisode Royal) du
seul "parti de gouvernement" prétextant POURTANT les défendre pourtant en priorité.

Apogée de la "défiance envers les partis", victoire symbolique des "indignés" à terme, râté et refoulement historique des questions d'écologie et de ses particularités systémiques, ancrage ou
renforcement de l'abstention ("faut gueuler mais pas voter") devraient être maybe la dernière occasion, pour le PS, de faire sa "rénovution"...mais il est bien (trop) tard, je pense... ;-)

aubert 21/11/2011 13:56

Nous nous sommes croisés à la fin de la soirée du Bataclan... J'apprécie votre commentaire, il y a en effet des mandales qui se perdent : le parachutage de Duflot a du mal à passer et pour moi
c'est simple : pourquoi s'est-elle présentée aux élections régionales ? le "fromage" n'est pas assez bon ? et là il faut lui réserver une bonne circonscription. Pourquoi ne va-t-elle pas se
présenter contre Dati par exemple ? Il y a du ménage à faire sinon non seulement nous perdrons les élections mais le ps risque de passer pour un parti de magouilleurs-ses avec arrangements entre
amis. J'ai habité à Rennes de nombreuses années et Edmond Hervé a dû batailler ferme avec les verts pour que s'installe une bonne gouvernance...

Edmond Aparicio 19/11/2011 16:44

Analyse objective et courageuse qui n'admet aucune objection... L'historique rappelé par Didier Guillot démontre que les déclarations des uns et des autres, le temps d'un congrès ou une convention,
ne modifient en rien les détestables moeurs qui se perpétuent et minent la crédibilité du PS auprès de nos concitoyens.