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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

6 novembre 2008 : analyse d'un vote

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Message adressé aux militants de la section JBC (Paris 18), le 7 novembre 2008


Je commence ce message par remercier d'une part les 316 militants qui se sont déplacés et ont fait preuve de leur confiance dans notre parti dans son ensemble. Mais il est naturel que je remercie surtout les 129 adhérents de JBC qui ont choisi de placer la Motion A nettement en tête à JBC avec près de 42,7%. Ce score est décevant en soi et finalement "normal" au regard du score national (24,9%) et du score fédéral (37,9%). Le débat n'a pas toujours été facile et je remercie ceux qui ont eu le courage de porter ces convictions. Je salue d'ailleurs chaleureusement l'engagement de Jean-Philippe Daviaud qui a pu assumer malgré son lien de subordination à l'égard de Christophe Caresche. Ce n'est pas la première fois que cela arrive. Je l'ai déjà vécu. Mais c'est tout à l'honneur de notre section de pouvoir vivre son engagement en toute liberté par rapport à ses "employeurs" politiques. C'est aussi cela la culture démocratique que partagent nos 2 ex leaders de motions, Bertrand Delanoë et Christophe Caresche. Je connais peu de sections ou fédérations où cela est possible. Je veux féliciter les 20 élus Motion A à la CA et note avec bonheur que sur ces 20 élus, 7 ne l'étaient pas auparavant. La motion A a porté le renouvellement à JBC. Je ne doute pas qu'ils travailleront d'ailleurs en très bonne intelligence avec les 23 autres élus des 3 autres motions.


Après le choc des résultats, voici quelques éléments d'analyse de ce scrutin au niveau local, fédéral et national.

1° L'effet Rennes à Reims.
Je n'ai eu de cesse depuis de nombreuses semaines de craindre ce qui est arrivé. Je ne parle pas du score de "ma" motion mais bien du score des motions. Je pense depuis le début de ce mauvais film que le pire qui puisse arrive à notre parti est une dislocation entre 4 grandes motions faisant entre 20 et 30% des voix. Nous y sommes. Les scores de Reims ressemblent fort à ceux de Rennes. On avait 29 - 28 et 24 et ou à 29 - 25 et 24. Cela change tout mais surtout le premier événement de ce congrès c'est que c'est la première fois depuis le congrès de Rennes que la Motion en tête ne franchit pas les 50%. De 1992 à 2008, la motion qui arrive en tête a toujours obtenu entre 54% et 100%. Nous revoilà donc à la case départ à Rennes et cela n'a rien de banal. C'est arrivé 2 autres fois. Une fois à Metz où la motion arrivant en tête avait fait 46% et une fois à Epinay qui s'est soldé par un marchandage de tapis qui relève plus du bonneteau que des alliances  
naturelles. Reims ne pourra pas être Rennes parce que la passion et la haine ne sont pas au rendez-vous. Les "supporters" de Ségolène Royal, de Bertrand Delanoë et de Martine Aubry ne sont pas ceux de Fabius et Jospin en 1990 et c'est tant mieux.

2° La motion qui arrive en tête distribue les cartes.
C'est la règle non écrite dans notre parti et c'est une règle juste. C'est donc la Motion E qui a "la main" et qui sera maître du jeu dans ce congrès. Personne ne peut prédire ni qui sera le leader qui se dégagera pour le poste de premier secrétaire, ni les contours de cette alliance. Cette synthèse sera de toute façon difficile et je crains fort que la stratégie finisse par être l'emploi d'une méthode vue ailleurs qui consisterait à opérer des "débauchages" individuels au sein de chaque motion pour faire le meilleur "gouvernement du parti". Cette méthode peut être séduisante. J'ai quelques doutes sur son efficacité dans la durée. Il y a pour moi une proximité plus nette sur le fond entre les motions E, A, B et D et les motions C et F de l'autre. Comme je tiens à la clarté, j'ose encore espérer que les convergences seront "objectives" et non pas sur des billards à trois bandes qui rendraient un peu plus illisible la situation pour nos électeurs. En tout cas, je regrette la situation qui a été créé par le casting de ce congrès. J'en aurais préféré un autre et de beaucoup de point de vue. Si certains ne voulaient pas de la Motion E en tête, il fallait réfléchir avant à l'offre !!! Mais il n'est pas question pour moi de cautionner une quelconque alliance à revers des 3 grands perdants. J'ai toujours été contre le Tout sauf Ségolène comme je trouverai tout aussi stupide la tentation d'achever le mouvement de Tout sauf Delanoë que nous avons constaté dans ce congrès. Une telle alliance ne pourrait avoir de sens que si la Motion E s'avère incapable d'élargir sa base. Ce sera sans doute difficile pour elle mais à ce stade elle n'a pas le choix.

3° La guerre des ego mène à l'échec partout.
Je suis assez stupéfait des commentaires journalistiques de ce vote. C'est un succès pour Royal et Hamon et un échec énorme pour Delanoë et patent pour Aubry.
Je ne vais pas faire un numéro de langue de bois : le principal perdant de ce vote est la Motion A assurément. C'est d'ailleurs le principal perdant aussi parce qu'une bonne part de ceux qui en étaient les animateurs et qui sont coupés depuis longtemps de ce qu'est le parti réel n'ont eu de cesse de faire croire que c'était plié d'avance et qu'il suffisait d'avoir François Hollande dans la besace pour assurer un 35%, 40% ou 50%. En ayant affiché des ambitions et des pronostics aussi ambitieux qu'irréalisables, plus dure est la chute en tout cas pour qui prenaient ces assurances pour argent comptant.

La Motion A a payé 3 facteurs.
- Le mot libéral a été le scotch du capitaine Delanoë comme "Mon programme n'est pas socialiste" le fut de Lionel Jospin, ou la bravitude de Ségolène Royal.
- L'équipe d'animation de cette motion a cru que les assemblages et les ralliements individuels de grands élus valait vote avant l'heure. Mais ce qui marche encore dans les Bouches du Rhône avec les scores soviétiques (la rénovation est en marche, c'est Menucci qui l'a dit ce matin...) ne marche plus nulle part ailleurs et c'est tant mieux. Elle a été incapable de percevoir le profond désir de renouvellement de ce parti et pire a été incapable de mettre en valeur la façon dont Bertrand Delanoë lui même pouvait l'incarner, comme il l'a fait dans sa pratique du PS parisien. Bertrand Delanoë a donné sa chance à un très grand nombre de jeunes élus dans son exécutif ou dans les mairies d'arrondissement. Quand on compare les réunions de Motion A à Paris et les réunions de Motion A au niveau national, on comprend le fossé qui sépare ces 2 mondes. Qui n'ont pas communiqué.
- Le poids du passif. Betrand a eu le courage d'assumer la part d'héritage et du bilan de l'ère Hollande. On comprends mieux le mot Courage dans les 3 C !  Ce courage il l'a payé très cher. C'était lui le moins impliqué dans la direction sortante. Il a par un tour de passe passe aussi injuste qu'incroyable, porté à lui tout seul tout le passif d'une gestion du PS qui s'est soldée par des défaites aux élections nationales. Les militants n'ont retenu que les échecs et lui ont fait porter seul le chapeau. Pour ma part, j'ai encore confiance en la capacité de Bertrand Delanoë d'incarner une part de la rénovation de nos idées et de nos pratiques, justement parce que les pratiques sont là. J'espère qu'il ne repartira pas au combat avec cette équipe qui lui a scié les pattes. De ce point de vue je trouve que l'absence de Lionel Jospin lors du vote d'hier soir est tellement révélatrice de cette soirée d'hier soir !

J'ai parlé de la Motion A et ayant eu à la conduire à JBC j'en assume également ma part dans cet échec. Vous remarquerez d'ailleurs que je ne commence pas par dire que c'est la faute des autres. Il y aurait pourtant de quoi dire sur le sens et la démarche de la Motion Aubry. Mais Cette motion n'avait qu'un objectif : être une base d'empêchement  pour une future candidature de Bertrand Delanoë. C'est réussi.

Mais pour ce qui est des 2 autres motions, je ne comprends pas très bien ce qui justifie un tel engouement quand au niveau de succès.

La Motion E a gagné. C'est indéniable. J'ai même parié depuis quelques semaines avec un éminent camarade de la section qu'il en serait ainsi et qu'il ne pouvait qu'en être ainsi ! Mais je ne vois pas vraiment en quoi une candidate qui avait la confiance de 60% des adhérents et qui a rassemblé 17 millions d'électeurs obtient un exploit avec 29%. La Motion E avait vocation a rassemblé au moins 50% des socialistes et non pas un petit tiers. Que 71% des militants socialistes ne fassent  
pas le même choix que celle qu'ils ont choisi deux ans auparavant est quand même un signe inquiétant. La question des cotisations ne résume pas tout. C'est trop simple.

Enfin, le score de Benoit Hamon n'a rien d'extraordinaire. La Motion C rassemblait toutes les factions de l'aile gauche. En 2000, les courants "Gauche socialiste" et Emmanuelli rassemblaient 27% des voix. En 2003, les motions NPS et Emmanuelli rassemblaient 33% des voix. En 2005, les motions NPS (24%) et Fabius-Melenchon (21%) obtenaient 45% des voix. Alors quand j'entends une journaliste de France Inter parler de belle progression de Hamon, j'aimerait que l'on m'explique par rapport à quoi il y a progression. Jamais "l'aile gauche" n'avait été en dessous des 20% depuis 1997. Alors où est l'événement ?? Jean-Luc Mélenchon quitte d'ailleurs le PS avec quelles troupes issues de la Motion C ? Maintenant l'aile gauche a un nouveau visage c'est indéniable et le PS y gagne sans aucun doute. Hamon est nettement plus fin et intéressant qu'Emmanuelli. On a gagné au change.

Pour terminer, je souhaite bon courage à tous ceux qui auront la charge de trouver une solution après un tel vote. Je leur souhaite succès dans leur démarche parce que c'est notre avenir qui est en jeu. Si la Motion E tiens ses promesses de renouvellement lors du congrès, je serai le premier à saluer l'exploit. Je souhaite sincèrement que nous sortions du congrès de Reims avec une équipe de direction mais quelques soient les bonnes volontés des gagnants comme des perdants, une chose est sûre : les militants par leur vote n'ont pas rendu les trois prochaines années faciles et je ne doute pas qu'ils repenseront au sens du mot vote en interne au cours des mois qui viennent.

Amitiés socialistes.

PS : je veux saluer les camarades de la CA sortante qui ont été battus hier soir. Frank Burbage, Sophie Wahnich, Jean-Pierre Troche, Christelle Barclay, Christian Feuillet, Jeanine Barès, Odile Kouteynikoff, Sylvie Denobili ne sont plus membres à ce starde Je mesure ce qu'ils ont apporté à la vie de notre section et je les en remercie pour ces années de travail en commun. Je ne doute pas qu'ils seront toutes et tous utiles à la vie de notre section autrement.
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