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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de l'EIVP. Adhérent de La République En Marche et membre de son comité de pilotage parisien, je suis membre du groupe Démocrates et Progressistes au Conseil de Paris et dans le 18eme. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate. 
Par ailleurs cycliste, pianiste, pongiste et amoureux de la montagne et des écrins.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de l'EIVP. Adhérent de La République En Marche et membre de son comité de pilotage parisien, je suis membre du groupe Démocrates et Progressistes au Conseil de Paris et dans le 18eme. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate. Par ailleurs cycliste, pianiste, pongiste et amoureux de la montagne et des écrins.

Dimanche 28 votez tranquillement pour un Paris apaisé

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Le second tour des élections municipales aura lieu dimanche prochain après une campagne interminable.

Cette campagne pleine de suspens et de rebondissements aura été un long calvaire pour les marcheurs et les soutiens de la majorité présidentielle.

La République en Marche avait obtenu 34% en 2017 et 33% en 2019 loin devant toutes les autres forces politiques. Le PS avait été atomisé en 2017 et c’est LR qui le fut en 2019.

En octobre 2019, les intentions de vote pour les 3 candidats revendiqués de la majorité présidentielle ont culminé à 39% d’intentions de vote. C’est peu dire combien notre mouvement est passé à côté de cette élection. Nous ferons le bilan plus tard de ce qu’il faut bien appeler un fiasco et d’ailleurs un double fiasco car ce qui aurait pu être la surprise Vilani s’est révélé un flop total. C’est un immense gâchis mais en attendant quels sont les enjeux de ce second tour ?

 

Alors tout d’abord pas la peine de tourner autour du pot, dimanche 28 Anne Hidalgo sera réélue maire de Paris ou plutôt sa majorité sera à nouveau majoritaire et sans doute plus largement qu’en 2014 sans atteindre le niveau de 2008. Je veux parler en conseillers de Paris et non pas en voix. Elle sera très certainement minoritaire en voix. Elle l’était en 2014 déjà et Bertrand Delanoë le fut en 2001 aussi. Mais elle le sera encore plus nettement sans doute qu’en 2001 et 2014. Cependant, le mode de scrutin est tel qu’elle ne peut que sortir renforcée ce cette bataille qui se joue à 3 ou 4 dans quasiment tous les arrondissements. La prime majoritaire à la liste en tête va être d’une redoutable efficacité.

 

Revenons sur les résultats du 1er tour cependant.

 

  • La République en Marche voit son score divisé par deux par rapport à 2017 comme 2019 si on ne considère que le score de sa candidate et perd un tiers de ses voix si on additionne les deux candidats de cette mouvance. Pourtant à y regarder de plus près ce score reste honorable au regard des performances de ce nouveau parti dans les autres grandes villes. En additionnant les voix de Buzyn et de Vilani, cela reste même une des meilleures performances dans les villes de plus de 100 000 habitants. Nous avons bien trois gros blocs parisiens qui sont tous autour de 25% des voix. Hidalgo à 29%, LR et DVD à 25% et les deux candidats issus de La Rem à 25%. La division aura couté très cher et rapporté très peu. Cédric Vilani n’est pas sûr d’être élu dans le 14eme et le groupe de la Rem devrait comporter moins d’élus dimanche soir que les trois groupes de la majorité présidentielle n’en comprenaient avant le vote. Il est absolument évident que s’il n’y avait eu qu’unE seulE candidatE pour la majorité présidentielle, les chances de l’alternance aurait été toutes autres. Quand on analyse de près les voix obtenues par la candidate de la REM on se rend compte que dans la plupart des arrondissements, elle prend autant à la droite qu’à la gauche. Exemple concret dans le 9eme où La Rem fait 38% et Vilani 7%, Hidalgo recule de 25% en deux mandats et la droite de 20% en deux mandats. Dans le 18eme, la droite perd 15% et Hidalgo en perd 9% et même 19% en deux mandats. Les 4 arrondissements où la Rem perd le moins par rapport à 2019 sont les 3 où il y avait un maire d’arrondissement sortant (5e, 9e, 20e) et celui où il y avait un député bien implanté, PierreYves Bournazel. Les reculs les plus nets sont dans les gros bastions de la droite où la percée des européennes avait été fulgurante (6e, 7e, 8e, 16e, 17e). Partout La Rem perd plus de 20% par rapport à 2019. En revanche, les deux arrondissements où elle fait ses meilleurs scores, les 5e, et 9e ont comme caractéristiques d’avoir été de très bons arrondissements pour La Rem aussi bien en 2017 qu’en 2019 alors qu’on avait vu un déplacement de son électorat. En tout cas la façon dont La Rem a traité les élus dans cette campagne méritera d’être relevée. Il y avait une quinzaine d’élus qui sur les bancs de la majorité municipales sortante ou de l’opposition municipale avaient rejoint La Rem depuis 2017. Dimanche soir aucun d’entre eux ne sera reconduit et réélu et la gestion des RH par l’équipe de Benjamin Griveaux (c’est lui qui a composé les listes) comme celle de Vilani d’ailleurs aura été pour le moins pas très malin pour préparer la suite. Bien des élus expérimentés manqueront pour aider les nouveaux élus à comprendre la complexité de la machine parisienne.

 

  • Anne Hidalgo obtient une belle performance au regard du score que lui donnaient tous les sondages depuis un an. Mais elle obtient aussi le plus mauvais score d’un candidat PS aux municipales parisiennes depuis 1989. Et sont score reste très médiocre au regard des scores réalisés par tous les maires toutes étiquettes confondues qui se présentaient à l'issue de leur premier mandat ! Même en 1995, quand la droite emportait encore 14 des 20 arrondissements, Bertrand Delanoë franchissait la barre des 30% au premier tour. Son recul est très marqué dans les arrondissements centraux. Dans le 9eme elle perd près de 25% en deux mandats. Dans le 18eme elle perd 9% par rapport à 2014 et 19% par rapport à 2008. Et dans cet arrondissement encore elle est même en deçà de 3% du score de 1995 quand l’arrondissement basculait en triangulaire. Son recul est très net dans les arrondissements de droite et encore plus dans ceux détenus par la Rem. Elle résiste très bien dans 4 arrondissements, les 10, 11, 13 et 19. Ailleurs elle recule voire s’effondre. Il faut d’ailleurs relever que dans les 3 arrondissements les plus sensibles pour l'alternance, le centre, le 12ème et le 14eme, ceux qui auraient pu basculer, le total des 3 grandes listes d’opposition (Buzyn, Dati, Vilani) est nettement supérieur au total des voix obtenues par les deux listes de la majorité présidentielle. S’il y avait eu fusion ou retrait d’une liste d’opposition, son sort aurait été bien plus compliqué.  

 

  • EELV obtient un score moyen. Un peu au-dessus de 2014. Un peu en dessous de 2001. Mais un score franchement mauvais au regard des performances de EELV dans toutes les autres grandes villes, à commencer par Lyon, Bordeaux ou Lille. EELV avait toujours fait ses meilleures performances ici à Paris. Songez qu’à Lyon EELV obtient un score proche de celui obtenu par Gérard Collomb quand il avait conquis Lyon en 2001 à la tête d’une liste qui comprenait toute la gauche et les verts.  Dans ce score parisien il y a une forme de permanence du vote vert assez étonnante. Dans chacun des arrondissements il y a moins de 2% d’écart entre le vote EELV 2020 et le vote EELV aux régionales de 2015. Plus surprenant encore, dans la quasi-totalité des arrondissements, EELV fait le score de Benoit Hamon en 2017 à moins de 1% près ! Cela montre combien le vote Hamon était plus un vote écolo que socialiste. En 2017, les électeurs socialistes votant eux aux deux tiers pour Macron et un tiers pour Mélenchon. En tout cas à Paris.

 

 

  • Rachida Dati obtient elle aussi une belle performance au regard de ce que les débuts de sa campagne pouvaient laisser prévoir et de ce que la droite obtenait en 2017 et 2019. Pour autant elle fait moins que ce que tous les derniers sondages lui annonçaient et surtout elle obtient le pire score de la droite à Paris depuis 1977. Il est hallucinant d’entendre les journalistes vanter sa performance qui est une contreperformance absolue ! Rappelons que NKM obtenait 35% des voix en 2014 et que même Françoise de Panafieu obtenait encore 29% au moment du triomphe de Delanoë en 2008. La droite était habituée à faire élire plusieurs de ses arrondissements bastions dès le premier tour. Là elle a dû se contenter d’un seul, le sien. Et même si l’on retient que c’est une performance, cette performance ne pourra en aucun cas lui permettre de gagner Paris. La notion de vote utile en faveur de Dati n’a donc strictement aucun sens car elle ne peut faire basculer aucun arrondissement de gauche dans l’escarcelle de la droite. La droite avait 9 arrondissements sur 20. Elle n’en aura probablement que 5 ou 6 sur 17 dimanche soir ! Par ailleurs nous pouvons vraiment nous poser la question de ce que veut la droite à Paris. Si la droite avait fait le choix d’un ou d’une candidate compatible avec La Rem (cela existe dans plein de villes), je pense à Florence Berthout, PierreYves Bournazel, Delphine Burkli, Boulard ou Gougeon et bien il n’y aurait eu qu’une seule liste de l’opposition à Paris pour le 2eme tour et l’élection d’Anne Hidalgo aurait été bien plus compliquée pour ne pas dire scellée. En faisant le choix d’une candidate qui incarne une droite dure mais surtout une droite affairiste ce qui est à Paris un marqueur indélébile et bien LR a fait le choix de faire réélire Anne Hidalgo et j’espère qu’un jour ils sauront l’expliquer à leurs électeurs. Le jour où la droite a choisit Rachida Dati, Anne Hidalgo a retrouvé le sourire car elle savait que cette caricature absolue serait son meilleur faire valoir. L'opposition de sa majesté comme on disait dans l'ancien monde. Pour ne pas dire le bouffon de la reine ! Mais ce ne sera pas la première fois que la droite choisit la candidate qui est sûr de les faire perdre. A droite on adore le livre de Pierre-Antoine Burnier sorti en 1986 : que le meilleur perde ! Bon on peut dire que le livre a hélas été partagé par La Rem sur ce coup-là !

 

  • L’effondrement du RN. Ce parti était déjà bas aux municipales mais arrivais à peser encore près de 5% des voix en 2008 ou 2014. Avec 1% c’est une éradication complète du vote RN ou FN. Ces voix sont sans doute allées à Dati ce qui relativise encore un peu plus la performance de Rachida Dati par rapport aux voix de la droite classique.

 

Le mécanisme du mode de scrutin fait que dans tous les arrondissements tenus par la gauche, la grande triangulaire empêche toute bascule d’un arrondissement de gauche.

 

En revanche deux arrondissements, les 5eme et 9eme peuvent basculer dans l’escarcelle de la gauche. Et deux arrondissements peuvent basculer de LR vers La Rem, les 6eme et 8eme

 

Les seuls enjeux qui restent sont les suivants :

 

Il n’y a plus de vote utile ! Le vote utile n’a plus aucun sens pour personne. Hidalgo est sûre d’être élue et Rachida Dati ne peut absolument rien gagner.  

Rachida Dati ne sera jamais maire de Paris. Le seul endroit où ce mot a encore un sens est dans le 9eme. Dans le 9eme voter pour Dati c’est effectivement faire basculer l’arrondissement chez Hidalgo.

 

Dans tous les arrondissements de gauche, la question qui est posée à ceux qui ne veulent pas d’Hidalgo c’est à quoi ressemblera l’opposition. Est-ce que les parisiens de ces arrondissements veulent une opposition stérile et mécanique ou bien une opposition constructive et intelligente. Est-ce qu’ils veulent des élus engagés ou bien des élus qu’ils ne verront plus. Dans le 18eme par exemple, la tête de liste de LR fut élue pendant 6 ans dans un arrondissement où il n’a jamais mis les pieds dans un seul conseil d’arrondissement !

 

Dans les arrondissements hors d’atteinte pour la gauche est ce qu’ils veulent maintenir à tout prix des maires ou bien jouer le renouvellement. Les 6eme et 8eme peuvent par exemple basculer de LR vers La REM et les électeurs de gauche là pourraient voter utilement puisque leur candidate est sûre de l’emporter à Paris et qu'il n'y aura pas de conseiller de Paris de gauche ni dans le 6eme, ni dans le 8eme. 

 

Alors si vraiment vous trouvez qu’Anne Hidalgo a été une maire formidable pour Paris depuis 6 ans, n’hésitez pas une minute. Si au contraire vous ne comprenez pas très bien pourquoi il faudrait lui donner un blanc seing et un triomphe bien peu mérité, faites le choix de faire élire des élus nouveaux et qui seront en phase avec ce que Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont mis en œuvre depuis 3 ans pour la France et qui devra se poursuivre en 2022 ! Je suis convaincu qu’il y a encore beaucoup mais alors beaucoup de parisiens qui dimanche prochain n’auront pas du tout envie de se reconnaitre dans l’opposition factice et stérile entre deux façons de faire de la politique assez caricaturale et qu’ils préféreront mettre un bulletin Agnès Buzyn parce que Paris mérite une femme moins sectaire, moins clivante et plus rassembleuse. Le 28 jouer voter pour la candidate d’un Paris apaisé et renouvelé.

 

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Angelilie 12/10/2020 17:38

J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.