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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de l'EIVP. Adhérent de La République En Marche et membre de son comité de pilotage parisien, je suis membre du groupe Démocrates et Progressistes au Conseil de Paris et dans le 18eme. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate. 
Par ailleurs cycliste, pianiste, pongiste et amoureux de la montagne et des écrins.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de l'EIVP. Adhérent de La République En Marche et membre de son comité de pilotage parisien, je suis membre du groupe Démocrates et Progressistes au Conseil de Paris et dans le 18eme. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate. Par ailleurs cycliste, pianiste, pongiste et amoureux de la montagne et des écrins.

Gratuité des transports en IDF, un débat pour exister

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Quelques semaines après l’annonce de la mesure pour la gratuité des transports pour les séniors par la maire de Paris, voilà donc un nouveau débat lancé dans l’espace public, celui de la gratuité des transports à travers le lancement d’une étude.

Je souhaite ici apporter ma pierre à ce débat à travers trois grandes remarques :

 

1° La politique du « Occupons nous des autres avant de nous occuper de nous mêmes ».

 

Je siège depuis 2008 au Conseil de Paris. Je dois bien avouer que le plus ahurissant de nos débats, en Conseil de Paris comme dans nos 20 conseils d’arrondissements, est bien cette propension des élus parisiens à passer leur temps à ne pas s’occuper des compétences pour lesquelles ils sont élus et à se mêler des compétences des autres sur lesquels ils n’ont aucune prise. Nous débattons 3 jours par mois en Conseil de Paris. Sur ces 3 jours, il doit y en avoir à minima un de trop. Un à débattre de vœux dans lesquels nous débattons et votons pour expliquer ce que doit faire la région. Ce que doit faire la métropole. Ce que doivent faire les maires de notre métropole. Ce que doivent faire les parlementaires. Le conseiller de Paris qui est déjà un élu en situation de cumul (Conseiller d’arrondissement, conseiller municipal de Paris, conseiller départemental de Paris) se prend régulièrement pour un conseiller régional. Encore plus souvent pour un parlementaire contrôlant ou censurant le gouvernement. Et il lui arrive même de se prendre pour un député européen, un membre du Conseil de l’Europe quand ce n’est pas de l’ONU. Il est des conseillers de Paris sur lesquels nous devrions nous appuyer car ils savent comment nous pourrions régler le conflit israélo-palestinien ! Ils savent mieux que quiconque comment obtenir la paix en Syrie. Ils peuvent même arriver à nous faire débattre de la condition des indiens d’Amazonie. Je pense que d’ici la fin du mandat, j’aurais sans doute à voter un vœu pour choisir quelle devra être la température au pôle nord. Dans ce contexte, ce buzz lancé par la maire de Paris s’inscrit parfaitement dans cette logique de confusion et de bavardage généralisé. La compétence des transports est dédiée à la région et précisément à Ile-de-France Mobilités (ex STIF) et ce débat s’il a lieu d’être doit l’être par les conseillers régionaux et seulement eux.

Franchement nous avons autre chose à faire que de passer notre temps à bavarder en nous nous immisçant  dans des compétences qui ne sont pas les nôtres. Sommes nous réellement utiles quand nous votons un vœu pour dire gnagnagna la région c’est pas bien ce qu’elle fait  Ou gnagnagna le gouvernement c’est pas bien ce qu’il fait ? Je ne le crois pas et très franchement les conseillers régionaux comme les parlementaires n’ont vraiment strictement que faire des vœux qui s’entassent dans les archives de notre assemblée. Ils ont parfaitement raison et ce quelles que soient les majorités au parlement ou au conseil régional d’Ile-de-France. Notre assemblée gagnerait en efficacité à cesser d’être un lieu de bavardages parfaitement inutiles et une gigantesque cour de récréation. Ces cours de récréations où les enfants ne veulent jamais du jouet qu’on leur donne mais passent leur temps à se battre pour le jouet des autres.

 

2° La gratuité ou la logique d’irresponsabilité.

 

Dans de très nombreuses politiques publiques qu’elles soient locales ou nationales, la gratuité est bien souvent synonyme d’irresponsabilité. Le rapport de l’usager au bien dit « gratuit » n’est pas le même que celui de l’usager qui participe directement à l’usage de ce bien. Et le rapport à la gratuité est hélas dans bien des cas un rapport d’incivisme. Tout organisateur d’événements peut faire le même constat : quand on organise une soirée ou un événement gratuit où il faut s’inscrire, la part des inscrits qui ne viennent finalement pas est bien souvent très importante et pour l’organisateur cette différence de jauge va souvent se traduire par un gâchis, notamment de biens non durables.

Le rapport d’incivisme aux biens publics (vélibs, bus, abribus, métros ou plus récemment les vélos en free floating) est un phénomène auquel il est très difficile de faire face pour tous les élus quels qu’ils soient. J’ai la conviction intime que plus les biens publics sont « gratuits » plus la logique de responsabilité est dissoute et plus ils font face aux marques d’incivisme.

 

3° La gratuité n’existe pas.

 

La notion de gratuité en matière de politique de biens publics est une notion très très relative parce que tout bien public dit « gratuit » peut l’être pour l’usager mais s’il l’est pour l’usager il ne l’est pas pour le contribuable. Et le transport public francilien est payé par l’usager, par les entreprises mais aussi par le contribuable. Le contribuable local mais aussi national. Or, quand l’exécutif régional précédent a pris la décision d’imposer le pass navigo unique, il a de fait organisé une perte de sèche très conséquente de recettes pour le transport public francilien. Et à ce jour personne n’a encore trouvé comment compenser ce manque à gagner. Ce manque à gagner, ce sont des trains non renouvelés, ce sont des prolongements de lignes non réalisées. C’est tout simplement une dégradation de la qualité de service public du transports ferroviaire notamment. Alors si tous les acteurs des transports franciliens n’ont pas encore trouvé comment compenser le manque à gagner d’une mesure pourtant très partielle, comment pourraient-ils le trouver si le pass navigo et ses recettes était totalement supprimé ? Qui paiera alors les transports publics franciliens ? Or je ne crois fondamentalement pas que la question du transport public en Ile-de-France soit celui de son coût pour les usagers. Il suffit de faire un benchmark du coût pour l’usager des transports publics dans toutes les grandes métropoles françaises pour se rendre compte du coût faible pour ne pas dire ridicule au regard de l’immensité de ce réseau et de l’importance de son maillage. Oui il faut tout faire, et la mairie de Paris le fait très bien, pour convaincre tous ceux qui utilisent leur voiture de l’abandonner au profit des transports publics ou des modes de circulations douces. Mais aujourd’hui tout usager francilien sait parfaitement combien lui coûte ses modes de déplacements. Toute personne qui prend sa voiture sait parfaitement que ce choix, cet arbitrage individuel est fait non pas en fonction du coût du transport car il sait que son déplacement en voiture lui coutera plus cher que le déplacement en transport public. Le refus de se transformer en sardine ou les questions de sécurité pèsent aussi lourd sans compter la proximité à la station de transilien.

Mais le problème du transport public en Ile de France n’est pas son coût unitaire pour l’usager mais le retard et l’inefficacité. A Paris aujourd’hui il y a encore des lignes de métros (Lignes 3, 6, 10, 11, 12) sur lesquelles circulent du matériel datant de 1959 et 1961. Dans quelles ville ou région de France a t’on encore du matériel roulant datant de 1959 ??? La réponse est simple : aucune. Et je pourrais prendre toutes les grandes métropoles européennes et on aurait la même réponse. Usager régulier de la ligne 13 (matériel datant de 1977) ou du RER B (datant des années 70 également), comme des centaines de milliers d’usagers, je peux témoigner combien ce qui donne envie de prendre sa voiture n’est pas le coût du billet de métro mais bien les conditions de transports. Or, je ne suis pas convaincu que rendre le pass navigo gratuit améliorerait les conditions de transports de la ligne 13 ou du RER B, ni au renouvellement de son matériel. A propos de matériel, j’avoue ne toujours pas avoir compris pourquoi les acteurs du transports public francilien ont choisi de faire circuler du matériel flambant neuf et franchement très agréable sur les lignes E, H, L, N  du réseau transilien sans toucher une seule rame du RER B. RER B qui est la ligne de l’attractivité française en étant celle de l’accès aux trois plateformes aéroportuaires. Avant de faire le Charles de Gaulle Express, que Ile-de-France Mobilités commence par mettre les mêmes rames sur ce faisceau que sur les lignes précitées et le regard de ceux qui débarquent sur le sol français changera. 

Par ailleurs tout choix politique est un arbitrage financier. Quand la maire de Paris décide de redonner la gratuité aux séniors après être elle même revenue sur cette mesure, cela coute précisément 12 millions d'euros. Ce sont 12 millions d'euros en moins sur d'autres politiques publiques. Exemple concret, c'est le coût de la rénovation de l'école du Breuil prévue en début de mandature et reportée à une prochaine mandature. 

 

Enfin, chacun peut mesurer le caractère parfaitement démagogique de ce débat lancé pour exister dans le débat public. La démagogie ne marche pas forcément. D’ailleurs la précédente majorité régionale avait tout misé sur le pass Navigo unique pour assurer sa réélection. Des centaines de milliers de franciliens ont vu une nette haute de leur pouvoir d’achat mensuel grâce à cette mesure. Pourtant ces mêmes usagers-électeurs ont assuré la victoire d’une autre majorité régionale. Et là nous étions avec des acteurs qui étaient compétents pour agir sur le sujet. Je crois sincèrement que les parisiens, et au delà les franciliens méritent un bien meilleur débat démocratique et politique. Faire de la démagogie, cela signifie d’abord prendre les gens pour des imbéciles. Depuis que j’ai choisi de m’engager en politique, j’ai eu le bonheur et le plaisir de partager les engagements de Michel Rocard, Lionel Jospin, Bertrand Delanoë, Emmanuel Macron. Tous avaient précisément en commun un refus absolu de sombrer dans toute démagogie. Tous avaient en commun de refuser les logiques électoralistes à courte vue. Tous préféraient la pédagogie de l’action à la logique de l’effet d’annonces jamais suivis d’effets réels. Nous sommes là pour faire. Mais pas pour faire le buzz. Alors oui les parisiens méritent un débat politique et démocratique de meilleur niveau. Et qu’on arrête de les prendre pour des imbéciles.

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Commenter cet article

Coolkids 21/03/2018 14:10

Bref, vous n'y connaissez rien, mais vous allez quand même nous donner votre avis.
Heureusement que vous nous prévenez au début de votre post, sinon, on aurait pu croire que vous vous seriez renseigné avant d'écrire...