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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le 23 avril 2017 à quitte ou double

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Le 23 avril 2017 pourrait bien marquer les esprits encore plus qu’un certain 21 avril. Les premiers tours des élections présidentielles sont aussi sinon encore plus importants que les seconds tours. C’est lors d’un premier tour qu’un certain Lionel Jospin créa la surprise en 1995 en arrivant en tête, éliminant ainsi celui qui était le favori et c’est aussi lors d’un premier tour que le même fut éliminé aussi brutalement par Le Pen père.

Cette fois-ci, la seule quasi-certitude que nous avons à moins de deux mois de ce jour fatidique, c’est la qualification assurée de Marine Le Pen, au vu de la détermination de ses électeurs. A quel niveau nous n’en savons rien. Tout, absolument tout la porte et la favorise. Marine Le Pen est la seule à disposer d’un socle électoral très solide quand tous les autres électorats sont devenus très volatiles.

Donc celui qui sera qualifié face à Marine Le Pen a de fortes chances de pouvoir l’emporter. Des chances car rien ne peut être exclu. Les ennuis judiciaires et de morale publique de François Fillon associées à un programme devenu une potion tragique rendent les reports des voix de gauche compliquées à gauche. Par ailleurs, le ticket d’entrée du second tour pouvant parfaitement s’abaisser (rappelons qu’en 2002, les deux finalistes avaient obtenu 19% et 16,5%), un second tour MLP/Mélenchon ou un second tour MLP/Hamon reste possible et je vous laisse imaginer la qualité des reports de voix de l’électorat Fillon et même d'un certain point de vue Macron en faveur de ces deux candidats… Mais il est vrai que le duo de clowns auquel se sont livrés les deux duettistes de la « vraie gauche » pendant tout le mois de février a surtout contribué à les neutraliser réciproquement.

Et si la qualification se joue précisément sur un score de 29% pour Le Pen et 16% pour le second quel qu’il soit, elle bénéficiera alors d’une dynamique évidente pour le second tour.

Mais prenons l’hypothèse optimiste et considérons que Le Pen soit battue en toutes circonstances. Si elle est battue par 51/49 cela n’aura pas le même effet un mois après que si elle l’est par 62/38%. Et la France dans le monde ne sera pas regardée de la même façon si madame Le Pen perd de très peu ou de beaucoup.

Election binaire et non proportionnelle.

Nous en sommes à la 10ème élection présidentielle de la 5ème république et normalement les français devraient avoir compris que cette élection n’est pas une élection à la proportionnelle. L’incapacité des petits à exister dans cette campagne semblerait le prouver. La seule chose qui compte dans cette élection c’est de savoir quels sont les deux qualifiés et quel est le gagnant. Rien d’autre n’a d’importance. En 1988, le candidat communiste faisait 6% aux présidentielle et son parti obtenait 11% aux législatives un mois après. En 2002, les candidats trostkystes obtenaient 11% des voix le 21 avril et moins de 2% un mois après. En 2007, le candidat du MODEM obtenait plus de 18% et un mois après il se retrouvait avec 7% et seulement 2 députés élus.

Autant dire que « voter pour que ses idées soient représentées » n’a aucun sens et aucun impact sur le résultat de la Présidentielle si la majorité au sens large n’est pas impactée par une qualification au second tour.

Il y a encore 6 mois tout le monde nous prédisait une victoire par KO de la droite républicaine et les scores que l’on prêtait à un certain Alain Juppé variait entre 30% et 40% des voix au premier tour.

Aujourd’hui le vent a tourné mais si Fillon sort abimé de cette séquence du boomerang de l’honnêteté dans la gueule, il sera à un niveau qui ne pourra pas descendre beaucoup plus bas que les sondages du moment. Il est arrivé à un niveau où il ne pourra plus que remonter. Il y a un socle incompressible de l’électorat conservateur. C’est un peu comme en 1993. Après un bilan économique et social mauvais pour cause de récession et un torrent de boues déversé sur les socialistes en proie à toutes sortes d’affaires (Urba, le prêt bérégovoy, l’affaire du sang contaminé…) et bien malgré ce climat horrible le PS en tant que parti obtenait quand même 17% des voix au premier tour. Là François Fillon fera au moins 18% et il peut remonter de deux ou cinq points.

Dans ce contexte la qualification d’un candidat progressiste au soir du premier tour est un impératif. Benoit Hamon aurait pu avoir une chance si Jean-Luc Melenchon se retirait. Cette hypothèse est derrière nous. Avec deux candidats de gauche qui chassent sur les mêmes terres, la probabilité de franchir la barre des 20% est désormais quasiment exclue.

Le levier présidentiel sur les législatives                              couplé au couperet des 12,5% des inscrits.

Mais ce qui se passera le soir du 23 avril n’est pas seulement de savoir qui sera face à Marine Le Pen. Ce sera la possibilité d’une nouvelle majorité aux législatives qui se jouera. Et là encore non pas au sens de proportionnelle du terme mais bien de logique majoritaire.

Le candidat qui sera qualifié le soir du premier tour sera le candidat dont les candidats qui porteront son label seront les candidats qui seront qualifiés dans l’immense majorité des circonscriptions face aux candidats du FN.

Pour être encore plus clair. Si Fillon est qualifié face à Marine Le Pen, 80% des duels du 18 juin seront des duels FN/LR. Si Macron est qualifié face à Marine Le Pen l’immense majorité des duels du 18 juin seront des duels FN/EM.

J’ai bien dit duel et non triangulaire. Depuis 2002, les élections législatives couplées aux présidentielles n’arrivent plus à attirer plus de 70% des votants (comme lors des législatives découplées de 1978, 1986, 1993 ou 1997). Et donc dans une élection législative où ne se déplaceront que 55% à 65% d’électeurs au premier tour, la barre des 12,5% des inscrits est un couperet redoutable. Pour être qualifié il faut arriver en second ou passer la barre des 20% des voix de SE et souvent 25% dans les circonscriptions les plus populaires traditionnellement plus favorables à la gauche.

Il y a donc deux scénarios qui nous attendent au bout de 2017.

1° Soit Fillon réussit à se qualifier, cela signifie donc que Jean-Luc Mélenchon, Benoit Hamon, Emmanuel Macron seraient alors tous les 3 en dessous des 20% et sans doute dans une fourchette de 12% à 17%. Lors des législatives suivantes nous aurons une chambre bleue horizon avec sans doute quelques députés FN et probablement moins de 30 députés de gauche. J’ai bien dit 30 et non pas 80 comme en 1993. Si dans chaque circonscription, il y a un candidat FN, un candidat LR, un candidat EM, un candidat PS/EELV, un candidat France Insoumise et bien sans le levier majoritaire d’une victoire présidentielle, bien peu de candidats PS, EM ou FI ne seront alors en mesure de franchir la barre des 12,5% des inscrits ou alors seulement dans les 30 circonscriptions les plus à gauche et encore. On pourrait d’ailleurs se retrouver dans un scénario où il n’y ait plus de députés de gauche que dans la Bretagne, le sud ouest et quelques grands centres urbains comme Paris, Nantes ou Toulouse.

La gauche officielle peut encore essayer de sauver quelques meubles si elle réussit à se rabibocher, à se mettre autour d’une table et si elle réussit à présenter un candidat unique de l’ensemble Mélenchon-Jadot/Hamon dans chaque circonscription. Mais on ne peut pas dire que les signaux donnés par Jean-Luc Mélenchon aillent en ce sens…

En 1993, la gauche a terminé à 80 députés c’est d’abord parce qu’elle était divisée en trois blocs très proches électoralement (un PS à 17%, des écolos à 8% un PC à 11%) et que cette division l’a éliminé de très nombreuses qualifications. Il y a plein de circonscriptions où nous avons eu des duels Droite/FN et où la gauche l’aurait largement emporté en triangulaire (comme en 1997) si elle avait été qualifiée.

2° Soit Emmanuel Macron réussit à se qualifier et donc à gagner ensuite et ce sont bien les candidats siglés EM qui auront de forte chance de pouvoir être ensuite être qualifiés lors des législatives suivantes et de l’emporter dans l’immense majorité des circonscriptions.

 

Pour résumer ce qui se joue le 23 avril c’est précisément la majorité qui sera dessinée pour 5 ans à l’issue des élections législatives.

 

Cette élection plus que jamais se jouera à quitte ou double. Pour le mouvement d’Emmanuel Macron encore plus que tout autre. Soit Emmanuel Macron est qualifié le soir du 23 avril et l’emporte ensuite au soir du 7 mai et son mouvement empochera sans doute 250 à 400 circonscriptions (avec des députés socialistes, sociaux-démocrates, radicaux, écologistes, centristes, gaullistes et de très nombreux "société civile" et républicains mais se retrouvant sur le contrat de mandature) au soir du 18 juin parce que les duels seront dans l’immense majorité des duels EM/FN en réplique du 7 mai. Et si Emmanuel Macron n’est pas qualifié non seulement il n’aura probablement très peu de députés (les quelques sortants très bien implantés...) mais c’est l’ensemble des progressistes qui seront éliminés dans plus de 80% des circonscriptions. Et nous aurons alors une chambre bleue et brune. 

 

Alors ce qui se jouera le 23 avril c’est non seulement le profil du duel du 7 mai mais tout simplement le profil de l’assemblée nationale. Si nous avions 3 blocs solides et identifiés, nous aurions sans doute des triangulaires de partout avec d’ailleurs une probable incapacité à tout camp d’obtenir une majorité, car sur le papier il y a bien encore trois blocs très faibles mais trois blocs. Le fait que l’offre politique soit désormais éparpillée en 5 grands courants dont celui du FN largement devant les 4 autres rend la situation des législatives beaucoup plus binaire. Le qualifié du 23 avril et donc le probable gagnant du 7 mai verra son label affronter partout les candidats du FN qui seront qualifiés dans l’immense majorité des circonscriptions (à part en Bretagne et à Paris…).

 

Le vote utile du 23 avril n’est pas seulement un vote utile pour sélectionner celui qui battra Marine Le Pen, il est aussi celui qui donnera la couleur de la prochaine assemblée. Et cette fois-ci le choix sera limité entre soit une assemblée bleue et brune. Soit une assemblée avec coalition violette comme l’appelle les néerlendais, une majorité réformiste et progressiste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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