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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Invervention au Conseil de Paris du 30 janvier - Modification des secteurs des collèges publics parisiens

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Madame la Maire, mes chers collègues,


Le débat que nous avons actuellement dans cette assemblée est révélateur des difficultés et des enjeux d’une véritable politique de mixité sociale et scolaire dans nos établissements.

L’académie de Paris présente l’indice de ségrégation sociale dans les collèges le plus élevé de France. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’un tel constat et continuer à fermer les yeux.

Ne nourrissons pas les renoncements qui nous ont conduits à la situation actuelle. La critique est facile et la construction d’une politique efficace est difficile

Aussi, notre groupe souhaite souligner le volontarisme affiché pour améliorer la mixité sociale et scolaire à Paris.

Cependant, nous nous interrogeons sur plusieurs points.

Réduire la ségrégation scolaire en agissant uniquement sur l’enseignement public est une demi-solution.

Si l’on regarde les systèmes éducatifs de l’OCDE, la statistique est édifiante. Lorsque l’enseignement privé est particulièrement développé, les inégalités sont plus fortes. C’est le cas en France et plus particulièrement dans notre capitale où plus d’un tiers de nos collégiens y sont scolarisés.

Comme le rappelait justement Thomas Piketty en septembre, les enjeux d’une réelle politique de mixité scolaire à Paris ne peuvent pas être déconnectés de la forte désaffection du public à Paris.

Et là encore, il ne faut pas se voiler la face. À l’heure actuelle, les stratégies d’évitements destinées à contourner l’affectation en collège public sont déjà nombreuses.

Comme l'indiquent avec bon sens Pierre Merle et Thomas Piketty, on ne construira de la mixité que si les écoles privées entrent dans la boucle de la carte scolaire. C’est pourquoi nous proposons, dans notre vœu, que la Ville de Paris étudie cette possibilité.

Par ailleurs la ségrégation étudiée dans les collèges, et la sensibilité des familles aux stratégies scolaires a aussi pour première cause le mode de recrutement des lycées parisiens. Pour le secteur du Nord-Ouest par exemple, le ticket d’entrée au lycée Condorcet ou Chaptal se situe à 16 de moyenne en 3ème. Avec un tel niveau de sélection à l’entrée des lycées parisiens, qui eux-mêmes commandent la sélection aux classes préparatoires aux grandes écoles, comment s’étonner que le peloton de tête des grands lycées affiche partout un taux de réussite au bac de 100%. Et c’est bien ce système de sélection à l’entrée des lycées parisiens et tout particulièrement de ceux qu’on appelle les grands lycées qui exacerbe la compétition scolaire et les stratégies afférentes pour les familles.

Combattre la ségrégation scolaire dans les collèges ne peut donc être déconnecté de la question de la sélection dans les lycées. Notre ville est la seule ville de France où les meilleurs lycées ne recrutent que les meilleurs élèves dès l’entrée, comme le font les établissements privés d’ailleurs, tout en accaparant de plus les dotations horaires au détriment des établissements les plus défavorisés mais aussi ceux de banlieue ou de province.

Ce manque d’une vision globale pose également question sur un autre point. Celui de l’échelle à laquelle nous pensons le secteur « multi-collège ».

La nécessité d’intervenir pour lutter contre la désaffection de certains établissements fait l’unanimité. Le désaccord naît au moment d’en définir la méthode et les moyens.

Pour notre groupe, c’est à l’échelle de l’académie que nous devons penser la mixité et à une échelle large que nous devons penser le « multi-collèges ». Par exemple, une échelle inter-arrondissement, par grands bassins de vie.

La réforme proposée dans les 18ème et 19ème arrondissements est beaucoup trop timide et ne concerne pas les établissements les plus « aisés », je pense tout particulièrement au collège Yvonne Le Tac dans le 18ème.

Comment voulez-vous convaincre les parents qui ont fait le pari de collèges intermédiaires, je pense à Marie Curie comme à Coysevox si on leur explique que leurs collèges doivent s’ouvrir aux collèges difficiles sans que l’on ne touche au collège le plus homogène socialement. Collège qui d’ailleurs refuse d’ouvrir son option « danse » normalement académique aux élèves d’autres secteurs.

Elu du 18ème et longtemps parent d’élève dans une école élémentaire très concernée en amont par cette réforme. Je constate qu’en moins de 7 ans, la carte scolaire des collèges de cette école a changé 4 fois. Ces expérimentations finissent par être hasardeuses et n’ont pour seul effet que de favoriser l’évaporation dans le secteur privé. Améliorer la confiance dans ces collèges suppose aussi de la stabilité.

Par ailleurs, le choix d’un système bi-collège nous interroge. Les lignes directrices de la mise en œuvre des « multi-collèges », élaborées par le ministère, insistent sur la nécessité de secteurs incluant une multiplicité de collèges et non pas deux. Pourquoi ne pas avoir suivi ces recommandations ?

Enfin, pour réussir cette réforme, les moyens à allouer doivent être à la hauteur. Un (je cite) « alignement des moyens vers le haut » a été évoqué. Mais ces moyens restent à ce jour non chiffrés. Les enseignants et les parents d’élèves s’inquiètent.

Nous devons aussi permettre aux collèges les plus défavorisés d’avoir accès aux options les plus valorisantes.

Les moyens envisagés, qu’ils soient humains ou financiers doivent impérativement être à la hauteur du projet. L’accompagnement humain des élèves est essentiel à leur épanouissement quotidien : soyons ambitieux et renforçons nos établissements en difficulté par le recrutement de CPE, d’infirmiers et de conseillers d’orientation et en réservant d’avantages d’options.


Face aux réserves que je viens d’exprimer, mais convaincus que nous devons œuvrer pour avancer sur cette question de la mixité scolaire, les élus du groupe RGCI s’abstiendront sur cette délibération.

 

Je vous remercie.

 

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