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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Afaf Gabelotaud, pour la gauche d'après

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Je ne suis plus militant socialiste depuis 11 mois et j’attends avec impatience la grande recomposition de la gauche de 2017 pour savoir si je le redeviendrais un jour. Je ne voterais donc pas pour le choix de la 18ème circonscription qui m’est chère. Mais j’ai rejoint un parti, l’UDE qui est membre à part entière de la Belle alliance populaire. Mon parti n’a pas encore pris la décision et il y a une chance sur deux qu’il soutienne la candidate qui sortira du vote du 8 décembre. J’ai pu constater à la lecture des échanges sur la liste de diffusion ouverte que beaucoup s’exprimaient. Parmi ceux qui s’expriment le plus il y a même des ex camarades qui ne sont ni adhérents dans une des sections concernées, ni mêmes électeurs dans la 18ème circonscription. Aussi, je m’autorise ici à apporter mon point de vue en « cousin » sur un match qui me concerne sans doute plus que d’autres puisque je serai électeur dans cette circonscription.

J’étais d’ailleurs directeur de campagne en 1997 quand cette circonscription, alors fief d’un certain Alain Juppé a basculé. Et basculé de peu. J’avoue ne pas avoir du tout envie de voir le chemin inverse fait.

J’ai déjà vu ce que donnait le chemin en sens inverse au niveau de mon ex section qui a aujourd’hui moins de fréquentation justement qu’avant 1997. Alors je ne voudrais pas que ce travail de déconstruction s’achève par l’élection de Pierre-Yves Bournazel le 18 juin prochain. Je ne veux pas d’une pelle du 18 juin !

Avant de revenir sur le choix en cours, je veux faire un petit come back. Lors d’une précédente primaire en 2007, j’avais fait campagne en me présentant face à Daniel Vaillant et j’avais mis l’accent dans mes priorités sur un thème particulier. J’ai proposé alors qu’après deux mandatures de gauche dans le 18ème sans aucune représentation de la diversité sur nos listes, nous fassions un effort particulier en ouvrant au moins un quart de notre liste et à tous les niveaux à la diversité et que la deuxième place soit ainsi réservée symboliquement à une candidate issue de la diversité. J’ai perdu la primaire de peu, mais Bertrand Delanoë et Daniel Vaillant ont accepté de reprendre ma proposition, permettant ainsi notamment à Myriam El Khomri d’arriver en 2ème position et à une génération d’élus issus de la diversité de faire leur preuve. 8 ans après, je suis très fier de constater que ce pari et cette intuition étaient justes. Dans les équipes municipales de 2008 et 2014 du 18ème les élus «issus de la diversité » se sont tout simplement révélés les meilleurs élus et il n’est qu’à mesurer le parcours de Myriam El Khomri, celui d’Afaf Gabelotaud mais je pense aussi à celui de Félix Beppo pour s’en rendre compte. Et voir ces éluEs incarner l’avenir de la gauche dans le 18ème me réjouit. Le match n’aurait d’ailleurs pas du opposer simplement Myriam El Khomri et Afaf Gabelotaud mais aussi Félix Beppo. Je trouve ahurissant que la candidature de Félix qui était une très belle candidature ait été écartée avec l’artifice d’une réserve qui n’a plus aucun sens dans une ville exemplaire en matière de parité. Cette manoeuvre stérile privera le PS du 18ème d'un nouvel élu de grande qualité, Félix ayant annoncé son souhait de quitté le PS, après le départ de Cédric Dawny et du mien. 

D’ailleurs si le PS avait un peu de courage il aurait pu prendre deux mesures plus justes que celles qui consistait à geler toute circonscription pour les femmes là où un sortant ne se représentait pas. D’une part, le gouvernement aurait pu enfin faire appliquer la parité en imposant le scrutin bi-nominal dans 400 ou 500 nouvelles circonscriptions, le reste étant élu à la proportionnelle puisque c’était dans notre programme. Cette mesure a réussi à changer la face des départements. Il ne restait plus que l’assemblée pour arriver enfin à la parité. Nous le propositions au parti dans notre motion 5 au congrès de 2012. Quand au parti, il pouvait aussi tout simplement demander à tous ses députés élus en 1978, 1981, 1986, 1988, 1993, soit toutes les cohortes où la représentation était de 94% d’hommes, 6% de femmes, de ne plus se représenter et là de réserver symboliquement à des femmes.

Je veux d’emblée exprimer ici le fait que les militants socialistes du 18ème et de la 18ème circonscription ont de la chance d’avoir à choisir entre des candidates d’aussi grande qualité politique. Quelle que soit la gagnante, la gauche aura une très bonne candidate et si elle gagne une excellente députée.

Je connais bien chacune d’entre elles et je trouve que la façon dont on les oppose est un peu absurde. Myriam a beaucoup de qualités. Elle a d’ailleurs la plupart de ces qualités en commun avec Afaf. Elles sont charismatiques toutes les deux. Positives toutes les deux. Bosseuses toutes les deux. Avenantes toutes les deux. Elles ont été d’excellentes élues aussi bien d’arrondissement que parisiennes toutes les deux. Elles passent toutes les deux très bien auprès des habitants et savent aller au contact des citoyens du 18ème dans tous les quartiers du 18ème. Elles sont l’une comme l’autre incapables du moindre coup fourré ou chausse trappe.

Et j’invite ceux qui cherchent à affaiblir l’une ou l’autre candidate avec des attaques stupides à faire attention à la réversibilité des arguments. J’ai par exemple lu qu’une des candidatures serait « insignifiante ». C’est d’ailleurs un mot que j’entendais souvent et contre lequel je me battais avec énergie en 1997 quand il fallait conquérir la circonscription avec un nouveau député de gauche. Je lis aussi régulièrement qu’on ne saurait pas ce que penserait Afaf Gabelotaud sur le fond ou pire qu’elle ne serait plus présente en section. Alors pour ce qui est de la clarté des propos, j’avoue être encore un peu en attente du côté de Myriam. Moi non plus je ne sais pas toujours vraiment ce qu’elle pense. En 2011, je l’ai entendu nous faire l’éloge de François Hollande puis devenir quelques jours après l’égérie de la campagne de Martine Aubry pour devenir plus hollandaise et vallsiste que quinconque une fois arrivée au gouvernement. Parcours il est vrai aussi cohérent que celui du député dont elle fut la suppléante. Pour ce qui est du militantisme de section, je sais ce que fut la présence et l’activisme d’Afaf dans la sienne pour accompagner depuis 2003 son ouverture et son attractivité à un moment où la priorité n’était pas le verrouillage mais au contraire à convaincre et faire envie. De 2003 à 2008, Afaf a joué un rôle considérable, en animant notamment la formation, dans la dynamique phénoménale de notre section. Et franchement sur ce terrain-là il n’y a pas photo car si Myriam a été une élue de terrain incontestable ce n’est pas lui faire injure de dire qu’elle n’a jamais eu un intérêt affirmé pour le travail en section auprès des militants. Je n’ai pas entendu souvent Myriam s’exprimer dans le cadre du PS, dans ses instances et dans ses AG. Et en dehors des sujets techniques sur lesquels elle bosse, je ne l’ai jamais entendu exprimer des prises de positions politiques sur d’autres sujets. Jamais ! Et pourtant ma présence n’a jamais failli avant mon départ. Alors c’est vrai qu’Afaf est moins présente en section depuis qu’elle est élue et en particulier depuis 2014 car elle a des responsabilités municipales très prenantes aussi bien en arrondissement qu’à Paris et comme elle fait partie de ces élues qui ont un travail et un vrai à côté alors il est naturel de ne pas avoir pu tout mener de front. Alors que ceux qui osent exprimer qu’ils ne savent pas ce que pense Afaf prenne le temps d’expliquer ce que pense réellement Myriam parce que pour ma part il n’y a pas beaucoup de sujets où je l’ai entendu s’exprimer, en dehors de son activité d’élue ou ministre. Et depuis que Myriam est ministre, nous ne pouvons pas dire qu’elle ait brillé par sa présence dans le 18ème en mairie ou en section. Et pourtant notre arrondissement a connu un Daniel Vaillant ministre de l’intérieur très présent localement (il avait même alors décidé de présider alors le comité d’arrondissement des sections, ce qui fut même un petit sujet de friction…) et un maire de Paris tout aussi présent aussi bien sur le terrain qu’en section.

Par ailleurs pour les militants de JBC, je veux rappeler combien l’implication de Christophe Caresche, notamment avec sa permanence, siège et même bibliothèque de la section, a été essentiel dans la dynamique de la section. Je suis convaincu qu’Afaf, militante et électrice dans cette section saura poursuivre ce lien très fort.

Aujourd’hui ces deux élues sont toutes les deux des soutiens de notre action gouvernementale et Afaf Gabelotaud a même été promue au BN du PS dans le contingent des Hollandais. Et pour cause elle a toujours été fidèle à cette mouvance depuis 2011 !

Alors si les qualités de ces deux élues de choc sont très proches, quel est donc l’enjeu pour les séparer le 8 décembre ?

Pour moi il y a un argument essentiel. En 2017, le vote des 11 et 18 juin interviendront après une élection présidentielle où il y a de fortes probabilités que le président soit issu des rangs du parti LR, voire même du FN. La courte campagne de mai et juin ne se fera plus sur le bilan du quinquennat et son quitus mais sur quelle gauche devra incarner la suite et d’un certain point de vue la recomposition. Lors des primaires de la droite dans quelques semaines, vous verrez de très nombreux parisiens de nos arrondissements de gauche aller voter en masse pour qu’un certain Alain Juppé, ancien député de la 18ème circonscription élu à 60% des voix en 1993, devienne le candidat de la droite et du centre. Et la probabilité de l’élection de Juppé face à Le Pen en 2017 est aujourd’hui l’une des plus fortes. Pierre Yves Bournazel qui s’est d’ailleurs beaucoup calmé et recentré depuis quelques années sera le candidat de la vague Juppé. De nombreux électeurs de gauche ayant voté Juppé en novembre 2016, n’auront finalement plus de répulsion à voter pour Juppé le 23 avril et 7 mai mais aussi pour sa future majorité. Les élections législatives sont des élections à vague et je rappelle qu’en 1993, la vague d’alors avait emporté tous les députés PS de Paris, et notamment les 3 circonscriptions du 18ème, sauf Georges Sarre passé alors au MRC.

Alors à qualité égale, je veux vraiment alerter les militants socialistes et leur dire ne soyez pas dans le déni et le recroquevillement. J’ai été un soutien sans faille de notre majorité politique du début à la fin du quinquennat. Cela ne m’empêche pas d’avoir la lucidité de reconnaitre qu’en 2016, il y a bien eu un problème politique majeur autour d’abord de la déchéance de nationalité (que j’ai soutenu) et de la loi travail (que j’ai aussi soutenu). Et ce traumatisme est là et bien là. J’ai beau avoir été un soutien de la loi travail, je considère que la démarche a pour le moins été mal expliquée. Mal expliquée par le président de la République qui a attendu le 14 juillet pour trouver les mots justes. Mal expliquée par le premier ministre. Mal expliquée par la ministre Myriam El Khomri que je n’ai pas vu souvent aller au 20h, ou dans les émissions en prime time pour faire le SAV. Je n’ai pas beaucoup vu Myriam porter sa loi avec pédagogie dans les médias et je regrette qu’au fond le seul acteur public qui ait su trouver les mots dans la sphère médiatique pour expliquer ce projet juste c’est Laurent Berger, le leader de la CFDT. Mais aujourd’hui quelle que soit l’application de cette loi et son inscription dans les faits, c’est bien l’incompréhension et le traumatisme qui prévalent et je ne vois pas comment revenir là-dessus.

Alors oui il y a bien un traumatisme à gauche dans l’électorat de la gauche et dans l’électorat socialiste sur cette question. Et Myriam porte à travers son nom ce traumatisme qui a été violent pour une part indiscutable de l’électorat de gauche. Et la question que chaque militant socialiste doit avoir le courage de poser à tous ses proches avant de voter le 8 décembre : est ce que si Myriam El Khomri porte les couleurs du PS, vous voterez pour elle le 11 au 18 juin prochain ? J’ai fait le test dans ma famille, auprès de mes enfants qui seront électeurs, et auprès de mes amis, électeurs du 18ème qui ne sont pas des militants mais des électeurs. La réponse est sans appel. Ni le 11, ni le 18 pour la plupart d’entre eux ! Alors oui ce n’est pas parce qu’il y a encore des habitants pour demander à Myriam de faire des selfies avec elle que cette dernière rassemblera automatiquement le cœur de tous les électeurs de gauche encore majoritaires sur notre circonscription. Et je crains que le nombre d’électeurs qui justement ne pourront pas demain mettre un bulletin Myriam El Khomri soit suffisamment important pour nous retrouver le 18 juin avec un député LR et cela a déjà existé ici. Alors oui à qualités égales, la candidature d’Afaf saura rassembler davantage car le puissant véto sera levé sur son nom.

De plus j’avoue comme beaucoup d’amis de Myriam continuer à me poser cette question insoluble : mais qu’est-elle allée faire dans cette galère ! Myriam a été une excellente ministre dans ses fonctions précédentes mais là, même si elle a su intégrer les éléments de langage et faire le job comme l’on dit, elle n’avait effectivement pas ni background, ni la connaissance, ni la maitrise d’un sujet oh combien complexe et oh combien symbolique.

Je veux enfin m’exprimer sur la dimension parisienne. J’avoue avoir trouvé l’intervention de la maire de Paris assez virulente et pour tout dire un peu inélégante vis-à-vis de celle qui fut une de ses principales porte-parole en 2014. Pour autant, que la maire de Paris expose son point de vue me parait naturel et je ne vois pas bien au nom de quoi elle devrait se taire ! Chacun sait combien je ne fais pas partie ni de sa cour ni de ses cercles rapprochés. Et je subis depuis 2014 comme Myriam aujourd'hui le climat de Fatwa qui est insupportable pour tous ceux qui ne sont pas du premier cercle précisément. Pour autant Anne Hidalgo sera, quels que soient les scénarios, une actrice de la recomposition et du paysage de la gauche de l’après 2017.  Bertrand Delanoë a toujours donné son point de vue sur les législatives à Paris et d’ailleurs il avait pesé pour que des élus écologistes puissent être élus à Paris en 2002 tout en s’insurgeant de la façon dont Aubry cédait la plus belle circonscription à Cécile Duflot en 2012. J’ai également le souvenir que lorsque je me suis présenté face à Daniel Vaillant en 2007, il a là aussi donné son point de vue. Un point de vue qui ne me faisait pas spécialement plaisir mais qui était pour le moins légitime. Et je n’aurais jamais accepté qu’un de mes soutiens d’alors vienne remettre en cause la légitimité du maire de Paris à s’exprimer sur cette élection !! Par ailleurs le point de vue de la maire de Paris est d’autant plus légitime qu’elle a effectivement un intérêt évident de voir le maximum de députés de gauche élus le soir du 18 juin prochain à Paris. Et non seulement elle a un intérêt à ce que la 18ème circonscription reste dans le giron de la gauche mais il faut aussi avoir conscience que la bataille ne se jouera pas que circonscription par circonscription. Elle se jouera aussi à l’échelle parisienne. Et si Myriam qui incarne, un peu malgré elle il faut le dire, un chiffon rouge pour une part de la gauche est candidate à Paris, l’onde de choc pourra dépasser les frontières de la 18ème circonscription. Je pense tout particulièrement à la circonscription voisine, celle d’Annick Lepetit qui est aujourd’hui, l’une des plus menacée. Ce n’est pas seulement la 18ème que nous pouvons perdre mais deux des trois circonscriptions du 18ème.

Pour terminer je veux saluer le choix difficile de Christophe Caresche de se retirer de ce combat quand tant d’autres continuent de s’accrocher. Après avoir donné l’exemple sur le mandat unique de député à Paris, il donne à nouveau l’exemple du non cumul dans le temps. Il a été un excellent député. Si j’ai pu être heurté par ses changements de pieds très fréquents et souvent un peu violents, cherchant parfois à disqualifier ou intimider par la menace tous ceux qui ne le suivaient pas dans ses nouveaux raisonnements, je sais combien il a bossé au parlement comme bien peu d’élus le font et comme tous devraient le faire. J’ai apprécié d’être son collaborateur.  Et je sais combien il a joué un rôle dans la conquête de la gauche à Paris et dans le succès du développement de notre militantisme, comme il a d’ailleurs hélas accompagné son rétrécissement.

En espérant pouvoir fêter ensemble la victoire d’une nouvelle députée le 18 juin prochain dans ma circonscription.

 

 

 

 

 

 

 

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