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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Au revoir camarades

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Au revoir camarades

J’ai adhéré au parti socialiste le mercredi 27 janvier 1988 à Rillieux la Pape. J’avais alors 19 ans et déjà 3 ans de militantisme de terrain à mon actif par le biais local d’un collectif associatif préparant l’alternance municipale dans ma ville. J’y suis donc entré non pas par le filtre de l’UNEF ou du MJS mais d’abord de l’action locale ce qui était assez rare dans ma génération.

J’ai décidé de prendre congé du Parti socialiste ce mercredi 27 janvier 2016, après exactement 27 ans de militantisme. C’est sans doute la décision la plus difficile que j’ai eu à prendre.

Je dois quelques explications à ceux qui ont été mes camarades. Elles s’annoncent longues mais c’est le minimum après 27 ans d’action militante.

En préambule, la question de ma démission du PS s’était posée par trois fois déjà dans mon parcours militant.

La première fois, c’était au lendemain du sinistre congrès de Rennes. Ce fut mon premier et il se trouve que j’étais invité par ma fédération. Le spectacle qui m’a été donné à voir m’a glacé et consterné. Il m’a vacciné à vie contre les comportements de clans et de supporters. Et chaque fois que j’ai vu dans des réunions ou AG des socialistes siffler d’autres socialistes, ces images de bêtise collective absolue me remontaient à la surface. Cette haine de soi du militant socialiste restera pour moi un mystère jamais élucidé.

La deuxième fois, ce fut lors du congrès de Liévin, qui fut le paroxysme de la maladie que je vais décrire plus loin et qui gangrène notre collectif, la schizophrénie politique. Nous avions une équipe autour d’Henri Emmanuelli qui nous la jouait retour aux fondamentaux, comme une pure régression à un stade très lointain d’ailleurs, tout en appelant alors Jacques Delors à « faire son devoir ». Un peu comme si Jeremy Corbyn demandait à Tony Blair de se présenter… En janvier 1995, si Emmanuelli avait battu Lionel Jospin dans la première primaire militante de notre histoire, j’aurais alors rendu ma carte. Par bonheur deux tiers des militants du PS choisirent alors d’ouvrir la très belle page des années Jospin, refermant ainsi la courte parenthèse de « l’axe majoritaire de gauche » me redonnant ainsi confiance et espoir en nous. A défaut de démissionner du PS, j’ai cependant mis alors fin à ma première expérience professionnelle dans la politique, à savoir permanent du PS, alors même que j’occupais un poste très intéressant puisque j’étais en charge de l’Europe au secteur international.

La troisième fois, ce fut au lendemain du presque aussi sinistre congrès de Reims. J’étais déçu, très déçu en particulier du choix qui restera à jamais incompréhensible du retrait de Bertrand Delanoë qui avait toute raison de l’emporter au 2ème round. Mais j’étais surtout totalement écœuré des conditions dans lesquelles celle qui s’est emparé du parti y parvenait. Il y avait alors double déni démocratique. Que la leader de la 3ème motion s’impose était déjà un non sens (d’ailleurs elle même a fait inscrire dans nos statuts qu’une telle aberration ne puisse se reproduire !!!) mais qu’elle réussisse à coup de bourrage d’urnes était pour moi insupportable. Ces pratiques sont les pires de ce que notre parti peut produire. Et je dois même avouer que je les ai vu organiser dans ma propre section avant que j’en devienne le secrétaire de section. J’ai d’ailleurs très clairement signifié à Christophe Caresche comme à Bertrand Delanoë, les deux grands élus de JBC, que je mettrais fin immédiatement à de telles pratiques le jour où je serai élu secrétaire de section. J’en veux à Martine Aubry et à ceux qui ont triché pour écarter d’abord Bertrand Delanoë, puis Ségolène Royal qui était aussi légitime pour diriger le parti puisque sa motion était arrivée en tête. Mais cette dernière s’appuyait elle aussi sur des fédérations vérolées et gangrénées.

Pour mémoire, je rappelle que lors de ce sinistre congrès de Reims, les fédérations du Nord Pas de Calais et des Bouches du Rhône pesaient 25 à 30% des cartes nationales. Chacun peut mesurer l’impact de ce militantisme extraordinairement localisé et survitaminé alors que ces trois départements clefs n’ont désormais plus de conseillers régionaux de gauche et que le FN y occupe plusieurs mairies…

Alors pourquoi cette fois ?

Cette décision n’est pas un coup de tête mais un lent processus qui a débuté en 2008 et s’est amplifié en 2012. Il arrive un moment où le ras le bol l’emporte sur la résignation. Comme dirait Taubira : « oui, résister c’est partir ». Pour ma part, je ne peux plus supporter la schizophrénie socialiste, la médiocrité du débat, l’incapacité à assumer, à penser et à théoriser sa propre action, les postures qui prennent le pas sur les positions et enfin la gestion lamentable des ressources humaines dans un parti qui écarte en permanence ses meilleurs pour valoriser les faibles, les collaborateurs porteurs de serviettes et ceux qui ne font d’ombre à personne. A force de n’avoir plus comme dirigeants que des gens qui ne font d’ombre à personne et qui s’entourent chaque jour un peu plus de camarades faisaient encore moins d’ombre, c’est tout notre parti qui est devenu un immense théâtre d’ombre.

1° Ras le bol de section.

Ma première lassitude est effectivement au niveau de ma section. J’ai eu la chance de pouvoir diriger une des plus belles sections de Paris et des plus intéressantes de 1997 à 2008. J’ai été élu par 69 militants. Ma première année d’animation démarrait avec des AG à 35 et dès 2000, elles dépassaient très souvent les 100. En 2006-2007, nos réunions pouvaient attirer 200 à 300 personnes et nous étions alors obligés de louer le local du PC car celui du PS s’avérait trop petit. Quand je suis parti, il y avait encore 375 militants qui votaient pour un congrès. En 2008, notre section était la 6ème plus importante section parisienne avec plus d’adhérents que ce que l’on peut connaître dans chacune des 30 plus petites fédérations. En 2015, nous étions la 14ème section. Chaque année de mon mandat, la section terminait l’année avec plus d’adhérents que l’année précédente. Lors du dernier congrès de Poitiers, il y a eu 70 votants et nos AG naviguent actuellement entre 20 et 35 personnes, soit ce que nous étions en CA tout au long des années 2000. Alors oui, cette période fut pour moi très pénible à vivre.

Au cours des 10 ans de mandat, je démarrais chaque année en faisant le tour des 50 000 boites de la circonscription par deux mois de campagne d’adhésion avec une carte postale. Tous les matins de janvier à mars, après avoir emmené mes enfants à la crèche ou l’école, je faisais une heure à deux heures de boitage qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, avec une attention particulière pour les quartiers populaires. J’ai été aidé souvent et j’avais un truc pour donner envie c’est que je connaissais chaque porte par cœur et pouvait ainsi faire découvrir le charme inouï des cours et arrières cours de Montmartre. Ces milliers d’heures à tout faire pour attirer, mais aussi pour animer et donner envie de rester, je ne peux m’empêcher d’avoir le sentiment qu’elles furent pour rien tant cette mine d’or a été dilapidée et piétinée. J’ai tiré la sonnette d’alarme mille fois et à chaque fois cela a été vécu sur le mode d’attaques personnelles contre mon successeur. Pourtant, ce n’était pas si compliqué que cela de poursuivre voire amplifier cette aventure. Il y avait 4 ingrédients que je n’ai eu de cesse de rappeler. La qualité de nos débats en les ouvrant systématiquement aux sympathisants et avec des invités qui viennent aussi de la société civile. La gestion rigoureuse et régulière du fichier. La liberté totale d’expression des militants au travers de la liste de diffusion ou le journal Le temps des cerises et enfin le management suivi pour booster une équipe à qui on donne envie de bosser.

Alors certes un nouveau secrétaire de section, Mathieu pourra faire ses preuves et j’espère qu’il saura retrouver les chemins de ce qui a marché longtemps, mais cela n’enlèvera jamais ce sentiment que 10 ans de boulot ont été massacrés.

Dans l'état dans lequel se trouve notre section, je n'ai qu'un seul conseil à donner à tous les responsables qui l'animent : rapprochez vous des deux autres sections pour faire la section du 18ème car la taille actuelle de chacune des sections enlève tout intérêt à conserver ces trois entités. Et c'est celui qui s'est le plus opposé à cette option au moment où nous étions en forte dynamique militante qui l'assume. La façon dont nous sommes méprisés à Paris et j'y reviendrais plus loin, nous impose cette solution qui aujourd'hui a du sens.

2° Ras le bol fédéral et parisien

C’est sans doute ce qu’est devenu le PS dans ma fédération et au conseil de Paris qui a été le plus déterminant dans ma décision. Depuis mon arrivée à Paris, j’ai connu 3 premiers secrétaires fédéraux. Le premier Jean-Marie Le Guen était rugueux, voire violent ; j’ai eu avec lui des passes d’armes fortes voire pénibles. Mais au moins étaient-elles directes, franches et jamais sournoises. Et force est de reconnaître que son mandat a assurément posé les conditions politiques de la conquête de Paris par le PS. Le second, Patrick Bloche a été un excellent premier fédéral ; j’ai eu un immense plaisir à travailler à ses côtés notamment en gérant pendant 5 ans la communication de cette fédération, journal, web et tracts.

On ne peut pas dire que son successeur ait fait vivre cette fédération de façon aussi tonique, ouverte et productive. Le constat dressé de l’évolution de la section ressemble beaucoup à ce qui s’est passé au niveau de la fédération. La légende officielle veut que Martine Aubry ait remis le PS au travail après l’avoir trouvé dans un état lamentable. Cette réécriture de l’histoire parfaitement grotesque ne résiste à aucune réalité ni électorale ni militante et dans ma section, comme dans ma fédération, ces années ont été au contraire celles de la dévitalisation et de la fuite des adhérents que la primaire 2011 ou la campagne de 2012 n’ont pas suffi à enrayer. Devant ce qu’est devenu cette fédération, j’ai d’ailleurs fait le choix de ne plus me représenter dans les instances fédérales lors du dernier congrès, considérant aussi que d’autres doivent prendre le relais après 18 ans de présence dans les instances. Je remarque qu’en 2001, c’était le PS qui avait su produire autour de Jean-Pierre Caffet la trame du programme de Bertrand Delanoë. En 2014, Anne Hidalgo a eu l’intelligence de s’appuyer sur la démarche ouverte et participative d’Oser Paris animé par Jean-Louis Missika. C’est l’essence même de ce que devrait être toute démarche d’élaboration politique car parier sur l’intelligence collective cela marche toujours. La fédération elle n’était quasiment plus d’aucune utilité dans ce processus.

Là encore, comme à JBC, le nouveau premier secrétaire fédéral, Emmanuel Grégoire, a sans doute de belles ressources et qualités pour tenter de recréer du mouvement et de l’intérêt, pour peu qu’il soit en mesure de s’autonomiser de la maire de Paris, distance qu’avait parfaitement su trouver Patrick Bloche.

Et c’est là où les choses deviennent franchement compliquées. En bientôt deux années de mandat d’Anne Hidalgo, le choix de la maire de se poser en opposante très fréquente et médiatique à la politique menée par le gouvernement et le président est incompréhensible et intenable. J’ai eu l’occasion de lui dire la seule fois où elle est venue dialoguer directement avec le groupe socialiste. Nous n’étions d’ailleurs que 2 avec Daniel Vaillant pour oser dire notre refus de cette nouvelle schizophrénie politique qui s’est emparée de bien des socialistes et tout particulièrement des socialistes parisiens. J’ai eu coutume de dire et répéter dans toutes nos instances et en groupe que les électeurs socialistes et en particulier les parisiens ne nous coupaient pas en tranche, en considérant qu’il y aurait les mauvais socialistes qui feraient une vilaine politique de droite au niveau du gouvernement et ceux qui feraient une gentille politique de gauche au niveau local. De même que la fable sur l’austérité de la politique gouvernementale comparée à la saine sobriété de la politique municipale est une belle histoire racontée aux enfants. Depuis 2012, je ne cesse de réclamer que le PS arrive à communiquer auprès de ses électeurs sur la cohérence et le sens de toutes ses politiques publiques nationales et locales. La priorité à l’éducation qui a été celle du quinquennat Hollande, a trouvé un solide point d’appui parisien, notamment avec notre engagement sur les rythmes scolaires. C’était la priorité budgétaire n°1 du quinquennat. La politique de transition énergétique boostée par Ségolène Royal ou celle de l’agro-écologie de Stéphane Le Foll trouvent un écho favorable dans toutes nos politiques de transports, de transition énergétique dans l’habitat, d’économie circulaire ou de végétalisation urbaine. La COP 21 a été un rendez-vous très réussi aussi bien pour nos gouvernants que pour notre ville. Anne Hidalgo réussissant à montrer l’importance des villes dans cette question du climat. En matière d’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso a su trouvé les financements pour boucler les très beaux projets lancés par Valérie Pécresse et non financés, comme le campus Condorcet. Le mariage pour tous, porté par Dominique Bertinotti et Christiane Taubira, fut une victoire pour l’égalité et tout particulièrement pour Paris. En matière de logement, la demande ancienne de Bertrand Delanoë de plafonnement des loyers a été prise en compte par le gouvernement et cela a changé la vie de beaucoup de parisiens. En matière d’emploi, la politique pro-business et pro entreprise de Valls et Macron qui était d’ailleurs engagée avec beaucoup de panache par Arnaud Montebourg lui même, trouve un relais dans le formidable élan impulsé par Bertrand Delanoë, Christian Sautter et Jean-Louis Missika et poursuivi par Anne Hidalgo et Jean-Louis Missika en encourageant par tous les moyens le très efficace ecosystème parisien d’innovation et d’expérimentation. Jean-Louis Missika et Emmanuel Macron ont eu l’intelligence de se mettre d’accord sur de très beaux dispositifs d’aide et d’accompagnement : je pense au french tech ticket, au PIA et au Paris landing pack de Paris and Co. Quelle ne fut pas ma consternation le jour où nous annoncions ces dispositifs et le lancement d’ailleurs de Paris and Co et où le cabinet de la maire nous signifiait qu’Emmanuel Macron ne pourrait pas participer à la conférence de presse car il était « personna non grata » à l’Hôtel de Ville. Quelle curieuse conception du pouvoir, du pré-carré et des usages républicains ! J’ai pourtant le souvenir dans la précédente mandature d’avoir eu des échanges vifs mais constructifs à l’Hôtel de Ville avec Jean-Louis Missika, Bertrand Delanoë et Valérie Pécresse alors ministre de droite. C’est la marque d’une posture et d’un sectarisme qui sont indignes. Je ne suis pas convaincu que de transformer le cabinet de la maire en bureau national bis de l’UNEF ou du MJS permette de gagner en qualité dans les usages politiques, les usages républicains et le respect des protocoles. Tout cela s’accompagne de milles autres signes, gestes, agacements, mesquineries et traitements qui conduisent la maire à se renfermer dans une logique de cour. J’ai ainsi pu organiser 4 événements publics de Paris Développement puis Paris and Co en présence de la maire. A chacun de ces événements le même scenario huilé s’est répété. La maire de Paris prend la peine de présenter tous les élus présents sur scène tout en choisissant de m’ignorer. Lors du lancement de Paris and Co devant 300 startups, tous les élus et invités sur scène ont été présentés sauf le directeur général et le président de Paris and Co. Le mot Paris & Co lui même n'était pas dans le discours ! Lors du dernier événement dans un incubateur de Paris and Co, il y a eu cette remarque où, après avoir présenté ses adjointes, la maire, qui avait délibérément ignoré ma présence, a ajouté : « Vous remarquerez que parmi les élus, ce sont toutes des femmes ». En se comportant ainsi, la maire pense régler ses petits comptes, marquer son pouvoir et se satisfaire de petites humiliations, pourtant c’est d’abord sa fonction qu’elle affaiblit. Je cherche toujours où est la bienveillance, ce mot qu'elle n'eut de cesse d'utiliser dans sa campagne. Un tel traitement a également été réservé à d'autres élus, en général soutiens du gouvernement. Il est arrivé que Bertrand Delanoë s’autorise à des humiliations en public de tel ou tel élu mais c’était toujours circonstancié sur un moment et avec des explications. C’est pour elle que je suis le plus triste car elle mérite bien mieux que cela. Un peu comme quand lors des manifestations pour la commémoration de l’attentat de Charlie, on trouve sur la page facebook de l’Elysée et de Matignon une photo où l’on voit côte à côte le Président, le Premier Ministre ET la Maire de Paris et sur la page FB de la Maire, il n’y a que la Maire. De telles attitudes sont pour moi d’autant plus inexplicables politiquement que la majorité municipale ne tient qu’à 6 voix et que chaque fois qu’un groupe de la majorité municipale décide de voter avec la droite, la délibération ou le vœu ne passe pas. Avec une majorité aussi étriquée, il me semble qu’il est du devoir de la maire, de l’exécutif et des présidents de groupe de la majorité de bien traiter les élus de la majorité et tous ses élus. Si elle veut achever son mandat comme Jean Tibéri avec une majorité explosée entre des clans, elle n'a qu'à continuer ainsi. Elle dispose pourtant de toutes les armes et qualités pour réussir ce mandat comme le premier de Bertrand Delanoë.

La goutte d’eau de la métropole

Dans ce contexte, l’épisode de la métropole a été, pour moi, une forme de coup de grâce. En début de mandat, la responsabilité passionnante de présider deux organismes, Paris and Co et l’EIVP, qui ont vocation à devenir des outils métropolitains majeurs, m’a été confiée. La compétence du développement économique est, en effet, au cœur des compétences de la métropole. Lorsque Rémi Féraud a présenté la façon dont seraient sélectionnés les 24 conseillers métropolitains parmi les 53 conseillers de Paris socialistes, il a expliqué qu’il y aurait 3 tiers. Un tiers pour l’exécutif en fonction des compétences métropolitaines (j’observe que l’adjoint au tourisme et au sport qui a en charge la préparation des JO n’en fait néanmoins pas partie alors que le conseiller délégué à la nuit si !), un tiers pour les maires d’arrondissement et le dernier tiers pour la sacro-sainte « proportionnelle des motions », soit le tiers maudit des petits arrangements entre courants pour placer ceux qui feront le moins de bruit et le moins d’ombre. J’ai alors plaidé pour que les compétences valables pour les adjoints soient aussi pris en considération sur le 3ème tiers plutôt que les petits arrangements entre courants. Mais la liste présentée m’écartait, comme elle écartait celui qui préside l’APUR dont la conversion en outil métropolitain est pourtant demandée, comme elle écartait aussi la Présidente de la SIEMP et de la SOREQUA qui gère l’éradication de l’habitat indigne en banlieue et sera un outil essentiel pour la métropole. Ma déception n’est pas seulement personnelle, elle est avant tout politique. Je ne comprends pas le sens de s’affaiblir ainsi politiquement en privilégiant comme toujours les basses œuvres et logiques de clans au détriment de l’intérêt général et de la qualité du dispositif politique. Par ailleurs, il y a au sein des élus socialistes, 4 élus qui ont été adjoints au maire de Paris et dont l’expérience ne me paraissait pas absurde à utiliser dans une telle instance où la gauche sera minoritaire. Au-delà des personnes et donc de la mienne, ce que je reproche à cette vision étriquée et cette façon d’assurer son pouvoir, c’est le choix par ricochet d’affaiblir des outils politiques reconnus, efficaces et indispensables aussi bien pour Paris que pour la métropole.

Qu'ont fait les socialistes du 18ème pour mériter cela ?

Ce que j’ai aussi dénoncé à cette occasion, c’est le traitement insupportable réservé aux élus socialistes du 18ème arrondissement. Nous sommes le seul grand arrondissement à n’avoir plus un seul socialiste dans l’exécutif, ce qui est en soi une provocation politique et j'ose historique. Or, la première liste proposée par Rémi Féraud ne comportait initialement qu’Eric Lejoindre (il aurait été pour le moins compliqué d’écarter le 18ème de la liste des mairies d’arrondissement concernées par la métropole). Nous sommes tous montés au filet ; Afaf Gabelotaud a finalement pu être ajoutée à la liste proposée au vote. Mais à l’arrivée, le 18ème n’a que 2 conseillers de Paris à la métropole sur les 6 PS contre 5/6 dans le 19ème, 4/5 dans le 20ème, 3/5 dans le 12ème et le 13ème. Le 18ème s’inscrit aussi dans un curieux traitement de tous ceux qui ont été au cœur de l’aventure de Bertrand Delanoë. Et le déroulé de l’affaire de l’ICI, notamment quant au défaut de communication avec le maire d’arrondissement ou les députés, n’est pas digne de relations au sein d’une même majorité, même si je salue les efforts du premier adjoint parisien pour trouver des solutions acceptables par tous.

Rassembler les réformistes qui s’assument, une occasion ratée.

Il y a peu plus d’un an, j’avais contribué à lancer l’appel des 1000 pour réunir les militants parisiens qui assument la politique gouvernementale et présidentielle. Ces militants sont bien plus nombreux que le centre de gravité déporté à la fédération ou au conseil de Paris ne pourrait le laisser croire. Je pense même qu’ils sont en réalité majoritaires dans cette fédération. Je me suis écarté de cette initiative quand j’ai compris qu’elle était récupérée de façon quelque peu grossière pour en faire un enjeu personnel visant à sauver tel siège au Conseil régional. Je sais que beaucoup de militants, notamment du 18ème qui se reconnaissaient dans cette démarche ont compris également qu’elle en perdait toute substance et s’en sont retirés. Une belle occasion ratée.

Le renversement d’alliance permanent pour faire vivre l’esprit frondeur.

Aujourd’hui, les militants parisiens ont envoyé un message clair en votant massivement pour la Motion A au dernier congrès. Ce message n’est pas reçu car le cœur de la fédération, en lien avec le groupe, a décidé de s’allier très souvent avec la Motion B pour faire monter la sauce anti-gouvernementale. La motion du Bureau fédéral contre la déchéance de nationalité ou encore le choix incompréhensible des conseillers régionaux PS 75 de soutenir Benoit Hamon à la présidence du groupe PS au conseil régional en sont des exemples.

Soutenir Hollande et Valls à Paris nous transforme en parias !

Aujourd’hui à Paris, être un soutien de François Hollande ou de Manuel Valls doit se faire en cachette, honteusement. Mais si les militants socialistes doivent se cacher pour assumer ce qu’est la politique du gouvernement, autant aller voir ailleurs ! Les jérémiades d’adolescents attardés de Pascal Cherki ou Fanely Carrey-Conte sont pour moi des hontes permanentes et absolues. Un abaissement permanent du débat parisien. Quand le PS est capable de mettre en numéro 3 sur sa liste aux régionales une députée (et donc en favorisant le cumul !) qui trouve à redire à l’état d’urgence alors que des parisiens sont tombés sous les balles au pied de sa circonscription, je ne peux admettre que ce parti tourne rond. Tout cela a d’autant moins de sens que les électeurs urbains ont montré lors des régionales qu’ils n’étaient pas si hostiles à la politique menée par les socialistes globalement. Les scores du PS ont été très valorisants à Paris, comme à Lyon ou Bordeaux, comme à Nantes ou Lille ou à peu près toutes les grandes villes de plus de 200 000 habitants. Notre électorat, urbain en particulier, est bien plus fidèle à notre action, y compris nationale, que les frondeurs pourraient le laisser croire par leurs analyses décalées de toute réalité.

Des petites insatisfactions...

Ce spectacle politique absolument désolant est d’autant plus fatiguant pour le militant que je suis que je n’ai pas de critiques majeures sur le fond et projets de notre politique municipale. J’ai évidemment une petite insatisfaction à voir combien la politique de la vie étudiante menée depuis 2001 dans sa dimension d’encouragement à la vie associative est abandonnée. Son intérêt et particulièrement à travers le rôle de la MIE, n’a visiblement pas été appréhendé à sa juste valeur. Confier les clefs de l’animation de la vie associative étudiante parisienne à l’UNEF est une erreur manifeste d’appréciation et une incompréhension du rôle des syndicats et celui des associations. J’ai eu également un désaccord majeur s’agissant de la position de la maire de Paris sur le travail du dimanche. Le positionnement d’Anne Hidalgo était alors assez éloigné de ce qu’elle avait pu dire lors de la campagne électorale. Surtout, si la maire ne s’était pas braquée, il est évident qu’un accord était aisément concevable entre Bercy et la mairie de Paris sur le sujet. Prendre en grippe le ministre de l’économie complique, à l’évidence, le dialogue ! Je ne doute pour autant pas qu’Emmanuel Macron est un garçon de plutôt bonne composition avec lequel le dialogue peut-être constructif.

Ceci dit, si j’ai eu l’occasion d’exprimer mon désaccord sur la démarche et plus encore sur la communication, mon expression s’est avant tout limitée aux réunions de groupe. Je n’ai cependant pas participé au vote, ma carte étant alors utilisée par un autre membre du groupe. Je peux exprimer les choses et avoir des points de vue divergents mais si je trouve insupportable la façon dont les frondeurs se sont assis sur les statuts du parti en se permettant de ne pas accepter la discipline de groupe, ce n’est pas pour, de mon côté, me mettre à voter contre mon camp. Même en quittant le groupe PS, je ne voterai pas contre la majorité municipale, parce que j’ai été élu sur un projet municipal et je l’assumerai jusqu’au bout.

… a l’adhésion et même l’enthousiasme

Et j’ajoute que sur bien des sujets, notamment la démocratie participative, les transports, le logement, l’habitat participatif, le plan vélo, les zones 30, les voies sur berges, Réinventer Paris, l’économie circulaire, je me sens encore plus en phase avec ce que nous faisons dans cette mandature que dans les précédentes. L’urgence écologique, la société et l’économie du partage et de l’innovation et l’urbanisme innovant et participatif sont davantage au cœur de nos politiques et je suis le premier à applaudir. C’est d’ailleurs sans doute parce que l’urgence écologique est davantage au cœur de toutes nos politiques publiques que je ferai un bout de route avec ceux qui portent une écologie politique responsable. Et ce d’autant plus que je crois beaucoup à l’éthique et aux actes quotidiens en politique. Je fais partie des parisiens qui ne se déplacent qu’en vélo ou transports en commun et qui pratiquent l’agriculture urbaine basée sur le recyclage avec beaucoup de bonheur.

Fidèle à la dream team du 18ème

Enfin, même si je trouve que le maire du 18ème aurait pu tenter de peser davantage dans l’affaire de la métropole, je veux ici redire mon attachement à cette très belle équipe municipale du 18ème. Je continuerai d’ailleurs dans le 18ème, comme Jean-Bernard Bros, à participer au groupe socialiste car il n’y en a pas un seul de ses membres avec lequel je ne me sente pas en phase. J’observe que cette belle équipe municipale 18ème est à l’image de notre arrondissement : jeune, diverse et populaire. Elle compte essentiellement des élus qui ont tous un travail non politique à côté, souvent dans le secteur privé. Bien loin de la description faite dans le documentaire terrible de vérité sur le fameux tunnel « Profession socialiste » diffusé cette semaine sur France 3.

3° Ras le bol national.

Au fond, ce que je viens de décrire au niveau local ou fédéral, se retrouve en puissance dix au niveau national. L’absence de pilotage, l’absence de la moindre colonne vertébrale, l’absence de toute communication basée sur la pédagogie et visant à donner du sens à l’action, l’absence de gestion des ressources humaines et la place laissée à ceux qui jour après jour démolissent, démolissent et démolissent encore est édifiante.

Un parti incapable de sélectionner ses élites politiques !

En 2012, j’ai pris le risque politique de présenter une motion (un très beau texte qui n’a pas pris une seule ride et qui annonçait bien des choses !). C’était d’abord le fruit d’une sidération politique. Comment le Parti Socialiste pouvait ouvrir sa période de gestion gouvernementale en limitant le choix de son premier secrétaire à Jean-Christophe Cambadélis ou Harlem Désir ? Outre leur passé judiciaire, aucun de ces deux leaders n’est en mesure d’avoir un rapport direct aux français. Etre premier secrétaire du PS, ce n’est pas seulement animer une équipe et piloter le bateau solférino, c’est aussi être le leader de la gauche au centre du dispositif. Lionel Jospin, Pierre Mauroy, Laurent Fabius ou François Hollande ont été d’excellents premiers secrétaires en période de pouvoir. Et ils pouvaient parler aussi aux français. Oublions la pantalonnade que fut la période Désir ou le néant total. Ce que je reproche à Jean-Christophe Cambadélis aujourd’hui n’est pas tant son incapacité à gérer Solfé - qu’il a bien repris en main mais plutôt de s’enfermer dans une langue de bois qui au fond n’intéresse que le microcosme journalistique. Jamais la moindre trace d’une émotion politique, d’une empathie, d’une emphase ou d’une expression qui puisse intéresser et captiver l’électeur de gauche tout simplement. L’épisode du référendum pré-régionales montre combien nous nous regardons le nombril !

J’ai adhéré en 1988 et ait donc connu Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Michel Rocard, Henri Emmanuelli, Lionel Jospin, François Hollande, Martine Aubry et donc Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis. J’ai eu des désaccords avec certains d’entre eux, mais je peux reconnaître aisément que chacun des 7 premiers aurait pu à tel ou tel moment ou occasion de notre histoire porter les couleurs de notre parti ou de la gauche dans une élection présidentielle. Selon le dernier baromètre mensuel TNS Sofrès du Figaro Magazine, la cote de popularité de Jean-Christophe Cambadélis est de 6% et arrive quasiment en dernier. Et quand ce dernier sort un livre, il n’arrive même pas à trouver plus d’acheteurs qu’il y a de monde au conseil national. Habituellement, la cote positive politique des précédents premiers secrétaires a toujours été comprise entre 35% et 55%.

Tout cela illustre une incapacité totale de notre parti à sélectionner ses dirigeants et à choisir tout simplement les « meilleurs ». A chaque fois que quelqu’un pouvait s’emparer de Solfé en étant « populaire », l’armée des détenteurs de brevets en socialisme se coalise pour barrer la route à l’ennemi comme lors du congrès de Reims où les deux leaders les plus populaires, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal ont été écartés dans une conjuration des imbéciles qui restera sans aucun égal. Et avant eux Michel Rocard ou Laurent Fabius avaient vécu ces tirs de barrages des suicidaires et névrosés du socialisme.

La campagne d’une médiocrité et d’une vulgarité absolue que nous venons de vivre autour de Bartolone en Ile-de-France est encore un autre cas de figure illustrant. Au delà de nos débats qui n’intéressent vraiment que nous, je remarque que nos électeurs ont aussi besoin de stature et de niveau. Si Alain Rousset ou Jean-Yves Le Drian ont obtenu, et de très loin, les meilleurs scores pour la gauche dans les dernières élections régionales, ce n’est pas seulement parce qu’ils étaient dans les régions les plus à gauche mais aussi parce qu’ils assumaient un beau bilan régional, assumaient la politique gouvernementale et avaient de plus une très solide stature et dimension personnelle. Avoir de l’étoffe, de la dimension et du contenu, cela compte pour les électeurs.

Le sabotage permanent.

Enfin, je ne peux m’empêcher de relever mon irritation totale devant ce qu’aura été le spectacle édifiant des frondeurs que je préfère appeler les saboteurs. Nous aurons passés donc la majeure partie du quinquennat avec une poignée de députés socialistes qui ont saturé l’espace médiatique en étant de plus invités dans toutes les émissions pour tirer à vue sur l’exécutif. Ces tontons flingueurs qui n’ont jamais supporté le résultat de la primaire 2011 n’ont eu de cesse de dézinguer gratuitement et bien souvent sans le moindre contenu alternatif et constructif. Dézinguer pour dézinguer ou plutôt pour exister. L’ancien Strauss-Kahnien Baumel écrivait une ode au réformisme en 2006. Il n’a pris depuis 2012 les micros tendus que pour cracher sa bile contre une politique jamais assez à gauche. C’est sûr qu’avec un DSK, on aurait vu ce qu’on aurait vu en matière de politique très à gauche. Le drame est que les journalistes font monter en sauce ces messages de dissidence et de bordel sans jamais mettre en valeur le travail ou l’action de l’immense majorité des députés socialistes qui eux soutenaient sans rechigner l’action de nos dirigeants qui dirigent la France.

De 2008 à 2012, notre parti a vécu un période de glaciation politique où aucun débat n’était permis ou autorisés. Chaque convention nationale se terminait par le vote d’un texte que nous devions voter en bloc sans même pouvoir l’amender. L’ordre régnait à Solférino ! Ce sont ceux qui n’ont eu de cesse de vouloir faire régner un ordre digne du centralisme démocratique de l’ancien PC qui, après notre arrivée au pouvoir, n’ont eu de cesse de foutre le bordel le plus incroyable en parasitant à peu près tous les débats et les grands choix. Or c’est exactement l’inverse dont nous avions besoin. Le désordre créatif pour élaborer notre vivier d’idées et de projets et l’ordre pour soutenir l’action difficile de ceux qui sont les mains dans le cambouis au pouvoir. C’est ce qui s’appelle marcher sur la tête.

Je note également que jamais ni Martine Aubry, ni Christian Paul, ni aucun de ces flingueurs professionnels n'accepteraient une seule seconde que de tels comportements puissent se dérouler dans leur majorité d'exécutifs locaux !

Nos électeurs ont d’ailleurs montré élection après élection que le discours pour une alternative de gauche à la gauche qui accepte de gouverner ne trouvait pas la moindre traduction. Aux dernières régionales jamais le PC et les partis d’extrême gauche n’ont fait un aussi mauvais score et le parti qui a de très loin le plus reculé c’est EELV, dont les électeurs n’ont pas du tout compris le choix de quitter le gouvernement pour s’acoquiner avec la gauche morte du PG. La parole de la gauche de la gauche ne trouve aucun écho électoral mais nos frondeurs continuent de nous expliquer qu’au sein du PS on doit porter le même discours que ceux qui sont effectivement rejetés par les électeurs. Spectacle totalement surréaliste.

Dans un an, est ce qu’un seul de ces frondeurs veut bien prendre le temps de m’expliquer ce qu’il dira à ses électeurs quand il sollicitera à nouveau leurs suffrages ? « Mon gouvernement a été nul de bout en bout et je n’ai eu de cesse de le dire mais voter pour moi car il faut continuer ». Je ne peux plus et ne veux plus accepter cette totale schizophrénie.

Voilà. Alors je resterai un militant. D’une gauche moderne, européenne et fièrement réformatrice.

Socialiste. Parce que je continue à croire dans la valeur d’égalité par la redistribution et des politiques sociales. Dans le projet historique d’émancipation par la société et l’économie de la connaissance en mettant l’éducation, la formation tout au long de la vie, la culture, l’accompagnement de la jeunesse, l’enseignement supérieur et la recherche et l’innovation au centre de nos politiques publiques.

Ecologiste. Parce que l’écologie, la sobriété, la lutte contre le réchauffement climatique, l’urbanisme et l’habitat participatif, l’économie circulaire, la protection de la nature et de la biodiversité et une densité urbaine libérée de la voiture individuelle doivent être au cœur de notre logiciel.

Libéral. Parce que je crois avec enthousiasme dans l’énergie de la création et de l’initiative individuelle. La création intellectuelle. La création artistique. La création de richesse. Nous devons tout faire pour accompagner et permettre le développement de l’entreprenariat et toute politique de l’emploi en France passe par l’encouragement de l’entreprise.

Républicain. Notre devise, Liberté, égalité et fraternité ont pris tout leur sens depuis un an. Mais au delà de notre devise, je veux dire ici ma fierté de voire enfin la gauche pouvoir être crédible sur les questions de sécurité, aussi bien sur le plan intérieur, que sur le plan extérieur. Je relève également mon attachement à la valeur de laïcité mais cette laïcité ne doit pas devenir une nouvelle religion en soit qui serait la religion des anti-religions. Elle est la condition du respect mutuel, du vivre ensemble et aussi du respect entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas.

Européen qui assume la mondialisation. Parce que l’Europe restera notre cadre pour l’avenir de toutes nos politiques publiques. L’Europe c’est l’espace qui conjugue la Démocratie, l’état de droit, la prospérité, la culture, la paix, la mixité des langues et cultures, les droits sociaux, je pense en particulier aux retraites et à la sécurité sociale. Cette conjonction n’existe nulle part ailleurs alors soyons fiers de notre modèle. Quant à la mondialisation, c’est un peu comme pour l’économie de marché, elle est un fait qui s’impose à tous et tout discours visant à la combattre est totalement vain et inutile car au bout du bout si on veut sortir de la « mondialisation », il faut alors aller au bout du raisonnement et le bout du raisonnement c’est Marine Le Pen et la fermeture des frontières. Tout autre verbiage est incompréhensible et c’est bien là dessus que Marine Le Pen cartonne dans l’électorat populaire par rapport à l’extrême gauche au sens large. Pourtant chacun sait pertinemment que le jour où le contre modèle de Marine Le Pen est appliqué et mis en place, le décrochage de toute notre économie sera massif.

Démocrate. Parce que la démocratie doit rester l’horizon de toute personne de gauche. Démocratie interne dans les partis, syndicats ou associations, comme externe avec la conquête de nouvelles pratiques, comme les budgets participatifs. Il y a encore plein de choses à inventer pour faire participer davantage, dans nos villes, dans nos sections, dans nos entreprises, dans nos syndicats et nous n’avons encore rien exploré des champs du possible démocratique ouverts par le numérique.

La société de la connaissance, de la création, de l'innovation, du partage et de la participation peut nous permettre d’écrire encore de très beaux projets pour une gauche du 21ème siècle.

Alors oui à 16 mois du grand rendez-vous de 2017, je ne veux plus perdre mon énergie à combattre et subir les socialistes de l’intérieur. Ce devrait être à ceux là de partir et je suis convaincu qu’ils partiront un jour car ils se sont mis dans une situation totalement absurde et intenable. Leur baroud d'honneur sur la primaire est d'ailleurs pathétique. Ils n’ont toujours pas compris que si François Hollande était mis hors jeu, ce sera Manuel Valls ou Emmanuel Macron qui incarneront la gauche de demain. Qu’ils sortent de leurs petits cercles étriqués où ils se prennent pour des cadors du socialisme et qu’ils aillent discuter 5 minutes avec l’ouvrier en bas de chez eux sur le chantier, avec leur coiffeur, avec la dame âgée dans le bus ou avec l’étudiant qui sort de sa fac. Ils verront s’ils trouvent un seul électeur de gauche voulant avoir comme leader crédible Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Benoit Hamon ou Cécile Duflot, au sortir d’une primaire imaginaire. Aucun de ceux là ne pourrait être qualifié dans un second tour ! En attendant, je n’ai plus le courage, l’envie et l’énergie pour supporter leurs enfantillages, leur logique d’auto-destruction permanente. Dans la mesure où je souhaite terminer le quinquennat de François Hollande dans une équipe tendue vers la réélection plutôt que l’échec ou l’élimination, je préfère travailler avec une petite équipe à l’énergie positive plutôt qu’avec une grande équipe, gangrénée par des névrosés et des personnalités toxiques.

2016, 2017 et 2018 seront trois années de grandes recompositions politiques. Je ne peux absolument pas imaginer que le PS survive tel qu’il est à ce maelstrom. Il devra changer de nom, clarifier ses positions, réinventer ses modes de sélection, se remettre au travail pour à nouveau tenter de penser et élaborer ses projets et idées. J’ai beaucoup participé au fameux débat récurrent sur la rénovation et ait d’ailleurs toujours été force de proposition.

Le fonctionnement clanique et vertical de notre parti est aujourd’hui complètement décalé de ce que peuvent vivre et inventer ceux qui innovent tous les jours aussi bien dans les entreprises, les startups, que dans les syndicats ou les associations.

Je serai à nouveau militant du PS quand il assumera ce que ceux qui agissent en son nom font devant les français et devant les électeurs. Moi j’assume tout, nos politiques nationales comme locales.

Je suis fier de ce que nous faisons autour de François Hollande et Manuel Valls comme je suis fier de ce que nous faisons autour d'Anne Hidalgo après Bertrand Delanoë. Mais je n’assume plus de devoir côtoyer ces fouteurs de merdes qui n’ont strictement aucune alternative à proposer et qui seront très vite balayés par l’histoire, la petite comme la grande.

De ces 27 années si une forme d’amertume peut transparaitre, je garderai assurément le meilleur et des souvenirs exceptionnels. J’ai croisé nombre de personnes de tous âges, de toutes origines sociales et culturelles qui m’ont tant et tant apporté. Quand je vois ce que j’ai pu vivre dans ma section, je ne sais pas où j’aurais pu passer des soirées dans lesquelles pouvaient débattre des PDG de grande banque ou entreprises, des journalistes, des acteurs, des élus, des cadres, des employés, des artistes, des ouvriers, des enseignants, des intermittents, des retraités, des étudiants, des rmistes.

Je garderai beaucoup d’amis, dans toutes les sensibilités, même si l’amitié est compliquée en politique. Je n’ai cependant jamais compris comment les uns et les autres pouvaient du jour au lendemain choisir de ne plus vous adresser la parole parce qu’ils ne supportaient pas de ne plus être dans le même camps, de supporter le même candidat, ou de signer la même motion. A chacun sa liberté d'être open minded ou narrow minded comme disent les anglais.

Je suis très fier de ce que j’ai pu accomplir en militant.

Fier d’avoir par exemple été à 22 ans le rédacteur de l’histoire « officielle » du PS telle qu’elle figure sans discontinuer dans le guide du nouvel adhérent depuis 1990.

Fier d’avoir été « rocardien » tant ce courant était un vrai courant qui produisait du contenu, des analyses et des idées, dans le respect des autres.

Fier d’avoir dans mon militantisme dans le 93 contribué à transformer une station service d’un quartier très difficile situé entre Drancy, Bobigny et Drancy en salle de répétition et bar. Fier d’avoir rédigé une brochure de formation sur les PS en Europe pour faire comprendre comment fonctionnent les autres partis européens de la gauche démocratique.

Fier d’avoir fait partie de l’équipe de campagne de Lionel Jospin en 1995.

Fier d’avoir toujours mis l’accent sur l’ouverture de notre parti à la diversité des origines, de Rillieux à Paris et le 18ème. J’en ai fait l’axe principal de la primaire 2007 pour les municipales dans le 18ème. J’ai ouvert la voie à l’accession d’une nouvelle génération d’élus de très grande qualité, Bertrand Delanoë reprenant ainsi mes propositions et notamment celle de mettre en 2ème de liste une candidate issue de la diversité. C’est ainsi qu’a démarré le lancement de Myriam El Khomri.

Fier d’avoir pu mener une primaire en 2007 où j’ai toujours respecté mon adversaire. Je ne suis pas sûr que tous ces processus se terminent ainsi. Bien des responsables socialistes parisiens n’ont eu de cesse de gloser sur le 18ème qui était à feu et à sang. Ceux là n’ont jamais rien compris à ce qui se passait dans notre arrondissement où les relations entre socialistes sont plus fécondes, respectueuses, amicales et sympathiques que dans bien des villes et arrondissements.

Fier d’avoir montré, en animant la section, que l’on pouvait innover démocratiquement. Quand on fait le pari de la confiance, de l’excellence, de la culture du débat et surtout quand on laisse les militants choisir et dire ce qu’ils ont à dire, il en sort toujours le meilleur. La fin de la cooptation clanique permet d'élire les meilleurs et de faire émerger les plus belles équipes, sans parrains, ni mafias. Le PS peut ressembler à la société quand il ouvre les portes et les fenêtres. JBC fut un formidable laboratoire de ce que devrait être un parti moderne et vivant.

Fier d’avoir mené une politique de vie étudiante où les associations étudiantes étaient mis à contribution pour co-élaborer notre politique publique. Même avec un gouvernement de droite nous pouvions avoir des accords basés sur une belle notion, celle de l’intérêt général. Je suis heureux d’avoir pu faire avancer le dossier du campus Condorcet et faire aboutir l’accord historique entre l’Etat, la ville et la CIUP. Je crois d’ailleurs fondamentalement que quand tous les acteurs publics et privés se mettent autour d’une table pour co-élaborer, l’énergie produite est supérieure à l’énergie produite par chacun des acteurs. Heureux d’avoir ouvert la voie à de nouvelles synergies entre le monde associatif étudiant et le monde de l’innovation et de la création d’entreprises.

Fier d’avoir cru dans l’ambition parisienne de Bertrand Delanoë dans un moment où nous n’étions pas nombreux et je lui sais gré de m’avoir aussi fait confiance. Ce fut un immense honneur que d’être son adjoint.

J’ai eu beaucoup de bonheur à constater que dans le 18ème, il était possible d’assumer des choix différents de ses grands leaders.

Enfin, je sais et peux comprendre que certains militants soient et seront heurtés par le fait que je puisse poursuivre mon mandat local obtenu avec l’étiquette PS. Cette question a évidemment du sens. Pourtant, j’avoue avoir bien peu de complexes compte tenu du nombre d’heures passées au service de ce parti. Tout en étant libre, je demeurerai bien plus loyal que tous ces irresponsables qui se sentent investi d’une mission que personne ne leur a jamais confiée et s’autorisent encore à me faire la leçon aujourd’hui.

Il y a de fortes chances que dans la recomposition qui s’annonce, je retrouve une majorité de ceux avec qui j’ai aimé militer. J’espère également retrouver ou recroiser un jour ceux qui se sont éloignés et pas que pour des raisons de positionnements sur l’axe gauche-droite !

Je me battrai de toute mon énergie pour convaincre que la politique engagée depuis 2012 doit être poursuivie et qu'elle est et sera très différente si le FN ou LR l'emporte. Et c'est la seule question qui sera posée en 2017. C'est nous ou eux.

Pour ce qui est de mon mandat, j’ai toujours prôné le non cumul dans le temps et je n’ai pas l’intention de rester conseiller de Paris toute ma vie. Je fais partie des élus qui ont conservé une activité professionnelle non politique parallèlement à leur mandat. Je vais œuvrer à me recentrer sur mon activité et carrière professionnelle dans les années qui viennent. La vie politique me donnera peut être l’occasion d’autres rendez-vous électoraux, à Paris ou en province. J’ai encore de l’énergie intellectuelle et physique à revendre. J’espère, un jour, pouvoir être candidat dans une élection au suffrage direct, seule garante d’une réelle légitimité. Si je suis résolument hostile au cumul des mandats, c’est aussi parce qu’à mon sens, un mandat ne doit pas couper de la vie réelle. J’ai beaucoup de mal avec ces situations où des élus peuvent se retrouver dans des fonctions exécutives au sommet sans n’avoir jamais perçu un vrai salaire, s’être confronté à des règles, à une hiérarchie, à des « collègues ». Plutôt que de renforcer la professionnalisation en permettant le cumul qui est vécu comme une assurance chômage, je pense effectivement que le statut de l’élu devrait non pas renforcer les dispositions qui professionnalisent le mandat d’élu, mais au contraire renforcer les dispositions en permettant l’accès à tout salarié du public comme du privé. Le cumul de tout mandat avec un autre devrait être prohibé. Le cumul de tout mandat avec une activité professionnelle, même à temps partiel devrait être obligatoire. La gauche doit mettre fin à ce que l’émission de France 3 appelle le Hors-solisme.

Milles excuses pour la longueur de mon texte, mais je prendrais le temps dans les mois ou années qui viennent de raconter plus en détail ce qu’auront été 27 années de militantisme passionnées au Parti Socialiste sans doute dans un livre ou de façon électronique.

Je prendrais aussi des initiatives pour permettre à des personnes passionnées par la politique mais inscrivant leur soif d’action dans le réel, dans le temps et dans la volonté d’inventer, d’innover et de trouver de nouvelles idées, de nouvelles pratiques, de nouveaux projets parce que telle devrait être l’essence de toute action politique et publique.

Au revoir camarades.

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Omar Khayyam 14/03/2016 09:53

Un apparatchik qui dézingue les autres apparatchiks et crache dans la soupe après en avoir bien profité ! Quelle leçon politique ! Ce texte est une parfaite illustration de ce qu'il prétend dénoncer. Lamentable. Voilà qui donne envie de voter PS !

Guillot Didier 14/03/2016 12:39

Encore un qui profite d'un pseudo pour dénigrer gratuitement sous le sceau de la lâcheté.

Bruno 10/02/2016 23:29

C'est une grande page d'histoire du PS (ma 1ère adhésion : entre les deux tours de 1974). C'est un très beau texte.Ce sont des constats... sans appel. J'apprécie en outre la conjuration des imbéciles (Reims, 2008). J'y trouve ce que du fond de la province je sentais de l'action interne d'Anne Hidalgo.
Est-ce qu'une gauche ouverte, tournée vers l'avenir, pourra s'épanouir avec des gens comme toi ? Ne t'éloigne pas trop !...

Françoise 06/02/2016 22:49

Voilà une bien longue lecture - mais que je n'ai pu la suspendre avant la fin ! La section du 18e est un tel symbole dans le parti, que ce récit m'a sidérée...
Hormis ce qui est parisien, voilà ce que j'aurais voulu écrire moi-même : le récit me convient parfaitement au bout de 22 ans d'adhésion au PS (suivant des années sympathisantes, dans un club rocardien).
J'approuve aussi totalement le commentaire précédent de "Marchais", que je ne crois pas connaître, un camarade des Yvelines comme moi.
Je ne me vois pas encore quitter le PS : j'ai appris d'expérience qu'une fois parti-e, on ne peut plus faire entendre sa voix. Les hiérarques manipulateurs sont trop contents d'être débarrassés - mais il est vrai qu'en régime hamoniste, il n'y a plus qu'une seule voix.
Merci d'en avoir porté une autre.

Marchais Thierry 06/02/2016 23:10

Françoise, je suis bien dans les Yvelines et actif sur les réseaux sociaux sous le nom Thierry Marchais.Ce que nous vivons dans ce département est identique à ce que dénonce D Guillot. Comme toi, je pense qu'il ne faut pas abandonner la lutte mais certainement ne plus accepter la situation actuelle,Nous verrons ce que sera la campagne présidentielle mais nous ne pouvons rien attendre de la dialectique stalinienne des frondeurs qui, postulant qu'ils sont la "vraie" gauche à eux seuls, rejettent la majorité des militants du parti comme étant évidemment de droite! Posture totalitaire qui ne les empêche pas de récupérer des postes à la proportionnelle.Dans une moindre mesure, on voit K Berger utiliser la règle interne de la proportionnelle pour faire exister une tendance aux contours improbables

Marchais 06/02/2016 19:51

Cher (encore) camarade,

Comment ne pas être d'accord avec ce bien triste et hélas très pertinent constat que tu fais sur la déliquescence de notre parti.
Militant et CF dans les Yvelines,j'ai pu observer les méthodes employée par la mouvance Hamoniste et la cooptation de ses proches pour services rendus, au mépris du respect des militants et des élus qui ne font parti du clan. Ce que tu décris pour la désignation de la liste régionale, nous l'avons vécu. Quant aux conseils fédéraux ils sont l'occasion pour les MJS, acquis à la cause des frondeurs, d'empêcher par l'intimidation et le chahut organisé tout débat et évidemment toute expression qui serait favorable au président de la république et au gouvernement.
Bien pire, il n'y a plus aucun travail dans les sections, les militants ne sont ni écoutés ni entendus. Le système ne fonctionne plus que comme une machine à cooptation d'apparatchiks qui vivent du parti et cumulent les fonctions.
Depuis 2012,la parole est aux frondeurs et voilà que l'on nous concocterait des primaires, non pour rassembler mais comme machine de guerre anti Hollande.
Seul point d'interrogation par rapport à ta décision. Faut il laisser le champs libre à tous ceux que tu dénonces à juste titre? Ne faut il pas au contraire rassembler tous ceux qui partagent l'opinion que tu exprimes et que pour ma part j'ai déjà exposée dans des termes très proches. Nous sommes nombreux, je pense, à vouloir casser ce système et à ne pas nous résoudre à abandonner notre vieux parti aux Cherki, Hamon ou Lienemann.
Merci cher camarade pour tes propos. À bientôt peut être pour reconstruire

Françoise 11/02/2016 09:26

Merci de ta réponse, Thierry. Nous aurons au moins trouvé un espace, grâce à DG, pour approfondir le constat.
Consternant que les échanges au sein de la FD 78 ne puissent se créer que dans le champ virtuel du net. Même si une photo, prise par une participante à la réunion d'hier soir, permette de connaître enfin (une partie de) la composition du BF : depuis le Congrès les militants n'ont jamais eu le droit de connaître la liste.
Drôle de représentativité, drôle de démocratie.

LB 05/02/2016 00:07

Cher camarade, j'adhère pleinement à ton réquisitoire, j'ai moi-même quitté le parti après 32 ans, sans y avoir assumé les mêmes responsabilités que toi, mais avec les mêmes déceptions.Et les mêmes aspirations et la même loyauté à l'égard du président et du gouvernement que nous avons élu et la même fidélité au militantisme de terrain sans lequel il n'y a pas d'engagement politique honnête.
merci, camarade, de ton témoignage et d'avoir si lucidement analysé les causes de ton départ.