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Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Le blog de Didier Guillot

Bonjour et bienvenue ! Ce blog est mon espace d'expression et d'échange politique. Il me permet de rendre des comptes de mon mandat de conseiller de Paris du 18ème arrondissement délégué à l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante et Président de Paris & Co et de l'EIVP. Adhérent de l'UDE et de En Marche je suis membre du groupe Radical de Gauche Centre et Indépendant. Ce blog me permet également de commenter notre actualité politique nationale et parisienne.N'hésitez pas à réagir, à partager et à participer ! De gauche. Réformiste. Européen. Libéral. Ecologiste. Démocrate.

Référendum de l'unité, juste un coup

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Je partage avec Philippe Sopena, mon camarade de section, le même scepticisme sur le référendum mais sans doute pas pour les mêmes raisons.

Je trouve cette idée de référendum parfaitement ridicule. D’abord parce qu’elle va mettre à nu l’affaiblissement radical de notre appareil militant. Nos sections sont désertées et ce n’est pas cette manœuvre qui va faire revenir les militants. Elle est ridicule ensuite parce qu’elle consiste à faire de la politique avec cette méthode vieille comme la politique qui consiste à prendre les gens pour des imbéciles. Et personnellement je n’aime pas que l’on prenne les gens pour des imbéciles parce qu’ils le sont souvent moins que ceux qui pensent ainsi les manipuler. En quoi un tel référendum pourrait être organisé avec une réelle sincérité du scrutin ? La démocratie n’est ni un jeu, ni un artifice, ni une plaisanterie. Et quand on fait voter des citoyens, on le fait dans des règles qui peuvent être contrôlées partout. Mon parti s’est profondément ridiculisé en 2008 quand nos électeurs ont découvert que notre première secrétaire avait été élue en trichant et que la perdante avait aussi son lot de magouilleurs professionnels habitués à tripatouiller les urnes. Alors dans l’état où sont les troupes militantes, je ne vois pas comment une telle manœuvre électorale pourrait être exempte de tout soupçon quand on connaît les conditions d’organisation et d’improvisation. Ridicule ensuite parce que ce n’est certainement pas avec ces manœuvres que l’on peut convaincre nos partenaires de revenir à la table qu’ils ont déserté. Je trouve détestable cette façon très nouvelle de ne faire de la politique qu’à travers des coups, des manœuvres pour faire le buzz, pour faire parler mais en aucun cas pour agir concrètement. Cambadélis avait remis Martine Aubry en selle après son échec cinglant aux européennes de 2009 en inventant le coup du référendum militant. On pourrait d’ailleurs reprendre les 10 questions et compter combien ont été appliquées réellement. Y compris par Jean-Christophe Cambadélis devenu premier secrétaire par exemple qui perpétue le management précédent consistant à avoir un secrétariat national qui relève de l’inefficace armée mexicaine alors que les militants avaient voté pour des équipes ne contenant pas plus de 45 personnes. Mais peu importe, le référendum est là comme un instrument de communication et non pas pour aboutir à une décision concrète et réelle.

L'important c'est le second tour.

Par ailleurs sur la question de l’unité, s’il y a effectivement une situation particulière dans les 2 régions les plus menacées par le FN, le Nord et le Sud pour faire vite, il faut aussi se détendre sur le fait que ce n’est pas absurde de faire trancher les électeurs pour savoir le poids de chacun sachant que la fusion sera de toute façon facile à faire car tout le monde fera à priori plus de 5%. Mais là où il y a une vraie question qui est posée en particulier aux écologistes c’est bien sur le second tour. EELV a choisi de s’allier dans 6 régions au PG. Pas au PC mais bien au PG. Or le parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon ne se cache pas de vouloir faire perdre la gauche, y compris en se maintenant. Situation que nous avons connu à Paris où les listes PG se sont maintenues au second tour. Situation que nous avons connue à Noisy-le-Grand quand le FG s’est maintenu au second tour livrant ainsi une des plus grandes villes du 93 qui votait à 54% pour la gauche dans l’escarcelle de la droite.

Sommes nous comptables de la schizophrénie d'une partie de la gauche au regard du pouvoir ?

En revanche, je n’aime pas cette façon de considérer que le PS est fautif de tous les maux quand l’autre gauche qui ne veut pas de l’unité serait la victime. D’abord c’est bien de vouloir faire de Paris un modèle qui serait le contre-exemple du gouvernement, mais ce contre modèle n’est pas propre à Paris. Toutes les collectivités locales de gauche, soit un tiers des communes, un tiers des départements et jusqu’en décembre 90% des régions, sont gérées par des majorités qui comportent des radicaux, des communistes, des écologistes et des socialistes. L’exception ce n’est pas Paris, mais bien le gouvernement. Et on peut considérer que tout est de la faute de Hollande et Valls mais c’est aller un peu vite sur la schizophrénie des partis de gauche en France. Cette Schizophrénie n’est pas si nouvelle que cela. J’ai adhéré au PS en 1988 et me souviens assez bien d’un gouvernement socialiste qui a géré la France pendant 5 ans sans les Verts et sans le PCF. Le PCF était même vent debout contre les gouvernements, ce qui ne l’empêchait pas de participer aux exécutifs locaux, en particulier dans les communes et les nombreuses communes gagnées en 1989. Or, la question à poser elle n’est pas au PS, mais bien au PCF, au Front de Gauche et désormais à EELV. Pourquoi accepter de participer au niveau local et refuser au niveau national. Les politiques sont exactement les mêmes. Les priorités sont les mêmes (éducation, logement, culture, développement économique, transition énergétique…). Prenons le cas de la politique de soutien au entreprises qui fait tant tousser au niveau national. Quelle collectivité locale ne cherche pas à favoriser le développement économique et à attirer des entreprises ? Etant à la tête d'une agence de développement économique aujourd'hui je vois bien ce que sont les politiques publiques locales et je peux vous assurer que même les collectivités locales à direction communiste ont une politique très pro-active et efficace sur le sujet. Alors pourquoi ce que les collectivités ont toutes compris en favorisant la création d'emplois par un environnement favorable aux entreprises ne serait pas valable au niveau national ?

Pour revenir à Paris la politique menée par la Ville depuis quelques années est une politique de rigueur qui est en réalité une politique d’austérité, si l’on s’en tient à la réduction drastique des dépenses et au nombre de dispositifs supprimés ou rabotés et aux subventions aux associations dont la fonte se traduit bien souvent par des mesures sociales par forcément très sociales. Mais il est vrai que la gauche schizo a trouvé sa novlangue et que dans la novlangue le gouvernement fait une politique de méchante austérité et la ville de Paris fait une gentille politique de sobriété. Aujourd’hui le choc auquel est réellement confronté la gauche est celui de gérer des priorités budgétaires dans un moment où la hausse infinie des dépenses publiques n’est plus possible. Et elle fait des choix qui sont difficiles et ils le sont aussi bien au niveau national qu’au niveau local. Comme je n’aime pas être pris pour un imbécile, la fable du méchant austère contre le gentil sobre ne m’intéresse pas et moi j’assume ces choix au niveau national comme au niveau local. Un jour une élue du 18ème qui fut d’ailleurs leader de EELV m’a expliqué combien il était épanouissant de travailler au niveau local avec toute la gauche mais combien il lui serait à jamais impossible de soutenir une politique gouvernementale. On est au cœur de la schizophrénie de la moitié de la gauche. De son rapport parfaitement immature au pouvoir (tellement bien illustré par la dérive de Cécile Duflot…) et cette schizophrénie là, consubstantielle à la gauche française, n’existe dans aucun autre pays. Le rapport du PS et de la gauche française n’est qu’un long remord du pouvoir pour reprendre le titre de l’ouvrage d’Alain Bergounioux. Et il est saisissant de voir que chaque expérience gouvernementale depuis 1981 se déroule de la même manière. La pratique engendre frustrations et déceptions et le retour dans l’opposition finit par ouvrir les yeux des électeurs qui après avoir dit qu’ils ne voteraient plus jamais socialistes ou à gauche redécouvrent la différence quand la droite gouverne et elle gouverne de façon fort différente quelques soient les périodes.

Comme je suis fondamentalement optimiste, je suis convaincu que je finirai par connaître une gauche française qui assume ce qu’elle fait et ce à tous les niveaux. Et plutôt que de dépenser de l’énergie militante dans un coup politique sans lendemain et sans effet, j’aurais préférer aller sur les marchés pour expliquer combien une politique de gauche à la Région est indispensable pour les transports, le logement, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, les lycées, autant de sujets sur lesquels je n'ai d'ailleurs jamais entendu parler notre représentant local à la région et tout cela en lien avec les priorités qu’assument aussi un gouvernement de gauche, progressiste et réformiste. Alors quand la gauche assumera ce qu’elle fait, elle me verra sur les marchés, en attendant amusez vous bien avec le référendum pour rien.

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